Évolution du protocole IP, un nouveau workflow vidéo

L’industrie de la vidéo se caractérise par la production incessante d’un galimatias d’acronymes pour désigner des normes sectorielles et autres technologies dites « incontournables », telles que la HD, la 3D, l’UHD, le HEVC, le 3GSDI, le 12GSDI, l’IP ou encore la 4K, pour ne citer que quelques exemples. Bon nombre de gens estiment que ces technologies sont les prochaines révolutions annoncées.
IP-workflow-connectionOK.jpg

 

Indiscutablement, l’émergence de technologies nouvelles a pour objectif de stimuler les ventes et d’améliorer la productivité des utilisateurs. Mais alors que l’univers de la vidéo s’éveille à la réalité de la vidéo sur IP, la plupart des consommateurs et des fabricants sous-estiment considérablement l’énorme transformation qu’appelle le protocole IP. Parmi l’ensemble des mutations en cours dans le secteur de la vidéo, l’avènement du protocole IP représente sans aucun doute la transformation la plus vaste et la plus révolutionnaire de la décennie. Elle entraîne avec elle des modifications majeures des pipelines de cœur de métier et l’abandon de la bande magnétique analogique au profit de workflows dématérialisés.

On constate actuellement une transition vers les mises en œuvre IP par vagues successives, telles de petites ondulations sur une étendue d’eau. Pour bon nombre de gens, l’IP représente un substitut à d’autres technologies et un moyen de transmettre la vidéo sur de plus longues distances et à un coût inférieur aux solutions SDI. En effet, une grande majorité des offres IP actuelles et des discussions connexes consistent à remplacer le câblage Ethernet par des liaisons SDI. Ces applications limitées ne sont toutefois que de modestes « ondulations » annonciatrices de bouleversements autrement plus importants.

Pour les représentants du secteur, le gros avantage du numérique par rapport aux supports analogiques résidait, il y a peu, dans l’élimination du délai et des frais d’expédition des bandes magnétiques entre différents endroits. Cependant, l’adoption de workflows dématérialisés sur des fichiers a radicalement changé la donne en matière de production de vidéos, que ce soit par le passage de la capture et de l’ingestion à des processus collaboratifs plus rapides et plus créatifs, la diffusion multi-écrans, et par bien d’autres aspects encore.

Le passage aux workflows dématérialisés a également permis des avancées dans le domaine des technologies de stockage, tant pour l’archivage que pour le partage des données, la bande passante des réseaux n’étant pas adaptée au transfert sous haut débit de formats vidéo exploitables. Dans l’univers du haut débit, en revanche, la dynamique a changé. La bande passante accessible est désormais compatible avec la vidéo sur IP en temps réel.

 

Le futur commence aujourd’hui

Demandez à quiconque de nommer la plus importante invention du XXe siècle. Sa réponse sera probablement : « l’Internet ». D’un point de vue strict, l’Internet n’est qu’un simple moyen de transport qui déplace des données d’un point A vers un point B. Toutefois, en permettant par essence que tout le monde puisse être connecté à tout et partout, l’Internet s’est révélé comme étant bien plus que la somme de ses parties : c’est devenu un outil de communication essentiel pour la communauté vidéo. L’introduction de l’IP dans le royaume de la vidéographie va bien au-delà de l’élimination des câbles ; elle ouvre la voie à des connexions vidéo potentiellement infinies. Ceux qui ont réalisé ce fait avant les autres sortiront gagnants.

Et la 4K, qu’en est-il ? Est-elle surclassée par la technologie IP ? Fondamentalement, les définitions 4K et 8K sont à l’IP ce que la HD est aux workflows dématérialisés. Le format IP est pour sa part indépendant de la résolution : ce n’est qu’un format de plus. La technologie 4K améliore certes la netteté de l’image ; mais que votre format préféré soit le 4K, le 8K, le panoramique, la 3D ou un autre, la technologie IP est amenée à changer radicalement vos méthodes de travail.

Pour les experts de ce secteur, la transition vers le protocole IP pour la vidéographie professionnelle demandera du temps. Quoi qu’il en soit, la plupart d’entre nous ont, à portée de main, au moins deux périphériques équipés d’un appareil photo, un écran pour la lecture des médias et un type de connectivité réseau donné. Cet univers est déjà présent. En ce sens, la combinaison des technologies vidéo et IP est donc non pas un phénomène en devenir, mais une réalité avérée. Ce match est d’ores et déjà gagné. Et pourtant, ironie du sort, le déploiement de la vidéo professionnelle sur IP n’en est encore qu’à ses débuts.

De même que les caméras et autres équipements vidéo professionnels ont évolué vers le format numérique, leurs signaux sont, en définitive, destinés à être eux aussi transportés via le réseau IP. Le réel avantage de ce protocole réside non pas dans le remplacement d’un gros câble par un plus fin, ni dans la conversion d’un flux SDI en IP à la sortie de caméra pour reconvertir ensuite ce flux en SDI à l’autre extrémité. Le but, tout autre, est de permettre un accès universel et instantané aux médias. Quel que soit l’endroit où vous êtes, toutes ces sources IP sont disponibles immédiatement pour la production, ou pour de nombreuses productions différentes, au même moment.

N’oublions pas que la majorité des conversions vidéo, des systèmes graphiques et des commutateurs fonctionnent sur des ordinateurs et que ces dispositifs sont interconnectés via le réseau IP. Tout élément du réseau peut donc, par définition, communiquer avec n’importe quel autre élément connecté à celui-ci. Dès lors, le traitement de la vidéo sur un seul et même réseau rend obsolètes tous les routeurs vidéo, amplificateurs de distribution et autres équipements similaires, en inaugurant un monde de possibilités encore inexplorées en termes de créativité et de pipelines.

Depuis plus de dix ans, NewTek élabore un nouvel avenir pour le protocole IP. Un avenir qui réunit la vidéo en temps réel sur les systèmes informatiques en reliant entre elles toutes les sources vidéo en streaming IP sur l’Internet.

Ne vous laissez donc pas distraire par les simples « ondulations ». L’avenir de la vidéo sur IP est bien plus prometteur que vous ne l’aviez encore imaginé.

 

Articles connexes

Plateforme de production broadcast : comment réduire les coûts des studios TV

Et si 2026 marquait la fin de l'empilement des équipements, des logiciels et des fournisseurs dans les régies audiovisuelles ?...
Une plate-forme unique de production broadcast, voire un fournisseur unique, fait sens en cette période de disette. Relativisons sur la « tarte à la crème cloud » et la très théorique réduction des coûts annoncés de 20 à 40 % ! Par contre, si l’industriel que vous retenez peut proposer ses services aussi dans le cloud, alors c’est un bonus.

9 juillet 2026

TRM Audiovisuel dévoile la BitBox et les nouveaux zooms DZOFilm au SATIS+

Contrôle caméra sans fil sur IP, nouvelles optiques cinéma plein format… Sur le SATIS+ Montpellier, Quentin Berbey, chef produit chez...
Sur le stand TRM Audiovisuel au SATIS+ Montpellier, Quentin Berbey présente la BitBox et les nouveaux zooms cinéma DZOFilm.

8 juillet 2026

ARRI ALEXA 35 Live Xtreme : le ralenti 8x révolutionne les productions live multicaméras

Après avoir imposé sa signature visuelle dans les productions de fiction, ARRI poursuit sa conquête du marché du direct avec...
L'ALEXA 35 Live Xtreme complète l'offre ARRI Multicam avec une sortie haute fréquence d'images jusqu'à 8x destinée aux productions live.

8 juillet 2026

Quand l’IA émotionnelle redéfinit la découverte et la monétisation des contenus

En s’associant à Ivory pour les marchés français et benelux, Vionlabs entend accélérer le déploiement de son IA d’analyse émotionnelle...

7 juillet 2026

Dernier numéro

Découvrez toutes les nouveautés

Dernières Vidéos

Sur le stand TRM Audiovisuel au SATIS+ Montpellier, Quentin Berbey présente la BitBox et les nouveaux zooms cinéma DZOFilm.
Jacky Carré, chef produit Photo chez Canon France, présente l'EOS R6 V, la nouvelle caméra incontournable des créateurs vidéo.
Stéphane Donikian (Inria) et Benoît Maujean (FICAM) sur le Plateau SATIS TV
© Mediakwest - Génération Numérique

Mediakwest, est le premier magazine « multiscreen » destiné aux professionnels de l’audiovisuel, de la télévision, du broadcast, du cinéma, des nouveaux médias et de l’entertainment.

Accès rapide