L’Université de Corse parie sur le cinéma

Depuis 2001, l’Université de Corse a mis sur pied deux formations entièrement dédiées à la filière cinéma-audiovisuel. Objectif : former une nouvelle génération de cinéastes et de techniciens pour accompagner le développement du cinéma dans l’île.
UniversiteCorseCinema001.jpeg

Publié le 19/06/2019

UniversiteCorseCinema001.jpeg

 

Depuis près de vingt ans, c’est l’une des ambitions de l’Université de Corse : donner un rôle majeur à la Corse dans le développement de l’industrie cinématographique. Le pari est, certes, osé. Mais il faut dire que l’Université de Corse s’est donné les moyens de le relever.

Depuis 2001, sa filière cinéma-audiovisuel, proposée par son Institut Universitaire de Technologie – IUT, a mis sur pied deux formations entièrement dédiées au septième art sur le campus de Corte. Objectif : « former dans l’île une nouvelle génération de cinéastes et de techniciens pour accompagner le développement du cinéma insulaire », explique Colomba Sansonetti. Diplômée de l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son, cette enseignante en cinéma et audiovisuel est l’une des figures de proue de cette ambition portée par l’Université de Corse. Depuis une vingtaine d’années, Colomba Sansonetti a participé à la mise en place des deux formations proposées à Corte dans ce domaine. Créée en 2001, une Licence professionnelle Techniques du son et de l’image a pour but de former les étudiants aux missions d’assistant dans tous les secteurs de la conception et de la réalisation audiovisuelle. Articulée autour de la technique de l’image, du montage, du son, de la réalisation et de la production, cette formation s’accompagne d’un développement de sociétés de production et de plusieurs projets.

 

« Nos enseignements sont axés sur une logique de mise en pratique des acquis, souligne Colomba Sansonetti. Les étudiants suivent des cours en préparation, tournage et production, et passent in fine à la réalisation de fictions, de documentaires et de films de commande ».

Depuis 2001, environ 400 étudiants ont ainsi été formés dans le cadre de cette licence professionnelle, dont plus de 300 techniciens travaillant en Corse ou ailleurs. Si elle a permis d’apporter des compétences techniques, cette formation a surtout contribué à structurer une filière jusqu’alors assez sporadique dans l’île. « Historiquement, une activité cinématographique a existé en Corse dans les années 1960 et 1970, rappelle Colomba Sansonetti. Cependant, jusqu’à la fin des années 1990 elle n’avait pas bénéficié d’une véritable structuration avec des techniciens formés pour répondre aux besoins de son développement ».

 

Dans le même esprit, afin de monter en compétences dans le domaine des métiers du cinéma et de l’audiovisuel, l’Université de Corse a mis sur les rails, en 2008, un diplôme universitaire (D.U.) dont la responsabilité pédagogique a été confiée à Colomba Sansonetti. Baptisé CREATACC, pour « Créations et techniques audiovisuelles et cinématographiques de Corse », ce D.U., cofinancé par la Collectivité de Corse, est centré sur l’écriture, la réalisation et la production.

Envisagée comme une résidence d’artistes pour faire émerger de jeunes talents, cette formation limite chaque année ses effectifs à une douzaine d’étudiants pour conserver cette approche, et vise à former des auteurs, réalisateurs ainsi que des producteurs. Pour faire en sorte que les films produits dans le cadre du D.U. puissent être diffusés à la télévision et puissent participer à des festivals, la filière cinéma-audiovisuel de l’Université de Corse a bâti un partenariat avec le groupe de recherches et d’essais cinématographiques (GREC) afin de permettre à ses étudiants de s’engager dans une première réalisation ou production. Pendant une année, ils montent leur scénario, préparent leur tournage et réalisent leur film, encadrés par des professionnels.

Depuis 2008 environ 80 étudiants, insulaires, continentaux et internationaux, ont ainsi pu se former dans le cadre de ce diplôme universitaire afin de développer leurs projets ou leur société de production. Au total, une cinquantaine de films et de documentaires ont été réalisés par les étudiants du D.U. CREATACC depuis sa création. Benoît Bouthors en a fait l’expérience. À 28 ans, ce jeune diplômé d’un BTS en audiovisuel a choisi de poursuivre son parcours dans le cadre de ce diplôme universitaire qu’il a suivi entre 2013 et 2014. « Ma formation initiale de technicien m’a incité à aller plus loin et m’a donné l’envie de réaliser mon propre projet, explique Benoît Bouthors. La formation au sein du D.U. CREATACC m’a permis de franchir le cap de la réalisation ».

 

Résultat : à la sortie de cette formation et au terme de plusieurs mois de travaux, le jeune cinéaste a pu réaliser un second court-métrage. Intitulée Di quà da i monti, cette fiction a même obtenu, à l’été 2017, le prix du réputé festival du film de Lama dans un programme de courts-métrages.

De ce point de vue, la démarche de l’Université de Corse s’inscrit dans un renouveau du cinéma corse. Entre les productions qui posent leurs caméras dans la région, les comédiens qui y font leurs premiers pas et les créations insulaires qui éclosent, ces dernières années la Corse est devenue peu à peu un personnage important de l’industrie cinématographique. De plus, l’île compte aujourd’hui environ 250 techniciens et quelque 150 acteurs. Mieux : le nombre de jours de tournage, tous formats confondus, a été multiplié par cinq en huit ans, passant de 225 en 2009 à près de 1200 en 2017, selon les chiffres de la Collectivité de Corse.

Une dynamique qui se retrouve également sur le plan économique : les tournages rapportent environ 7 millions d’euros à l’économie locale chaque année.

Articles connexes

Skinny Bottines de Romain F. Dubois reçoit le Prix Découverte Sony à Cannes

Au Festival de Cannes, le Prix Découverte Sony du court métrage distingue Skinny Bottines de Romain F. Dubois. La récompense...
Skinny Bottines de Romain F. Dubois reçoit le Prix Découverte Sony à Cannes

21 mai 2026

Festival de Cannes 2026 : Eurimages fait de nouveau rayonner le cinéma européen

Avec 22 films sélectionnés à Cannes cette année, Eurimages confirme son rôle stratégique dans le financement et la circulation du...
Festival de Cannes 2026 : Eurimages fait encore rayonner le cinéma européen

19 mai 2026

Billie Eilish x James Cameron : la nouvelle frontière

Quand le maître de la 3D stéréoscopique et de la performance capture rencontre l'icône de la Gen Z, le résultat...
Répétitions du tournage à Manchester du concert "Hit Me Hard and Soft" réalisé par James Cameron et Billy Eilish

11 mai 2026

Un label pour écoles d’animation vertueuses

Lors des RAF (Rencontres Animation Formation) qui réunirent, en novembre 2025, studios, producteurs d’animation et organismes de formation, ont été...
Le RECA a dévoilé les premières labellisations de ses établissements membres

6 mai 2026

Dernier numéro

Découvrez toutes les nouveautés

Dernières Vidéos

L’IA ouvre une nouvelle ère du documentaire chez Ah! Production
L’offre Media-as-a-Service de BCE monte en puissance avec l’IA, le cloud hybride et NxP
Fabrice Nadjari, cofondateur de Mini Studio
Skander Ben Attia sur le plateau SATIS TV Mediakwest – une feuille de route technologique ambitieuse pour France Télévisions.

Mediakwest, est le premier magazine « multiscreen » destiné aux professionnels de l’audiovisuel, de la télévision, du broadcast, du cinéma, des nouveaux médias et de l’entertainment.

Accès rapide