Tout voir et plus encore

Nous sommes encore à la préhistoire de la prise de vue, et le futur des images sera sans conteste la ultra haute résolution. Une définition améliorée qui permet d'avoir une image plus grande, plus définie mais surtout de pouvoir donner plus d'intelligence et d'automatisation aux corrections. Plusieurs laboratoires travaillent dans le monde sur des projets de caméra gigapixels, qui ressemblent à un œil de mouche.
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Le laboratoire EPL, à Lausanne en Suisse, avait présenté en 2010 une caméra capable de filmer à 360° et en 3D développée par Pierre Vandergheynst (Signal Processing Laboratory), et le professeur Yusuf Leblebici (Microelectronic Systems Laboratory). Cette fois les recherches vont dans le sens de l’ultra HD, développé par David Brady et ses collègues de l’Université Duke à Durham, Caroline du Nord. Ce n’est pas la première fois que de telles images sont produites, avec une résolution en Gigapixels. C’est toutefois le premier modèle de caméra portable.
Jusqu’à présent, pour produire de telles images il fallait assembler des lots d’images numériques, puis les assembler en une mosaïque sur un ordinateur. Il n’est pas possible d’augmenter le nombre de capteurs sur un appareil conventionnel, parce que cela exigerait une lentille si grande que les imperfections sur sa surface provoqueraient des distorsions.

David Brady, a imaginé un appareil baptisé AWARE qui se compose d’une centaine micro-caméras semblables à ceux présentes dans les smartphones, chacune avec résolution de 10 mégapixels. En plaçant ces micro-caméras derrière une lentille commune, il devient possible de traiter différentes parties de l’image séparément et de corriger les distorsions.
Les corrections possibles sont réalisées par huit unités de traitement graphique travaillant en parallèle. Finalement, comme la puissance de traitement informatique s’améliore, le matériel nécessaire pour un tel appareil devrait se réduire en taille. Ces pixels en plus pourraient être utilisés pour faire de la stabilisation d’image, de la reconnaissance automatisée via de l’intelligence artificielle.

Le projet est décrit dans le numéro de la revue Nature. Dans une image du lac Pung, il est possible de distinguer individuellement les cygnes dans un plan très large. La photo a été prise en utilisant un prototype de caméra capable de capturer et de traiter une image entière en seulement 18 secondes. Pour le moment le prototype est de 75 centimètres de haut. À la fin de l’année prochaine, le groupe de chercheurs espère être en mesure de produire et de vendre 100 unités par an, coûtant chacune environ $ 100.000.
Cette Caméra gigapixels pourrait éventuellement permettre de couvrir différemment des événements comme du sport. « Plutôt que de montrer un angle de caméra prédéfini, le spectateur sera en mesure de voir quoi que ce soit dans la scène, » précise David Brady.