Écran plus haut… image plus large ?

    On peut être la marque de smartphone la plus populaire du moment, et promouvoir une évolution de son modèle vedette par une communication des plus habilement maîtrisée ; dans le même temps, on peut aussi procéder à une mise en conformité discrète du composant essentiel de ce produit.
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    Publié le 27/11/2012

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    La version 5 de  l’iPhone est  légèrement plus haut que celui des modèles précédents. – Quel est le sens de cette évolution d’apparence ? «Verticale !» Bonne réponse. «Avec plus de place pour les icones et boutons des claviers virtuels» C’est vrai. Pourtant, on peut porter un regard circonstancié – assorti d’une considération photographique – à ce changement de forme pas si anodin : c’est l’exercice auquel se livrent les lignes qui suivent, à destination de tous ceux, et ils sont de plus en plus nombreux, qui font un usage courant de la portabilité des images numériques sur les appareils mobiles…

    Dans la plupart des esprits, notamment ceux des jeunes professionnels nés dans le numérique (digital native), l’image vidéo est désormais associée aux standards de qualité de la TVHD. La genèse des avancées technologiques de la télévision haute définition a conduit, entre autres caractéristiques fondamentales et indiscutables, à l’adoption du rapport d’aspect 16/9. Le rectangle de visée, qui fait désormais référence pour la reproduction des images vidéo numérique, présente des proportions particulières, avec une largeur de 1,78 pour une hauteur de 1. Il fallait le démontrer et l’arrondir : « 16 : 9 = 1,777 » ; CQFD. Ce rapport a été choisi car ces proportions s’apparentent à celles de la vision panoramique humaine. Plus confortable que le fidèle 4/3 (1,33) de la télévision historique ; plus ambitieux que le 1,66 du cinéma européen. Moins original que le 1,85 du cinéma américain, et bien moins encore que les superlatifs Cinémascopes à 2,35 (et variantes) qui nous ont longtemps fait croire que leurs images étaient plus larges quand elles n’étaient en réalité que moins hautes (…mais j’entends tousser au fond de la salle).

    Les industries photo et cinématographiques ont durablement achoppé sur le choix du rapport d’aspect des images : après tant d’études, réinventions, variantes et atermoiements, mais surtout grâce à la détermination des institutions internationales de standardisation, on serait sur le point de considérer le sujet avec raison. Les constructeurs d’équipements électroniques s’invitent à respecter cet aspect de l’afficheur, et son bon rapport est désormais reconnu comme une caractéristique réglementaire. Ce standard généralement considéré comme bienfaisant par les techniciens des industries de l’image vidéo numérique qui y voient une solution incontestable pour remédier aux compromis discutables qu’ils faisaient jusqu’alors : de l’ornementation funeste du mode letter-box (à bandes noires horizontales), aux cotés sacrifiés du mode crop (avec coupes latérales). Bien qu’anecdotique, il est donné ici l’occasion de rappeler un engouement historique pour les cadrages photo au rapport 1 de l’image carrée : toutes les couleurs délavées des instantanés polaroïds oubliés dans nos tiroirs sont là pour en témoigner. On ne s’étonnera pas d’une forme de renouveau du cadre carré avec le succès des applications de stylisation photo sur Smartphone : Hipstamatic, SnapSeed, ou Instagram (elles fleurissent), ces applications qui mettent en valeur nos photos, et produisent des images bordurées, tramées, colorisées ; de surprenantes images carrées qui feraient oublier par leur fidélité approximative les remarquables processus numériques de leurs origines.
    Les appareils mobiles communicants, smartphones et tablettes, sont désormais considérés et manipulés comme des terminaux multimédias. Grâce à une astucieuse fonction d’orientation automatique de l’affichage, ils montrent une image en mode paysage lorsque l’appareil est couché en position horizontale, en mode portrait quand il est tenu verticalement. De plus en plus de professionnels de l’image (photographe, réalisateur, monteur, graphiste) font utilisation de ces écrans comme visionneuse. À ce titre, ils ont accès à des sources vidéo d’origines diverses et doivent afficher des images photos et des programmes vidéo qui répondent à la condition : A/R (Aspect Ratio) = 16/9. Pour ces professionnels soucieux de la bonne forme de leurs images, et plus particulièrement de la conservation rigoureuse de cadrages murement réfléchis, la conformité du rapport d’aspect de l’écran d’un smartphone largement répandu est une bonne nouvelle.

    Jusque là, l’iPhone montrait un écran de 960×640 pixels au rapport 3/2. Allongé de 9mm en hauteur, le nouvel iPhone5 est équipé d’un écran d’une définition de 1136×640 pixels. À peine tourmenté par les données chiffrées superfétatoires des préposés au marketing de la marque (de +18% de pixels en +44% de saturation des couleurs…), qu’on s’empressera d’oublier pour ne garder qu’une impression positive de recherche d’amélioration de qualité, on retiendra que désormais l’image au rapport d’aspect 16/9 est affichée sans compromis sur un écran de taille 4”. On retiendra aussi que la photographie produite par le dit appareil, d’une définition exceptionnellement élevée pour un Smartphone – 3264×2448 pixels -, conserve le rapport 4/3. Des avancées qui sonnent comme une réponse à peine ajustée aux caractéristiques annoncées par la concurrence. Notamment l’écran labellisé HD de 4,8” en 1280 x 720 pixels du Samsung Galaxy S3.

    Guidés par une même préoccupation de conformité aux standards, les constructeurs de ces appareils poursuivront, on l’espère, en direction des formats d’écran répondant à l’unique rapport d’aspect de la vidéo HD. Unanime dans cette refondation du modèle d’affichage des images numériques, il nous proposeront enfin toutes les tailles des écrans, mobiles et domestiques, unifiées dans un même rapport d’aspect.

    Ça va mieux en le lisant : orientation, rapport d’aspect, seize-neuvième

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