VDM, labo du futur au présent

VDM, laboratoire vidéo de référence, et Under The Milky Way (UMW), société de services dédiée à la distribution numérique de films, se sont associés dans le cadre d’un appel d’offres de la Commission européenne, intitulé « Crowdsourcing Subtitling to Increase the Circulation of European Works ». L’objectif était de tester des solutions innovantes susceptibles d’agir sur les coûts de production de sous-titrage, véritables obstacles à la circulation des films européens en Europe, particulièrement dans les pays à faibles capacités de production audiovisuelle.*
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Ensemble, VDM et UMW ont développé le projet « Working (sub) Titles ». Le postulat était de trouver une alternative meilleur marché à la production des sous-titres dans des langues moins couramment usitées de certains pays européens.

Pour être rentable et efficace, le projet devait revêtir une dimension industrielle, visant à réduire les coûts et à automatiser certains process, comme le souligne Jean-Christophe Coin, directeur général de VDM : « Nous avons exploré différentes pistes pour produire des sous-titres compétitifs, par exemple des solutions basées sur les technologies de traduction automatiques, mais nous avons vite abandonné cette option, car la qualité n’était pas suffisante pour les standards élevés des plates-formes de VOD/OTT. Nous avons donc choisi une solution alternative. »

La solution déployée par VDM et UMW repose sur une association de l’humain et du digital. L’humain a été complété par le développement d’une plate-forme visant à simplifier les validations et faciliter l’intégration de leurs travaux dans une chaîne de production professionnelle.

« Dans le workflow global de la fabrication des sous-titres, ce n’est pas la traduction qui pose problème. Le plus complexe est l’adaptation des sous-titres en fonction des dialogues et de l’action d’un film. Il y a une dimension artistique que les outils automatiques ne peuvent pas prendre en charge. Le projet W(s)T comportait ces deux dimensions ; nous n’avons jamais fait de compromis sur la qualité et nous avons fluidifié les workflows de production pour, au final, réduire les coûts et être réactifs », précise Jean-Christophe Coin.

Aboutissement concret du projet, le film estonien « Nullpunkt » a été distribué en VoD par UMW sur l’ensemble des territoires européens en vingt-quatre langues grâce à Working (Sub) Title. Le film, qui a connu un large succès, a été également distribué dans quatre-vingt autres pays, dont les États-Unis, la Chine, le Brésil…

 

VDMConnect

Dans ce projet, la R&D de VDM a été la clef de voûte qui a permis de trouver des solutions pour optimiser les différentes étapes. La R&D est dans l’ADN de VDM, qui y consacre une part importante de son chiffre d’affaires. La recherche de solutions innovantes est un défi qu’adore relever VDM !

Outre la fabrication de contenus pour les plates-formes VOD/OTT, il faut gérer une partie méconnue mais fondamentale : les artworks et métadonnées qui accompagnent chaque film. Ces dernières incluent le casting, les dates de sorties, les droits territoriaux, etc.

Ces informations étaient initialement gérées sur un tableur envoyé aux ayants droit, mais les plates-formes changeant régulièrement leurs spécifications, cette méthode a vite montré ses limites. Ce type de document ne supporte pas l’approximation ; une seule erreur et tout le travail est rejeté. À titre d’exemple, le fichier XML d’un package iTunes multilingues & multi-territoires comme celui de « Apocalypse Now » comporte plus de 2500 lignes.

VDM a donc créé un outil qui accélère, simplifie et fiabilise le process. « Notre équipe de R&D a développé une solution en ligne qui permet de renseigner ces informations. Un moteur permet de générer les XML pour chaque plate-forme visée. L’évolution vers ce mode SaaS nous permet de mettre à jour les outils de manière transparente pour les utilisateurs. »

La beauté du développement est que tous les intervenants s’y retrouvent. Les ayants droit peuvent renseigner aisément les informations et gagnent du temps. Par exemple, s’ils ont un film déjà renseigné pour iTunes et que ce film doit être livré à une autre plate-forme, les métadonnées communes sont automatiquement répliquées et seules les nouvelles informations à renseigner apparaîtront. Des outils de vérification automatique sont également intégrés afin de vérifier la pertinence des données saisies. Pour VDM, c’est évidemment du temps gagné, mais aussi une garantie de qualité sur les éléments livrés pour les plates-formes VOD.

« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec Under The Milky Way ; ce fut un partenaire précieux tout au long de la phase de développement, et aujourd’hui encore pour comprendre les nouveaux besoins des ayants droit. »

Pour Jérôme Chung, président de Under The Milky Way : « Nous avons toujours intégré une forte dimension IT dans le développement de notre société de distribution de films, et ce encore plus car nous évoluons sur un marché international dans un environnement exigeant et évolutif. A l’ère digitale, le développement commercial ne va pas sans le développement technologique, c’est un véritable facteur de différenciation vis-à-vis des plates-formes globales. De ce fait, le partenariat avec VDM était la meilleure des solutions pour mener à bien ce projet européen. »

VDMConnect a nécessité 4000 heures de développement et continue d’être mis à jour de manière hebdomadaire. Un peu moins de cinq ans après son lancement, plus de 5400 films et 16000 packages sont présents sur la plate-forme.

 

Le labo du futur

VDMConnect n’est qu’une première étape dans l’automatisation des travaux. Depuis plusieurs mois, VDM s’est interfacé avec le portail en ligne de TF1 Studio, qui lui permet de référencer les contenus et de passer les commandes. Ainsi, chaque demande entraîne la génération complète d’un bon de travail dans l’ERP de VDM, ainsi que la création des coquilles et métadonnées associées dans le MAM. Quand les travaux demandés sont automatisables (désarchivages, transcodages, livraisons), ceux-ci sont automatiquement traités.

D’autres projets plus ambitieux encore sont actuellement en cours de développement, notamment pour automatiser des workflows plus complexes.

 

*Article paru pour la première fois dans Mediakwest #20, p.70Abonnez-vous à Mediakwest (5 nos/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur totalité.


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