FIPADOC : une double page se tourne…

Promoteur de tous les genres de la création audiovisuelle pendant plus de trente ans, le rendez-vous audiovisuel européen du FIPA tourne une page en se recentrant sur le format documentaire… Désormais baptisé FIPADOC, le Festival de Biarritz - qui se déroule du 22 au 27 Janvier - s’est doté depuis juin dernier d’une nouvelle déléguée générale et se consacre désormais exclusivement au format documentaire. C’est Christine Camdessus qui succède à François Sauvagnargues pour diriger ce Festival aux côtés de la présidente Anne Georget. Rencontre avec une nouvelle déléguée générale très enthousiaste…
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Mediakwest : Quelles sont les ambitions de ce nouveau festival 100% focalisé sur le documentaire ?

Christine Camdessus : « Cette première édition reste sur un format de 6 jours de projections et 3 journées professionnelles. Le nombre de films inscrits reste à peu près équivalent à celui du FIPA… Nous attendions 500 programmes et avons reçu 750 inscriptions spontanées hors films courts et programmes VR. Nous sommes en plus allé chercher 90 programmes qu’il nous paraissait incontournables de faire découvrir au public… Le budget reste identique (NDLR : 1,2 millions €) et nous continuons à utiliser l’ensemble des outils mis en place pour le FIPA : nous avons gardé la même équipe et le même nombre de salles de projections. Le professionnalisme qui caractérisait le rendez-vous reste donc toujours d’actualité… Nous avons l’ambition de hisser le FIPADOC au rang des plus importants festivals d’ambition européenne. »

  

MK : Quelles sont les principales nouveautés de ce premier FIPADOC ?

C.C. : « Dans le cadre des journées professionnelles, nous souhaitons développer une réflexion au long cours autour de l’impact producing: nous présenterons 2 études de cas pour mettre en lumière ses apports vis-à-vis de la production documentaire et ses potentielles répercussions sur le débat public, médiatique et politique. Dans ce cadre, Valérie Montmartin viendra nous présenter le documentaire #387 de Madeleine Leroyer et Emmy Oost nous parlera de Kakuna, de Lieven Corthouts. Les festivaliers pourront aussi découvrir le rôle central des festivals dans les campagnes d’impact grâce au témoignage de Petra Seliskar, directrice de Make Dox (Macédoine) et membre de Moving Docs.

Nous proposons aussi une compétition spécifique autour de l’impact avec une dizaine de films en sélection. Pour cette première compétition IMPACT, le CNC achètera les droits du film lauréat et l’intègrera dans son catalogue Images de la culture.

Par ailleurs, dans le cadre de la compétition internationale, la région Aquitaine décernera une dotation de 5000 euros. Le réalisateur lauréat de la compétition nationale recevra, pour sa part, une dotation de 5000 euros de la SCAM et la SACEM offrira 5000 euros au réalisateur du meilleur documentaire musical.

Enfin, pour cette première édition du FIPADOC, c’est l’Allemagne qui se voit mis à l’honneur. Ce même pays sera aussi sous le feu des projecteurs du prochain Sunny Side of the Doc (24-27 juin). Les deux évènements souhaitent en effet développer des synergies : en tant que festival et marché situés à 6 mois d’intervalle, ils sont tout à fait en mesure de proposer une complémentarité vis-à-vis de la chaîne de valeur des films documentaires. »

 

MK : Quelle place le FIPADOC fait-il à l’innovation ?

C.C. : « Nous poursuivons la démarche du Smart FIPA en lui donnant plus encore d’étoffe avec le Smart FIPADOC. Nous conservons un espace de présentation ouvert aux professionnels et au public. Celui-ci propose une sélection de 15 programmes qui permet de découvrir ce qui se fait de mieux aujourd’hui en matière d’expérience VR, 360, narration interactive, contenus natifs pour mobiles et tablettes, réalité augmentée et nous mettons particulièrement le Web Doc en valeur avec la présentation de 6 propositions. Nous proposons également un challenge INA/FIPADOC qui sera doté d’un prix. Il s’agira de récompenser une création issue d’un défi créatif développé en 48h : les participants devront réaliser une vidéo verticale originale conçue à partir des archives mises à disposition par l’INA qui offrira 1.500 € à l’équipe gagnante et 900 € de crédits de formation pour chacun des membres de cette équipe. Ce Challenge Vidéo Verticale INA / FIPADOC est organisé avec la participation de Surfrider Foundation Europe. »

 

MK : Pour quelles raisons avez-vous décidé de devenir déléguée générale du FIPADOC ?

C.C. : « Les festivals sont des rendez-vous qui s’inscrivent dans la chaîne de valeur des films… Ils permettent d’augmenter leur visibilité, de trouver des partenaires de la création – institutions publiques, producteurs, réalisateurs. Ils permettent aussi un partage d’émotion avec le public qui représente un moment d’exception de mise en lumière pour les créateurs. Je fréquente les festivals avec une grande assiduité en tant que productrice: en 15 ans, j’ai participé à une quarantaine d’entre eux et, depuis sa création, je n’ai loupé qu’un seul FIPA… Parce que j’étais à Sundance ! J’estime que l’approche métier du producteur doit se faire sous plusieurs angles et le Festival est l’un d’entre-eux.

Déléguée générale est un métier que je découvre avec bonheur. Après toutes ces années en tant que participante à des festivals, j’ai une des attentes que je peux mettre à profit de ma nouvelle mission. Je continue en parallèle mon activité de productrice au sein d’ALEGRIA, société que j’ai fondée en 2001 et qui a produit une cinquantaine de documentaires. »

 

FIPADOC – Biarritz du 22 au 27 janvier 2019

 

 

 


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