Cinéma en salles : une année 2025 contrastée, mais un modèle français toujours solide

Selon le nouveau bilan publié par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), près de 157 millions d’entrées ont été enregistrées sur l’ensemble des cinémas du territoire, soit un recul de 13,6 %... Après une année 2024 hors normes, le cinéma en salles marque logiquement le pas en 2025.
God save the Tuches, unique film français dans le top 10 des entrées en salles françaises

Publié le 16/01/2026

God save the Tuches, unique film français dans le top 10 des entrées en salles françaises

Selon le bilan annuel publié par le CNC, les entrées dans les salles de cinéma ont en 2025 affiché un recul de 13,6 % sur l’ensemble du territoire par rapport à 2024…. Un chiffre qui, pris isolément, pourrait inquiéter. Pourtant, replacés dans un contexte européen et industriel, il raconte une tout autre histoire, celle d’un marché français qui résiste, s’ajuste et confirme la singularité de son modèle.

Malgré ce tassement, la France conserve sa place de premier marché cinématographique en Europe, loin devant ses voisins. Surtout, elle continue de s’appuyer sur un réseau de salles dense et une création nationale capable de fédérer des publics très divers. Autrement dit, si 2025 n’a pas été l’année des records, elle n’a en rien remis en cause les fondamentaux du secteur.

 

Une fréquentation en retrait, rattrapée par un solide rebond de fin d’année

Dans le détail, l’année 2025 s’est révélée particulièrement heurtée. Plusieurs mois ont souffert d’un manque de locomotives capables d’entraîner le grand public, notamment au printemps et durant l’été. À l’inverse, la fin d’année a profondément changé la donne.

Le mois de décembre, porté par une offre très attractive, affiche ainsi plus de 20,7 millions d’entrées, renouant avec une dynamique positive. Les suites et franchises internationales ont largement contribué à ce rebond, à commencer par Zootopie 2 ou Avatar : De feu et de cendres, mais aussi par des propositions plus variées capables de toucher différents segments de spectateurs.

Pour Gaëtan Bruel, président du CNC, cette trajectoire en deux temps résume bien l’exercice écoulé : « L’année 2025 est une année en demi-teinte pour le cinéma en salles, avec un marché en baisse, en l’absence de suffisamment de films fédérateurs et de grands succès surprises comme en 2024, mais en net rebond en fin d’année, portée par une offre forte de films, notamment américaine. »

Un constat lucide, qui n’élude pas les difficultés tout en soulignant la capacité du marché à se réactiver lorsque l’offre est au rendez-vous.

 

Films français et art et essai : les piliers de l’exception culturelle

Au-delà des volumes globaux, 2025 confirme un marqueur structurel du marché français : la place centrale accordée aux œuvres nationales. Avec une part de marché de 37,7 %, le cinéma français se situe dans une moyenne comparable à l’avant-crise, un niveau sans équivalent parmi les grands territoires cinématographiques.

Cette performance des entrées dans les salles de cinéma ne repose pas sur un seul type de films comme le constate l’étude du CNC. Comédies populaires, drames d’auteur, premières œuvres ou coproductions internationales ont coexisté sur les écrans et trouvé leur public. Des succès comme God Save the Tuche, Un ours dans le Jura ou Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan côtoient des propositions plus singulières, confirmant l’appétence du public pour une offre diversifiée.

Le segment art et essai, souvent considéré comme un baromètre de la vitalité culturelle, s’est lui aussi distingué par de très bons résultats. Plusieurs films exigeants ont dépassé les attentes, démontrant que la salle reste un espace privilégié pour la découverte et l’audace artistique.

Comme le résume Gaëtan Bruel : « Ces réussites confirment l’adhésion du public à l’expérience de la salle de cinéma pour tous les genres de films, et notamment des propositions originales et audacieuses. »

 

Blockbusters et locomotives : les films qui ont tiré l’année cinéma  selon le CNC

Si l’équilibre du modèle français repose sur la diversité, les grands succès demeurent essentiels à l’économie des salles. En 2025, ce sont majoritairement des productions internationales — souvent anglo-saxonnes — qui ont occupé le haut du classement, sans pour autant évincer les films français.

Les 10 premiers films dans les salles françaises en 2025

Zootopie 2 – 6,18 millions d’entrées
Lilo & Stitch – 5,10 millions
Avatar : De feu et de cendres – 4,58 millions
F1 le film – 3,31 millions
Jurassic World : Renaissance – 2,97 millions
God Save the Tuche – 2,95 millions
Minecraft, le film – 2,66 millions
Mufasa : Le Roi Lion – 2,64 millions
Dragons – 2,55 millions
Mission: Impossible – The Final Reckoning – 2,46 millions

Source : Comscore

Articles connexes

Dinan Festival du court métrage 2026 ouvre son appel à films francophones

Le Dinan Festival du court métrage prépare sa 9ᵉ édition, qui se tiendra du 18 au 22 novembre 2026. Le...
Dinan Festival du court métrage 2026 ouvre son appel à films francophones

26 mai 2026

Skinny Bottines de Romain F. Dubois reçoit le Prix Découverte Sony à Cannes

Au Festival de Cannes, le Prix Découverte Sony du court métrage distingue Skinny Bottines de Romain F. Dubois. La récompense...
Skinny Bottines de Romain F. Dubois reçoit le Prix Découverte Sony à Cannes

21 mai 2026

Festival de Cannes 2026 : Eurimages fait de nouveau rayonner le cinéma européen

Avec 22 films sélectionnés à Cannes cette année, Eurimages confirme son rôle stratégique dans le financement et la circulation du...
Festival de Cannes 2026 : Eurimages fait encore rayonner le cinéma européen

19 mai 2026

Billie Eilish x James Cameron : la nouvelle frontière

Quand le maître de la 3D stéréoscopique et de la performance capture rencontre l'icône de la Gen Z, le résultat...
Répétitions du tournage à Manchester du concert "Hit Me Hard and Soft" réalisé par James Cameron et Billy Eilish

11 mai 2026

Dernier numéro

Découvrez toutes les nouveautés

Dernières Vidéos

CTM Solutions : l’IA transforme les workflows audiovisuels sans remplacer l’humain
L’IA ouvre une nouvelle ère du documentaire chez Ah! Production
L’offre Media-as-a-Service de BCE monte en puissance avec l’IA, le cloud hybride et NxP
Fabrice Nadjari, cofondateur de Mini Studio

Mediakwest, est le premier magazine « multiscreen » destiné aux professionnels de l’audiovisuel, de la télévision, du broadcast, du cinéma, des nouveaux médias et de l’entertainment.

Accès rapide