Le VPF, contribution numérique obligatoire

Autre aspect de la relation exploitants distributeurs examiné lors des conférences IDiff, le VPF (Virtual Print Fee), un financement des équipements de la cabine de projection de la salle de cinéma, encadré par une loi depuis un an en France.
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Le VPF est un surcoût sur la copie numérique payé par le distributeur. En 35mm les frais de sortie varient proportionnellement à la longueur du film. Toutefois la loi dit qu’une partie du VPF – qui est une grande économie sur la copie 35 – sera versée à l’exploitant pour son premier équipement numérique.
S’appuyant sur son expérience, ARP Sélection a mené une étude pour obtenir une première approche du coût moyen du trafic d’une copie numérique. En 35mm : « Il en coûtait par salle quelques 950 euros. La copie numérique tout compris, prix du disque, du KDM, du transport, du stockage etc., coûte en moyenne 350 euros. Ce sont donc 600 euros économisés par le distributeur. Si l’on verse 600 euros à la salle, il ne nous reste plus rien. » ARP Sélection estime nécessaire de garder 25 % de la somme, le VPF idéal se situant entre 450 et 500€. « Nous avions une autre difficulté », ajoute Romuald Lagoude : « En 35mm, le jour de la sortie j’avais tiré un certain nombre de films annonce, de copies, mon budget était presque bouclé. Je pouvais en estimer le coût. En numérique, nous avons des frais résiduels du fait des clefs et des circulations. En outre, nous devons faire du suivi en raison de la dématérialisation », autant d’opérations difficilement évaluables. Aussi les distributeurs se sont réunis pour négocier auprès des différents tiers opérateurs et producteurs (Ymagis, Montparnasse, Arts Alliance…), des contrats temporaires au coup par coup, en attendant de trouver des accords sur le plus long terme : « Nous avons réussi à négocier par la force des VPF qui étaient au-dessus de ce que nous pouvions payer ! Aussi nous sommes très vigilants sur le coût numérique. » Le VPF sera différé d’un tiers à un autre. Les VPF Arts Alliance, Kinepolis, EuroPalace ou Ymagis seront différents. Des négociations spécifiques ont été menées avec des groupements d’indépendants pour lesquels des montants de VPF plus raisonnables ont été établis.

La seule contrainte des VPF repose sur l’élargissement. Même s’il y a possibilité d’interprétation dans la loi, celle-ci précise que des VPF doivent être payés en cas d’élargissement. « Nous regardons où nous en sommes sur notre compte de VPF chez le tiers avant de donner une réponse à un exploitant », observe Olivier Masclet : « Jusqu’à présent nous en avons payé un ou deux en élargissements sur Melancholia de Lars von Trier parce que le film marchait. »

Complexe, la gestion des Logs et des KDM ?

Aux Films du Losange comme chez ARP Sélection, la gestion des KDM – key delivery message – est assurée par Cinego, prestataire de création de clefs. Le KDM est déclenché et envoyé dans la minute. Des projections ont été sauvées cinq minutes avant l’heure de la séance, alors que le projectionniste avait oublié de vérifier son KDM. « Les seuls soucis que l’on puisse avoir, raconte Olivier Masclet, c’est des différences entre la version du DCP qui est reçue par le serveur de la salle, et la version du DCP contenue dans le KDM. Cela arrive parfois pour des avant-premières pour lesquelles plusieurs versions provisoires du film circulent. »

Le logiciel de programmation est interfacé avec Cinego. « Le lundi matin les salles qui vont jouer le film se font envoyer automatiquement une clef pour la semaine cinématographique suivante, pour l’ensemble de leurs écrans », ajoute Romuald Lagoude. « Le travail de Cinego est de récolter de la part de nos distributeurs des clefs primaires, les clefs de cryptage des DCP qui vont leur permettre sous notre autorisation de valider la lecture des films dans les différentes salles. Cinego a une veille technologique permanente au niveau de la mise à jour des certificats. »
Mais il existe encore de nombreux films non cryptés qui tournent. Le KDM est une étape dont on peut s’affranchir. « Le KDM est aussi la matérialisation du contrat que vous passez avec l’exploitant », rappelle Étienne Traisnel.


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