Les nouveaux projets de film d’animation Lucky Luke et Yakari constituent la pierre angulaire d’un partenariat annoncé entre Ellipse Animation, Belvision et le groupe PAN à l’occasion du MIFA à Annecy.
Les grandes licences restent un moteur du cinéma d’animation
Les trois sociétés franchissent une étape. Après plusieurs collaborations sur des adaptations en prises de vues réelles et en animation.
Ils réunissent leurs expertises autour de deux longs métrages issus de propriétés intellectuelles majeures de la bande dessinée franco-belge.
Au-delà de ces deux productions, cette annonce illustre une tendance de fond : les grands groupes européens misent de plus en plus sur leurs catalogues d’IP pour développer des œuvres capables de circuler aussi bien sur les marchés nationaux qu’à l’international.
Lucky Luke revient en 3D avec un regard contemporain
Lucky Luke dans Bienvenue à Fanga Town ambitionne de proposer une relecture moderne du célèbre cow-boy créé par Morris.
Le film est réalisé par Bernard Campan et Célestine Plays, sur un scénario original signé Bernard Campan et Antoine Schoumsky. Il adoptera une esthétique entièrement réalisée en 3D.
La direction artistique est confiée à Szymon Biernacki et Clément Dartigues. Le développement graphique mobilise La Grange Animation et Stim Studio.
Doté d’un budget de 18,5 millions d’euros, le long métrage mettra en scène Lucky Luke confronté à une ville caricaturant la société de consommation contemporaine.
Pollution, consommation de masse, réseaux sociaux ou encore dérives du capitalisme nourriront l’aventure. Celle ci entend conserver l’humour de la bande dessinée tout en dialoguant avec les préoccupations actuelles.
Le début de la fabrication commencera au second semestre 2026 pour une sortie en salles courant 2029, distribuée par PAN Distribution.
Yakari poursuit son aventure au cinéma
La sortie de Zakari Cœur de Brave est prévue pour le premier semestre de 2027.
Produit par Ellipse Animation et Belvision, ce nouveau long métrage retrouve Xavier Giacometti à l’écriture et à la réalisation.
Il avait déjà travaillé sur les séries télévisées et le premier film consacré au jeune Sioux.
Avec un budget de 9,3 millions d’euros, le film prolongera les aventures de Yakari autour d’un récit initiatique centré sur Petit-Tonnerre et le grand bison Tathanka.
La production s’appuie également sur un important travail documentaire consacré à la culture Lakota.
Les équipes ont collaboré avec l’universitaire Maurice Rebeix. Ainsi qu’avec Andrew Iron Shell, défenseur de la culture traditionnelle Lakota. Lakota Lucas Brown Eyes a fait le scénario.

Les IP européennes au cœur des stratégies industrielles
Au-delà des deux films, cette annonce traduit l’évolution des modèles de production dans l’animation européenne.
Les groupes Média-Participations et PAN privilégient désormais une logique de valorisation de propriétés intellectuelles déjà installées auprès du public.
Lucky Luke compte plus de 320 millions d’albums vendus dans 36 langues. Tandis que Yakari fête plus de cinquante ans d’existence avec 42 albums traduits dans 24 langues, cinq séries animées et un premier long métrage sorti en 2020.
Ces univers disposent déjà d’une notoriété internationale, ce qui facilite leur financement, leur distribution et leur exploitation sur plusieurs supports.
Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique plus large observée chez de nombreux producteurs européens.
Développer des œuvres capables d’alimenter durablement un écosystème associant cinéma, télévision, plateformes, édition et produits dérivés.
Une filière qui consolide ses partenariats
Pour Caroline Duvochel, directrice générale d’Ellipse Animation, cette collaboration repose sur une complémentarité des savoir-faire et sur une ambition commune de faire rayonner de grands films de divertissement européens.
De son côté, Nathalie Gastaldo Godeau, présidente de PAN Animation, souligne la volonté de proposer une adaptation fidèle à l’héritage de Lucky Luke tout en l’inscrivant dans les codes contemporains.
Ce partenariat confirme une consolidation progressive de la filière européenne de l’animation. Avec des acteurs capables de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur, de la propriété intellectuelle jusqu’à la distribution en salles…