Palmarès des César 2017 : la parité pour 2018 ?

La veille de la soirée festive des César 2017, le CNC a publié une étude intitulée « La place des femmes dans l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel ». Celle-ci met en lumière une exception culturelle française dont on peut se réjouir. En France, la présence de réalisatrices est en effet plus forte que dans d’autres pays européens : 22 % des films français sortis en salle entre 2011 et 2015 ont été réalisés ou coréalisés par des femmes, contre 19 % des films allemands, 11 % des films britanniques, 10 % des films italiens et 11 % des films espagnols.
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Ces dix dernières années, est apparue une nouvelle génération de réalisatrices d’une très grande créativité. « Leur talent, leur audace, ont donné un souffle nouveau au cinéma français avec, aujourd’hui, des premiers films reconnus dans le monde entier, comme Mustang ou Divines », constatait Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC),à l’occasion de la publication de l’étude.

En dix ans, le nombre de réalisatrices a ainsi augmenté de 71 % avec 567 films produits. Cette croissance s’est traduite, au percentile près, par le nombre de longs métrages éligibles au César 2017 du Meilleur film : 221 films étaient en lice, dont 49 étaient l’œuvre de réalisatrices… Au final, sur les sept films retenus, quatre sont l’œuvre de femmes, lesquelles étaient donc en « sur représentation » dans cette catégorie :  Houda Benyamina (Divines), Anne Fontaine (Les innocentes), Nicole Garcia (Mal de pierres) et Justine Triet (Victoria). Dans la catégorie Meilleure réalisation, on retrouvait les trois premières, aux côtés de quatre réalisateurs.

Au final, si une femme, Houda Benyamina, a remporté le César du Meilleur premier film (pour Divines), le César de la Meilleure réalisation a été décerné à Xavier Dolan, et celui du Meilleur film à un autre homme, Paul Verhoeven. Certes, ni l’un ni l’autre ne manquent de talent et loin de nous l’idée de discuter d’une décision collégiale prise par la grande communauté du cinéma (4287 membres votants à l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma)… Pour mémoire cependant, nous rappellerons simplement que la seule femme qui puisse se targuer d’avoir remporté un César du Meilleur film est Tonie Marshall pour Vénus beauté institut il a y de cela déjà… 16 ans !

Toutefois, revenons sur l’étude du CNC consacrée à la place des femmes dans l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel…

Lorsque l’on regarde rapidement cette étude, on ne peut que se réjouir d’une présence féminine qui se renforce dans la filière. En dix ans, le nombre de femmes employées dans la production de films a progressé de 20 %, contre 5 % pour les hommes… Mais à quel prix ? Dans une très grande majorité de professions, les salaires horaires moyens des femmes apparaissent inférieurs à ceux des hommes, notamment pour la réalisation (- 42%) et la production (- 38 %).

On retrouve également des écarts en termes de moyens financiers mis à disposition : en 2015, le devis moyen d’un film d’une réalisatrice s’élevait à 3,50 M€, contre 4,70 M€ pour un homme. Sur la période 2006-2015, le budget moyen des films réalisés par des femmes est 1,6 fois moins élevé que celui réalisé par des hommes.

Conclusion, il reste du chemin à parcourir…

 

« La place des femmes dans l’industrie cinématographique et audiovisuelle », Les études du CNC, février 2017, à télécharger ici