SATIS 2012 – Ultra-Live : le direct par la bande… passante

Après l'avènement des chaînes tout info qui privilégient le direct, Internet a ouvert la voie d'un accès instantané aux images. Pour demeurer compétitives, les chaînes de news se sont engagées dans une course effrénée afin de raccourcir les délais entre le tournage des images et leur mise à l'antenne
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Ainsi, en termes de production de news, un caméraman équipé d’un sac à dos peut tourner et diffuser en direct simplement des contenus sans avoir recours à une liaison spécialisée par satellite. C’est ce que propose LiveU, avec ses deux packs : LU60 et LU40i.

LiveU : simplicité, flexibilité… et incertitudes
« Ce qui prime », explique Thierry Chanut, directeur d’Isovision et distributeur exclusif des produits LiveU, « c’est la simplicité de mise en place et d’utilisation ». Mobilité et réactivité de la solution sont les maîtres-mots des packs portables (sous forme de sac à dos ou sacoche de transmission). S’appuyant sur les réseaux 3G, 4G, WiMAX ou Wi-Fi, et en agrégeant différents opérateurs via des cartes SIM en parallèle, l’image est envoyée via Internet soit sur un serveur soit sur le Cloud avant une diffusion multiplateformes : broadcast, Web ou mobile.
Dernier-né de la gamme LiveU, le LU70 inclut jusqu’à 14 connexions (3G/4G, LTE, WiMAX, Wi-Fi, BGAN), une qualité vidéo HD jusqu’à 1080 transmissions vidéo haute définition sur le terrain et un temps de latence en dessous de la seconde. Pourtant, une inconnue demeure : « nous ne pouvons garantir le débit », explique Thierry Chanut, pour qui le satellite reste le choix le plus viable.

Pana et l’iPad
Panasonic, pour sa part, propose une solution de prises de vues et de diffusion via l’iPad. « Au départ, il ne s’agissait pas d’une demande client », explique en préambule Luc Bara, Technical Product Manager de la division Pro AV & Broadcast de Panasonic France, « mais plutôt d’une initiative de notre département R&D ».
Le système s’appuie sur trois caméras – HPX3100, HPX600, HPX250 – qui émettent le Wi-Fi et, au travers de l’AVC Proxy, permettent à l’utilisateur de la tablette d’éditer ses rushes. L’idée est de s’adresser aux différents marchés selon des besoins spécifiques. Ainsi, le script peut relire les clips à distance pour vérifier les raccords, annoter les images pendant l’enregistrement ou à la relecture.

De son côté, l’Assistant-caméra peut s’en servir pour saisir les métadonnées techniques, contrôler les réglages (de point, diaph, focale, blanc, etc.). Sur le versant plus broadcast, dans le cadre d’interview, de captation de spectacles et d’événementiels, on pourra insérer des marqueurs en direct pour faciliter le dérushage ou encore contrôler le cadre à distance. Enfin, pour ce qui concerne le travail des JRI, la solution de Panasonic leur permet de réaliser un montage cut depuis l’iPad (avec des points d’entrée/sortie) et de diffuser la playlist depuis le SDI de la caméra.
Honnêtement, Luc Bara admet qu’ils ont dû faire face à une forte réticence de la part des chaînes de télévision et des JRI à qui on demandait « de faire confiance à des outils informatiques ». C’est donc le secteur des tournages fiction qui semble aujourd’hui le plus enclin à s’ouvrir à ce binôme ; il faut dire que smartphones et tablettes sont déjà bien présents sur les plateaux, pour tout autre chose que l’échange d’appels.

Le fabricant a également présenté deux alternatives de workflow sans fil : le premier intègre la technologie Eye-FI, du nom de la carte mémoire à téléchargement automatique des médias par Wi-Fi, couplé avec le caméscope AG-AC160. Le second… s’appuie sur un partenariat avec LiveU. Basé sur la HPX600, le système permet une transmission live, par 3G, 4G, Wi-Fi, Ethernet ou simultanément avec une adaptation du débit vidéo H.264 selon la disponibilité des réseaux.

JVC : faire progresser le journalisme nomade
En écho de la présentation produit de Panasonic, JVC, représenté par Jean-Claude Leclerc, de JVC Pro Europe, a dévoilé en détail les nouveaux caméscopes GY-HM650 et 600, particulièrement « adaptés pour la production de documentaires et de news ». Compacité, légèreté, nouvelle optique et nouvelle génération de capteurs sont, pour le fabricant, les atouts de la gamme.
Tous deux sont équipés de 3 capteurs CMOS 1/3 » avec une résolution de 1920 x 1080, dotés d’une très grande sensibilité (F12@2000Lx) et un éclairage minimum 0.2 Lx en mode LoLux.

Le GY-HM650 s’appuie sur un Proxy Vidéo « pour une visualisation rapide, le maquettage, et le dérushage ». Il permet la création de fichiers de petite résolution (480x270p) et bas débit (800kbps) mais les fichiers sont néanmoins de qualité suffisante pour la diffusion Web grâce à un encodage H.264.
Le GY-HM650 mise, pour sa part, sur la connexion réseau (sans fil ou filaire) grâce à un adaptateur Wi-FI, 4G/LTE ou RJ45/USB.
Enfin, en avril 2013, JVC promet une offre de streaming live vidéo et audio via le RTP (Real Time Protocol).

Au-delà du seul aspect technique, qu’en est-il réellement de la demande de ces nouvelles solutions nomades ? Pour Nordine Sekouri, chef d’exploitation chez AMP Visual TV, « nous avons naturellement adopté ces solutions mobiles dès qu’elles ont fait leur apparition et continuons à le faire… quand le cas de figure correspond à la fois à l’exigence de notre client mais aussi au résultat attendu. On note une demande croissante depuis un an, notamment de la part des chaînes de news qui doivent faire face à une concurrence accrue et cherchent donc les moyens de se démarquer ».

Reste que le point d’achoppement majeur demeure l’absence de garantie du débit : « tout tient dans la réception du signal », conclut le responsable d’AMP Visual TV. Bref, le satellite a encore de beaux jours devant lui…


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