À l’IBC 2026, une chaîne ST 2110 Blackmagic s’est esquissée autour d’un ensemble de briques image et son, depuis la caméra au replay, en passant par l’enregistrement et le mixage…
Les briques qui rapprochent Blackmagic du tout-IP
- Les ATEM Constellation IP font passer la commutation live au SMPTE ST 2110 sur Ethernet 100G, en 32 × 32 ou 64 × 64.
- L’URSA Cine 12K LF 100G transforme la caméra cinéma en endpoint IP pour le plateau, le sport et le replay.
- Les HyperDeck 100G et DaVinci Resolve Replay prolongent la chaîne vers l’enregistrement et l’exploitation des ralentis.
- Fairlight Live ajoute le mixage audio logiciel, aujourd’hui relié aux ATEM et conçu pour les workflows ST 2110.
Sur le stand, le constructeur mettait en perspective plusieurs annonces dévoilées au NAB. Au travers leur rapprochement, Blackmagic mettait en lumière un système de production IP de bout en bout.
« On commence à avoir une chaîne de production ST 2110 quasi complète: caméras, mélangeurs, enregistreurs, cartes d’acquisition et mixage audio », résumaient Philippe Padonou Loko en charge des relations partenaires pour Blackmagic Design France et Grégoire Deminère, Spécialiste Produits lors de notre visite sur le Stand du constructeur à l’IBC…
Du 10G au 100G, Blackmagic change d’échelle
Le passage à l’Ethernet 100G constitue le fil rouge de cette évolution. Après une première génération de périphériques IP en 10G, Blackmagic dispose désormais d’équipements capables de concentrer plusieurs flux Ultra HD sur une même liaison.
Les ATEM 4 M/E Constellation IP matérialisent ce changement d’échelle. Le premier modèle propose 32 entrées et 32 sorties, tandis que la version Plus atteint 64 entrées et 64 sorties. Chaque paire de connexions 100G peut transporter jusqu’à huit signaux Ultra HD, avec une architecture redondante compatible ST 2022-7.
La présence de PTP et de NMOS IS-04 et IS-05 rapproche ces mélangeurs des exigences d’une infrastructure broadcast IP structurée. Blackmagic ne se contente donc plus de transporter des signaux sur Ethernet : le constructeur commence à adresser leur synchronisation, leur découverte et leur connexion au sein du réseau.
L’URSA Cine devient une pierre angulaire pour la production live
Dévoilée au printemps dernier, la nouvelle URSA Cine 12K LF 100 illustre cette migration vers l’IP dès la captation. La caméra conserve le capteur grand format 12K et les 16 diaphragmes de dynamique de la gamme cinéma, mais ajoute une liaison 100G QSFP28 ainsi que des entrées et sorties SMPTE ST 2110.
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Une monture B4 optionnelle et un viseur studio rapprochent définitivement le boîtier des usages de plateau et du sport. En mode 4,6K avec recadrage B4, la caméra peut e outre atteindre 240 images par seconde. Le constructeur vise ainsi le super ralenti et le replay, sans dissocier la caméra principale de la caméra haute fréquence d’images.
Cette hybridation est stratégique : l’URSA Cine peut conserver son ADN cinéma pour les tournages haut de gamme tout en rejoignant une chaîne live synchronisée par PTP, contrôlée sur IP et reliée directement au reste de l’écosystème Blackmagic…
De l’enregistrement au replay sur le même réseau
L’enregistrement constitue une autre pièce de cette continuité. Dans la démonstration présentée à l’IBC, les HyperDeck 100G étaient positionnés pour enregistrer et relire plusieurs canaux Ultra HD à partir du réseau, sans repasser systématiquement par une chaîne SDI parallèle.
À terme, les séquences captées à haute fréquence d’images par l’URSA Cine doivent pouvoir être enregistrées puis exploitées directement dans DaVinci Resolve Replay. Le même environnement relierait ainsi captation, enregistrement, sélection du ralenti et diffusion du replay.
Cette continuité entre matériel et logiciel reste l’un des principaux leviers de Blackmagic : réduire le nombre de ruptures techniques entre le direct et l’exploitation des médias, tout en maintenant une logique de coût plus contenue que celle des chaînes spécialisées traditionnelles.

Fairlight Live complète la chaîne par l’audio
Fairlight Live apporte une autre brique qui manquait visiblement à cet ensemble : un environnement de mixage audio live capable de dépasser les fonctions intégrées aux mélangeurs ATEM.
Dans sa configuration la plus immédiate, le logiciel échange directement l’audio et les commandes avec un ATEM via USB-C. L’ingénieur du son peut créer ses bus principaux, sous-bus, auxiliaires et mix-minus, gérer le talkback, appliquer les traitements natifs ou intégrer des plug-ins AU et VST. Le signal traité peut ensuite être réinjecté vers les sorties nécessaires.
La cible affichée va cependant plus loin. Fairlight Live a été conçu pour les workflows audio SMPTE ST 2110, avec synchronisation PTP, compensation de délai, redondance et extraction de flux audio individuels depuis le réseau. Selon la puissance de l’ordinateur, son architecture peut évoluer de quelques entrées à des centaines, voire des milliers de canaux.
Le mixage audio rejoint ainsi progressivement la même logique software-defined que la vidéo : des fonctions autrefois attachées à une console dédiée deviennent configurables dans le logiciel, tout en conservant des surfaces physiques pour l’exploitation.
Une chaîne presque complète, mais pas encore une infrastructure clé en main
En 2026, Blackmagic peut donc couvrir une part croissante du parcours du signal live : cameras detous types, commutation, conversion, enregistrement, replay, postproduction et mixage audio. Pour les productions déjà équipées en ATEM, HyperDeck ou DaVinci Resolve, cette continuité peut simplifier le passage au ST 2110.
Toutefois, une infrastructure ST 2110 ne se résume pas à ses endpoints. Les commutateurs réseau, la conception de la fabric, le PTP, l’orchestration, la supervision, la cybersécurité et la redondance globale restent des sujets d’ingénierie qui dépassent encore l’intégralité du catalogue du constructeur.
L’évolution n’en demeure pas moins significative. Blackmagic Desihn ne propose plus seulement des produits IP placés aux extrémités de la chaîne: la marque commence à articuler un environnement cohérent, du capteur jusqu’au son et au replay.
Le tournant de 2026 ne tient pas à un produit isolé, mais à la cohérence nouvelle de l’ensemble.
Blackmagic peut désormais relier captation, commutation, enregistrement, replay et mixage audio autour du ST 2110 et du 100G. Cette continuité peut rendre l’IP plus accessible aux productions déjà familières de l’écosystème ATEM et DaVinci Resolve. Le mot « presque » reste néanmoins essentiel : réseau, orchestration, supervision et sécurisation demeurent des chantiers d’intégration à part entière dans une infrastructure broadcast complexe.