Molotov : une architecture vidéo totalement intégrée pour la QoS

Molotov vient de se voir décerner le Trophée du meilleur Service de Média et Divertissement dans le cadre du 5ème rendez-vous du Trophée des Apps et de La vie Numérique organisé par NPA la semaine dernière.Molotov est sans doute le meilleur exemple de ce que le numérique peut produire de plus disruptif, du moins sur le plan technologique et des usages...
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Publié le 05/07/2018

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Quand on entre dans le siège social de Molotov, on sent d’ailleurs d’emblée une ambiance de start-up. Situé au fond de la cour d’un magnifique bâtiment restauré de la rue de Grenelle qui hébergeait naguère les Postes et Télégraphes, Molotov est regroupé au sein d’un immense open space, telle une ruche où règne une certaine effervescence et où, deçà-delà, on trouve, éparses des espaces de détente cosy et des salles de réunion au planning tendu. Il faut dire que ce nouvel acteur de la télévision a décidé de s’imposer sur le marché en faisant un pari plutôt disruptif, puisque Molotov ne produit aucun programme. Molotov propose d’exposer au public un service suffisamment riche sur le plan fonctionnel pour permettre au public de regarder les programmes de télévision de l’ensemble des chaînes d’une manière délinéarisée.

 

Dans un premier temps, Molotov a ainsi concentré ses efforts sur le développement d’une application de visionnage fiable et puissante. De sa création en 2015 au 11 juillet 2016, date de son lancement, Molotov a ainsi réalisé plusieurs itérations et beta-tests des fonctionnalités de son application. L’une des options techniques de l’époque consiste à réaliser une application de visionnage installable sur le bureau d’un PC ou d’un ordinateur Apple et ensuite sous la forme d’une application pour terminaux mobiles Android ou iOS. En partant sur un tel choix technique, les équipes de Molotov ont contourné la difficulté qui consistait à s’appuyer sur un outil de visionnage compatible avec l’ensemble des navigateurs web. Ne trouvant pas suffisamment performants les Players dits « universels » à l’époque, les équipes de Molotov se sont imposées cette limitation technique.

 

« Ceci était au départ une limitation technique vis-à-vis du public, explique Sébastien Faure, Directeur Technique Adjoint de Molotov, que l’on obligeait à se servir de notre application dédiée était un choix osé il y a un an et demi. Mais, finalement cela s’est avéré une opportunité pour nous de concevoir, en toute maîtrise des performances, les fonctionnalités puissantes voulues dès le départ par les fondateurs de Molotov ».

 

Ainsi, dès les débuts du projet, les équipes techniques ont eu la charge de mettre en place une architecture informatique permettant au public de regarder entre 35 et 70 chaînes en Live, de faire du replay de chacune de ces chaînes, de faire du Time Shifting (enregistrement permanent de quelques minutes en avance permettant au public de visionner ou de retrouver un élément temporel venant d’être distribuer), de la reprise de lecture, du start-over (fonction permettant de visionner un programme depuis le début un programme) et les Bookmarks, une fonction de PVR (cette fonction qui permet d’accéder à la vidéo à la demande du programme en cours). Dans un souci de qualité de service, l’ensemble des fonctionnalités qui constituent la colonne vertébrale de Molotov a été développé en interne et les médias sont hébergés sur les serveurs de l’entreprise, à l’exception de quelques rares tâches comme l’encodage ou l’hébergement des licences DRM.

 

La fonctionnalité « Bookmarks », qui permet de programmer facilement l’enregistrement de l’ensemble des émissions des chaînes de manière personnalisée et programmée, est sans doute le service à plus forte valeur ajoutée au sein de l’application Molotov. Il est rendu possible depuis le vote de la « loi Création » en 7 juillet 2016 qui permet à des fournisseurs de services applicatifs en ligne tel que Molotov de proposer l’enregistrement des émissions dans le « cloud » moyennant une rémunération de la « copie privée » réalisée par chaque utilisateur (les bénéfices de cette rémunération reviennent indirectement aux ayants droits via l’organisme Copie France). Non obstant, ce droit à la copie privée, Molotov a engagé, depuis un an que le service existe, des négociations avec chaque éditeur de chaînes TV dont il propose l’enregistrement, afin de trouver la solution technique ou éditoriale la mieux adaptée à chacun. Moyennant quoi, il existe pour le moment une variété de possibilités qui vont de la limite à trois épisodes consécutifs enregistrés d’une même série jusqu’à 20 heures de programmes enregistrés en continue. Comme l’explique Dan Ohayon, Vice-Président de Molotov.tv : « Depuis notre lancement, nous sommes en discussion régulière et continue avec les éditeurs TV et nous constatons qu’ils perçoivent de plus en plus l’intérêt d’ouvrir leur programme vers les nouveaux usages de la télévision ».

 

Il faut dire aussi que Molotov, qui revendiquait un million d’abonnés à son offre gratuite au printemps 2017 et en a gagné un grand nombre depuis, a acquis un bassin d’audience non négligeable qui commence à peser dans la balance. Aujourd’hui, Molotov.tv tente de transformer ce large bassin d’audience en abonnés payants. Le service TV a par exemple modifié récemment l’expérience de découverte de la fonctionnalité « Bookmark » en réduisant la précédente formule mensuelle gratuite de 10 à 8 heures d’enregistrement, tout en proposant une offre promotionnelle d’essai de 100 heures d’enregistrement gratuit sur 1 mois pour tous les futurs abonnés payants.

 

Article à partir du dossier “La planète IPTV et OTT continue de tourner” paru pour la première fois dans Mediakwest #25, p. 82-87Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

 

** Retrouvez notre tour d’horizon dans nos articles sur l’IPTV et l’OTT concernant les sociétés Hubee, Pixagility, Millimages, QwestTV et Myvideoplace.tv

 

 

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