Un nouvel accord interprofessionnel majeur entre scénaristes et producteurs de fiction

A l’occasion de Séries Mania Forum 2023 et suite à une négociation menée de plusieurs années, la Guilde française des scénaristes, la SACD, le SPI et l’USPA viennent de conclure un nouvel accord interprofessionnel majeur et innovant...

Publié le 30/03/2023

Avec le désir de poursuivre l’écriture de leur histoire commune, les organisations représentant les scénaristes et les producteurs vont plus loin que les précédents accords sur les pratiques contractuelles de 2012 et 2015 afin d’apporter des réponses aux nouveaux défis de la fiction.

Prenant appui sur l’accord transparence de 2017, ce nouveau cadre de relations entre scénaristes et producteurs tire les conséquences d’un univers de la fiction qui a profondément évolué et de nouvelles logiques de production qui se sont imposées.

Il poursuit des objectifs communs, essentiels pour construire l’avenir de la fiction française et mieux financer l’écriture.

 

 

Mieux encadrer les usages entre auteurs et producteurs

A travers cet accord, les parties se sont entendues sur les différentes étapes d’écriture, avec un encadrement du nombre de pages et du nombre de versions successives, et sur les échanges correctifs entre scénaristes et producteurs.

Une définition modernisée de la bible de série originale, adaptée aux nécessités des nouveaux modes de production, a également été actée.

Le lexique est également complété, pour la première fois, par une définition de l’atelier d’écriture structuré (ADES) et des conditions de sa mise en œuvre, démontrant que ce cadre d’écriture collaboratif provenant des usages anglo- saxons peut s’adapter aux impératifs du droit d’auteur français.

 

 

Mieux protéger les auteurs, via l’instauration d’une rémunération minimale

Les auteurs et autrices bénéficieront d’un double niveau inédit de protection.

D’une part, l’accord innove avec la mise en place d’une enveloppe minimale d’écriture (EME). Il garantit ainsi qu’une proportion minimale de dépenses en droits d’auteur, renforcée quand la production se fait dans le cadre des ADES, sera affectée à la rémunération des travaux d’écriture de l’œuvre concernée.

D’autre part, cette garantie d’un investissement minimal dans l’écriture est accompagnée d’une protection individuelle. Dans le cadre d’un contrat de commande de texte et de cession de droits relatif à une œuvre dont le processus d’écriture s’élabore en dehors d’un ADES, l’accord prévoit qu’au moins 70% de la rémunération totale du scénariste sera versée au titre des étapes d’écriture successives ayant conduit à la remise de la première version de la continuité dialoguée de l’épisode de série ou de l’unitaire objet de ce contrat.

Enfin, la modernisation de la définition de la bible de série originale s’enrichit d’un encadrement nouveau des conditions financières de l’écriture d’une bible, en instaurant là aussi une rémunération minimale, au bénéfice des auteurs et autrices. Son montant sera augmenté dès lors qu’une convention de développement sera conclue avec un éditeur de services.

 

 

Mieux associer les auteurs au succès des œuvres

L’accord définit et rend désormais obligatoire, au bénéfice des scénaristes entrant dans son champ d’application, un mécanisme automatique de rémunération complémentaire après amortissement du coût de l’œuvre.

Au terme de cette longue concertation, que le ministère de la Culture et le CNC ont facilitée et accompagnée favorablement jusqu’à sa conclusion, l’ensemble des parties signataires souligne l’apport essentiel de cet accord au renforcement du lien primordial entre les scénaristes et les producteurs délégués. Elles estiment que face aux mutations que continue à vivre la fiction française et à la nécessité de toujours la renforcer, cet accord marque une nouvelle étape essentielle et indispensable.

Naturellement, elles sollicitent la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, pour prendre rapidement un arrêté d’extension de cet accord afin de le rendre incontournable pour l’ensemble des professionnels de la fiction française.

Articles connexes

Prix Daniel Sabatier 2026, trois projets distingués par le médiaClub

Le médiaClub a remis les prix de la 11e édition du Prix Daniel Sabatier à l’EICAR. Trois projets portés par...
Prix Daniel Sabatier 2026, trois projets distingués par le médiaClub

9 juillet 2026

SECOM crée SEKI et confie sa direction à Serge Lalou

En phase avec les mutations du financement audiovisuel et la concentration du secteur, le groupe SECOM réorganise ses activités de...
SECOM crée SEKI et confie sa direction à Serge Lalou

9 juillet 2026

Festival de Venise 2026 : CANAL+ devient sponsor officiel et renforce sa stratégie cinéma

À quelques semaines de la 83e édition de la Mostra de Venise, CANAL+ franchit une nouvelle étape dans sa stratégie...
Festival de Venise 2026 : CANAL+ devient sponsor officiel et renforce sa stratégie cinéma

8 juillet 2026

Quand l’IA émotionnelle redéfinit la découverte et la monétisation des contenus

En s’associant à Ivory pour les marchés français et benelux, Vionlabs entend accélérer le déploiement de son IA d’analyse émotionnelle...

7 juillet 2026

Dernier numéro

Découvrez toutes les nouveautés

Dernières Vidéos

Sur le stand TRM Audiovisuel au SATIS+ Montpellier, Quentin Berbey présente la BitBox et les nouveaux zooms cinéma DZOFilm.
Jacky Carré, chef produit Photo chez Canon France, présente l'EOS R6 V, la nouvelle caméra incontournable des créateurs vidéo.
Stéphane Donikian (Inria) et Benoît Maujean (FICAM) sur le Plateau SATIS TV
© Mediakwest - Génération Numérique

Mediakwest, est le premier magazine « multiscreen » destiné aux professionnels de l’audiovisuel, de la télévision, du broadcast, du cinéma, des nouveaux médias et de l’entertainment.

Accès rapide