France Télévisions ouvre une base de tournage à Montpellier

Le groupe France Télévisions va créer, d’ici 2018, un site de production près de Montpellier. Dédié dans un premier temps au feuilleton quotidien de France 2, l’espace de 16 000 m2 devrait s’ouvrir à l’ensemble des productions maison.*
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Publié le 14/12/2017

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Le Languedoc a la cote chez les producteurs télé ! Quelques semaines après l’arrivée de TelFrance dans un studio de 7 000 m2 à Sète, France Télévisions annonce son implantation à Vendargues, tout près de Montpellier. Pour le groupe, il s’agit de l’une des premières déclinaisons majeures du « Plan Création » annoncé en début d’année.

Et le projet montpelliérain est d’envergure : d’ici début 2018, un entrepôt de logistique de 16 000 m2 va être transformé en base de tournage. « On va y produire le nouveau feuilleton quotidien de France 2 », précise Toma de Matteis, producteur au sein de Multimédia France Production (MFP). Filiale à 100 % du groupe France Télévisions, l’entreprise, qui produit également la série Alex Hugo, porte le projet de feuilleton. « Le bâtiment accueillera donc équipes de tournage et de production. »

Car si le projet n’a pas encore de nom, il est acté que l’intrigue des épisodes (26 à 28 minutes) se déroulerait à Montpellier. « C’est une ville assez étonnante, dont l’architecture est multiple. Il y a plusieurs villes dans la ville. Cela en fait un bon terrain de jeu pour un feuilleton. On va également profiter des richesses des environs : les bords de mer, la Camargue, les Cévennes… », analyse Toma de Matteis.

France Télévisions suit donc une logique de plus en plus répandue : créer des studios « ah doc » à proximité des décors naturels. « J’ai été l’un des producteurs de Plus belle la vie : vous avez besoin d’une infrastructure de studio sur place, permettant d’alterner entre tournage studio et extérieur », justifie Toma de Matteis.

 

Un bond qualitatif

Le groupe conserve jalousement les premières esquisses du cabinet d’architecture CCD (Marseille). Mais on sait déjà que deux studios de 1 500 m2 seront développés. « Pour faire simple, les scènes en intérieur seront tournées en studio, et les extérieurs en décors naturels, détaille le producteur. Il y aura un équilibre entre les deux. » Selon la réussite du projet, il est même envisagé de passer à quatre studios, sur près de 6 000 m2.

Les caméras ne sont pas encore choisies, mais les prises d’images devraient s’opérer en 16/9 et 4K. « On souhaite que l’image soit suffisamment riche pour faciliter la postproduction. L’idée, c’est d’être au plus près des futurs standards technologiques. » Les studios seront ainsi compatibles avec les technologies d’incrustation en live grâce au fond vert.

« On vise les équipements les plus innovants possible, tout en restant lucides. On parle d’un déploiement industriel : on doit produire une centaine d’heures de fiction par an. On va s’appuyer sur la technologie, mais on ne tentera pas des expériences folles », signale Toma de Matteis. Un exemple : si l’éclairage Led sera largement utilisé, il sera couplé à des projecteurs à incandescence. « L’objectif, en créant un outil ad hoc, c’est de faire du volume, mais avec un bond qualitatif. »

 

Une base majeure des fictions du groupe ?

Au-delà des studios, le pôle abritera également des bureaux administratifs, une salle de serveurs, des ateliers de petite menuiserie (œuvrant pour l’ensemble du groupe), des espaces costumes, stockage, garages, loges… Et si un outil d’appoint permet des petits travaux son, ce ne sera pas l’essence du site. « On s’en servira comme d’une rustine, mais on ne crée pas un studio de doublage. Le site sera adapté à la prise de son, mais tourné vers l’image. » D’ailleurs, l’ensemble de la postproduction sera délocalisée. Des serveurs sécurisés transmettront les flux d’images à un site en région parisienne, dont l’emplacement reste à déterminer.

Au total, entre 120 et 180 personnes seront mobilisées sur place. À mesure que l’outil fonctionne, les équipes du feuilleton devraient être rejointes par « des membres de la filière production de France Télévisions. Ce nouvel outil va permettre à la filière production et MFP, la filiale, d’unir leurs forces. On fera également appel à des intermittents et à des techniciens locaux », signale Toma de Matteis.

France Télévisions a signé un bail de 9 ans, car le groupe pense déjà à la suite. « Dans un second temps, ce site pourrait devenir la base d’autres tournages. Que cela soit pour MFP, ou d’autres producteurs », confirme Toma de Matteis.

Montpellier est ainsi appelé à jouer un rôle majeur dans le développement des fictions du groupe. « On pourrait imaginer y tourner des téléfilms unitaires, des séries… L’environnement de Montpellier offre une grande richesse de paysages dans un petit espace. On peut envisager des projets très différents ici ! »

 

* Article paru pour la première fois dans Mediakwest #23, p.76. Abonnez-vous à Mediakwest (5 nos/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur totalité.

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