Saint-George : La postproduction créative

 
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Publié le 06/12/2013

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On pourrait penser que Saint-George tient son nom de son emplacement : à côté du métro Saint-Georges à Paris, dans une petite ruelle abritant également une antenne du ministère de la Culture. Mais le nom avait été trouvé avant le lieu : c’est une référence à Joseph Bologne de Saint-George (sans s), personnage historique né en 1725, à la fois escrimeur, chef des armées et compositeur d’opéra. Comme lui, James Sénade et Bastien Harispe, les fondateurs de cette toute jeune société (créée début 2013), attachent de l’importance à exceller dans des domaines divers. Ici, on ne pratique pas l’art de l’escrime, mais celui de la « post-production créative ». Les deux fondateurs se définissent même, à l’anglaise, comme « creative VFX boutique ».

  

Avec ses références quasiment exclusivement dans l’univers de la publicité de luxe (parfums, cosmétiques) et des clients tels que Cartier, Lolita Lempicka ou encore Vanessa Paradis, Saint-George a démarré sur les chapeaux de roues. Les locaux à peine trouvés, leur premier contrat, un film pour Lancôme, était décroché. Depuis, les affaires tournent bien pour cette petite entreprise qui emploie, selon les contrats et les clients, quatre salariés et une poignée de freelances. Saint-George soigne son côté « artisan », ses locaux sont à cette image : à taille humaine, avec une volonté de modularité dans l’organisation de l’espace de travail. Ici, on fait les choses de façon moins formelle que dans les grosses sociétés : l’open space où travaillent les monteurs peut, à l’occasion, recevoir un client, ou le studio d’étalonnage se transformer en salon de projection.

 

Cette flexibilité se retrouve également dans le choix des logiciels : pour le montage, on varie, selon les projets, les désirs du client et la pertinence artistique, entre Avid, Apple Final Cut Pro et Adobe Premiere. Pour l’étalonnage et les effets spéciaux, la société est équipée d’Autodesk Flame Premium, Flare, Smoke, de la suite Adobe, de 3DSMax et de Nuke. James Sénade étant lui-même graphiste Flame, c’est à ce logiciel que va sa prédilection, mais les autres systèmes trouvent tous leur utilité en fonction des projets.

 

Au niveau matériel, l’entreprise est équipée de deux serveurs La Cie (données et backup). Les logiciels sont installés sur les serveurs et peuvent être envoyés sur les différentes stations selon les besoins. Pour les exports copies, un Bêtanum Digital Betacam Sony qui ne sert pratiquement plus, toutes les chaînes ayant dématérialisé leur workflow.

 

Le travail se fait généralement en 2K, parfois en 3K. Ce choix est permis par la puissance des machines : « Même si le format de destination est la HD, à Saint-George on préfère travailler plus grand. Ainsi, les réalisateurs, qui tournent au minimum en 2K avec des Arri Alexa ou des Red, peuvent se permettre de demander un zoom dans l’image sur tel ou tel plan. La réserve de résolution permet d’obtenir un tel zoom par recadrage, sans perte de qualité finale ».

 

Côté projets, Saint-George vient de post-produire, pour l’Agence 133 Lux, un film pour Cartier, réalisé par Baillie Walsh, destiné au marché de Hong-Kong. Plus tôt en 2013, on a pu voir passer entre leurs mains la publicité « DS3 Army » pour Citroën, réalisée par Sébastien Chantrel. En plus du montage, de l’étalonnage et de la postproduction (cleaning et duplication de foule, pour ces plans d’armée de clones en plein Paris), Saint-George a fourni du conseil sur le tournage. De même pour la publicité Lolita Lempicka Elle l’aime, la société a suivi le projet en amont du tournage, afin de faire des propositions créatives et d’accompagner le réalisateur dans ses recherches.

 

C’est ainsi que Saint-George entend mener sa barque : un petit nombre de collaborateurs, peu de projets à la fois, mais une vraie crédibilité technique et une expertise créative sur chaque projet dans son ensemble. Afin d’apporter à ses clients l’excellence d’un service sur-mesure.

 

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