Allegorithmic, 10 ans d’existence et toujours la même ambition

Créé en 2003 par Sébastien Deguy, Allegorithmic a su mener sa barque dans le marché du jeu vidéo via une gamme de logiciels de création de textures de haut niveau. Implantée en France, États-Unis, Chine et Corée, la société s’est étoffée, étape par étape, jusqu’à devenir un acteur majeur du domaine.
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Publié le 12/05/2014

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En Auvergne, il n’y a pas que les êtres qui s’éveillent. Des vocations naissent par exemple à l’issue d’une thèse de doctorat à l’Université de Clermont-Ferrand, autour des méthodes de modélisation de milieux complexes. Abordé par le représentant d’un grand studio à l’issue du soutien de sa thèse, Sébastien Deguy y voit une opportunité : celle de créer sa propre société. Nous sommes en 2003 : Allegorithmic est née.

 

Du prototypage à l’industrialisation

De 2003 à 2008, « nous avons entamé une phase d’incubation qui a débouché sur la création de prototypes de solutions logicielles destinées à la création de textures », rappelle le fondateur d’Allegorithmic. En 2007, Dassault Systèmes entre au capital de la société. « Outre l’intérêt d’utiliser nos outils pour leurs solutions, Dassault avait la volonté d’aider l’écosystème français de petites structures en leur donnant les moyens d’aller plus avant dans leur fonctionnement et de concrétisation de leur vision, dont la nôtre ».

Aujourd’hui, Allegorithmic propose sa gamme Substance – Designer, Painter, Player, Database, Full Database – à bon nombre de studios de jeux vidéo (Nintendo, Ubisoft) ainsi qu’à des éditeurs de logiciels comme Autodesk, Dassault ou nVidia voire de grands noms des VFX comme Digital Domain. « Nous avons appris, patiemment, à monter en gamme tant au niveau produit que commercialisation jusqu’à devenir un acteur majeur de ce marché de niche », ajoute sans forfanterie Sébastien Deguy. « Ainsi, en décembre 2013, nous avons mis en ligne une présentation vidéo de Substance Painter qui n’en était qu’au stade de la béta. En 24 heures, nous avons généré plus de 30 000 vues et des centaines de tweets alors que le produit n’était même pas sorti ! » En résumé, Allegorithmic sait aujourd’hui comment faire vendre ses produits. Et pas qu’en France.

 

 

De l’Auvergne à Séoul en passant par L.A.

Si, actuellement, la société compte une trentaine de salariés dont les deux tiers sont en France, celle-ci a su s’ouvrir à l’international, seule stratégie envisageable pour un développement viable. Au site de Clermont-Ferrand, la maison-mère, sont venus s’ajouter une société « fille » à Los Angeles et deux représentations à Shanghai et Séoul. À cela s’ajoute un réseau de distributeurs partout dans le monde, y compris au Japon, le marché asiatique étant à la fois divers et stratégique pour une telle structure.

En 2013, le chiffre d’affaires était de 20 M€ et son fondateur table sur 2,7 M€ pour 2014, assortis de plusieurs nouvelles embauches. À l’instar du développement technologique, l’expansion commerciale d’Allegorithmic s’est faite de façon incrémentale : « nous doublons notre CA tous les deux ans depuis 2008, avec une grande accélération sur la seconde moitié de 2013 ».

Dès sa création, la société a souhaité créer des logiciels de qualité « qui permettent à la fois de gagner du temps mais aussi de l’argent sous pour autant contraindre la créativité. Nous sommes conscients d’être sur un marché de niche mais je pense que nous faisons partie des « conséquents » de l’industrie, face à des poids lourds comme Autodesk ou Unity ».

 

Adresser d’autres segments de marchés

Sur les deux années à venir, Allegorithmic a déjà fixé le cap. « En 2014, le premier marché sur lequel nous allons nous concentrer est celui du jeu vidéo AAA (l’équivalent d’un blockbuster pour le cinéma-NDLR) avec les nouvelles consoles. Ensuite, nous allons nous adresser au monde du film et de l’animation afin de voir comment nos produits peuvent coller aux besoins des studios ».

2015 sera l’année du design et du CAD/CAM (computer-aided design/computer-aided manufacturing) ; en parallèle, la société espère bien se rapprocher des développeurs de jeux sur mobile. « Jusqu’à maintenant, c’est un marché très contraint sur lequel nos produits ont peu de prise car de qualité trop élevée par rapport aux besoins mais cela peut encore évoluer ».

Et le Cloud ? Bien évidemment, Sébastien Deguy s’intéresse à ce nouvel environnement, soit du simple point de vue commercial, en proposant les outils d’Allegorithmic par ce biais, « plus souple qu’une licence full » soit comme nouvelle brique de ses solutions, notamment pour ce qui a trait au calcul de surfaces via des serveurs déportés. « La technologie des substances est parfaitement adaptée pour le Cloud ».

En avançant étape par étape, Allegorithmic a conforté une marque et des produits phares sur un marché de niche avant d’envisager l’approche d’autres marchés. Une démarche mesurée et ambitieuse, à l’image de son fondateur.

  

www.allegorithmic.com

 

 

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