LED, IA, VFX… Xavier Dolléans raconte la révolution du métier de chef opérateur

LED pilotée, caméras ultra-sensibles, IA générative, postproduction augmentée… Pour Xavier Dolléans, directeur de la photographie, le métier change profondément sans perdre son rôle essentiel : donner une intention artistique à chaque image.
Lors du SATIS+ Montpellier, Xavier Dolléans revient pour Mediakwest sur les innovations qui redessinent le métier de directeur de la photographie cinéma.

Publié le 15/07/2026

Lors du SATIS+ Montpellier, Xavier Dolléans revient pour Mediakwest sur les innovations qui redessinent le métier de directeur de la photographie cinéma.

L’IA n’est plus une perspective lointaine pour le chef opérateur cinéma Xavier Dolléans : elle transforme déjà radicalement la préparation, le tournage et la postproduction des œuvres…

Elle vient rejoindre une série de bouleversements qui ont impacté le métier en profondeur depuis dix ans…

 

Invité du SATIS+ Montpellier dans le cadre de la conférence L’efficience au cœur de la création, Xavier Dolléans partage avec Mediakwest sa vision d’une profession qui évolue plus rapidement que jamais, largement portée par une décennie d’innovations technologiques…

Directeur de la photographie sur des productions internationales,  , Xavier Dolléans observe ces mutations depuis le terrain, entre Paris, Londres, New York et Los Angeles…

 

 

Une révolution qui  a commencé avec la lumière

 

Pour Xavier Dolléans, les premières ruptures ne viennent pas de l’intelligence artificielle.

La véritable transformation débute avec l’arrivée de la LED pilotée, des réseaux DMX, du pilotage IP des projecteurs et des nouvelles générations de luminaires capables d’offrir une qualité spectrale compatible avec les exigences du cinéma.

L’éclairage devient progressivement un système entièrement programmable.

À cette évolution s’ajoute une autre tendance de fond : les productions cherchent désormais à alléger leur empreinte énergétique.

L’utilisation de batteries, la diminution de la puissance des groupes électrogènes ou encore le recours plus fréquent au réseau électrique modifient également les méthodes de travail sur les plateaux.

 

 

Sony VENICE a changé la manière de tourner

 

Autre étape majeure : l’évolution des caméras numériques. Pour Xavier Dolléans, la sortie de la Sony VENICE, puis de la VENICE 2, a marqué un  tournant. Grâce aux capteurs Dual ISO et à leur très grande sensibilité, les chefs opérateurs disposent aujourd’hui d’une liberté de création inédite.

Il devient possible de tourner en très basse lumière, d’utiliser uniquement une source naturelle comme le feu ou les flammes, ou encore de travailler beaucoup plus facilement avec des optiques anamorphiques traditionnellement moins lumineuses.

Cette évolution technique ouvre directement de nouvelles possibilités narratives.

 

 

Une postproduction qui influence désormais le tournage

 

Le directeur de la photographie constate également que les logiciels de postproduction changent profondément la préparation des plans.

Il cite notamment Baselight 7, dont les nouveaux outils de compositing, de création de masques assistés par le machine learning et l’exploitation des cartes de profondeur permettent d’effectuer des traitements qui relevaient auparavant d’équipes spécialisées.

Pour lui, cette évolution modifie directement la réflexion sur le plateau.

Lorsque l’on connaît précisément les capacités des outils de postproduction, certaines décisions artistiques ou techniques peuvent être prises différemment dès le tournage.

La frontière entre tournage et postproduction devient ainsi de plus en plus poreuse.

 

 

L’intelligence artificielle, nouveau partenaire de fabrication

 

Si l’IA occupe aujourd’hui toutes les discussions, le chef opérateur cinema adopte une approche pragmatique.

Pour Xavier Dolléans l’intelligence artificielle intervient désormais dès les premières étapes de fabrication :

  • storyboard ;
  • concept art ;
  • animatiques ;
  • prévisualisation ;
  • optimisation du découpage ;
  • préparation des effets visuels.

Selon lui, les futurs projets intégreront naturellement des prestataires spécialisés IA au même titre que les superviseurs VFX.

Chaque plan pourra être orienté vers la technologie la plus pertinente : effets spéciaux traditionnels, IA générative ou combinaison des deux.

Une nouvelle répartition des compétences est en train d’apparaître.

 

 

Le chef opérateur devient aussi superviseur de l’image

 

Depuis longtemps, Xavier Dolléans participe aux storyboards, aux étapes de prévisualisation et d’effets visuels. L’arrivée de l’IA ne fait finalement qu’étayer son rôle…

Pour, le chef opérateur cinema, il est naturel de participer aux arbitrages de post production, donc aujourd’hui notamment conconcernant les les traitements IA. Et dans ce cadre, il intervient exactement comme il intervient déjà sur les effets spéciaux numériques avec une création d’image qui devient plus collaborative que jamais.

Repères

Qui est Xavier Dolléans ?

Xavier Dolléans est un directeur de la photographie partageant sa carrière entre Paris et Los Angeles. Il a signé l’image de nombreuses productions internationales, parmi lesquelles Treasure Island (Paramount+ UK / MGM+), High Value Target (Warner Bros. / TNT Drama), Escort Boys – Saison 2 (Prime Video), Mrs. Davis (Warner Bros. / Peacock), Marinette, présenté au Festival de Tribeca, ainsi que Germinal, sélectionné au festival Camerimage. Il est membre de l’AFC (Association française des directrices et directeurs de la photographie cinématographique) et de la Television Academy aux États-Unis.

 

 

Dans dix ans, le métier existera toujours…

 

À ceux qui pourraient imaginer une disparition du chef opérateur cinéma balayé par l’IA, Xavier Dolléans répond avec sérénité.

« Les outils continueront d’évoluer portés par des progrès indéniables mais aussi des propositions plus discutables. Certes, certaines œuvres seront entièrement générées par IA, mais une constante demeurera : une œuvre aboutie a toujours besoin d’une intention artistique humaine et collective… »

Dans ce cadre, le titre du métier changera peut-être…

 

Le « directeur de la photographie » pourrait devenir demain un directeur de l’image, supervisant à la fois la prise de vues réelles, les effets numériques, l’intelligence artificielle et l’ensemble de la chaîne visuelle. Mais pour Xavier Dolléans, une certitude demeure : l’être humain restera au centre des choix artistiques !

 

 

▶ Retrouvez cette interview vidéo dans son intégralité sur Moovee.tech, la Web TV de Génération Numérique, en accès gratuit.

▶ Découvrez également l’intervention de Xavier Dolléans sur le plateau d’experts du SATIS+ 2026 “Séries 2026, l’efficience au coeur de la création”

 

Les prochains rendez-vous du satis 

Le Satis 2026 vous donne rendez-vous les 4 et 5 novembre aux Docks de Paris.

 

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