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Sony Japon – Episode 1 : La 3D ? Découragement nippon…

MediaKwest a été convié par Sony à un Press Trip au Japon afin de partir à la rencontre des équipes commerciales, des techniciens et des ingénieurs directement aux sièges de l'entité nippone à Tokyo. Lors de l'un de nos meetings avec les intervenants, la question de la 3D est rapidement arrivée sur le tapis, et les réponses faites par nos hôtes furent teintées d'une franchise remarquée.
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Être invité par Sony au Japon pour « causer » TV du futur, Blu-ray, 4K, Google TV et vidéoprojecteurs revient à parler du lendemain de notre univers audio-vidéo en s’appuyant sur ce que nous vivons déjà. Les ingénieurs et les pontes présents sur place pour nous accueillir le savent parfaitement, et, fait rare, se sont préparés à nous communiquer des infos que nous ne nous attendions pas à trouver lors de ce voyage, telle que l’édifiante enquête consommateurs qui place le désir de « 3D » à la 18e place des besoins d’un top 20 mémorable. En effet, ce n’est un secret pour personne que Sony, propriétaire des Sony Pictures Studios à Culver City/Los Angeles, est très engagé dans le 3D, ayant notamment pondu le discutable Les Schtroumpfs (mais gros carton au box office) ou le fabuleux Tintin de Spielberg (via Columbia Pictures). Cependant, ne nous mettons pas la tête dans le sable telle l’autruche moyenne et affrontons une réalité artistico-commerciale qui veut que, depuis le gigantesque boum d’Avatar, les studios et les fabricants de matériels aient vu en cette mirifique 3D un marronnier capable de re-booster certains marchés en berne.

Le hic ou plutôt les hics ? La désorganisation totale des messages envoyés vers le public, la qualité souvent grotesque de certaines conversions 2D vers la 3D, de sombres histoires de 3D passive et active mal expliquées, des fabricants qui se tirent dans les pattes pour tenter de grappiller les plus belles parts d’un gâteau que l’on croit salvateur… D’un côté les professionnels de la diffusion en salle ont commis un exceptionnel effort en termes d’équipements (l’effet Avatar), et de l’autre, le tout Hollywood n’a pas su rééditer l’exploit réalisé par le film de James Cameron, proposant des œuvres qui, au fil du temps, ont fini par lasser le public par leur manque de ceci ou de cela. De plus, la totale désorganisation commerciale de la nébuleuse 3D n’a pas aidé à faire en sorte que cette 3D soit (enfin ?) acceptée à grande échelle. Après tout, cela ne fait que trois fois que l’on « tente » de la faire fonctionner dans le grand public. De plus, côté aberrations commerciales, notez que le fameux Avatar de Cameron (Fox Vidéo), l’objet de tous les fantasmes 3D, n’a jamais été lancé en Blu-ray 3D dans le grand public, alors que des « choses » telles que Le choc des Titans 3D (Warner) ne s’est pas privé d’atterrir dans les bacs…

La 3D ? Déception chez Sony, qui ne la met plus en exergue…

Lors de ce Press Trip, les Japonais ont joué cartes sur table, et ils ont bien eu raison, car le marché des téléviseurs ne connaît de « bons » chiffres que dans les pays émergeants, que le public semble se contreficher de la 3D et encore plus des TV dites « connectées » (19 et 20e places des desiderata des consommateurs dans le Top 20) et que cet état des lieux crée une inévitable dichotomie entre les propositions des professionnels (fabricants, exploitants des salles de ciné, Studios Cinéma, éditeurs, etc.) et les attentes des consommateurs / spectateurs en termes de programmes et de moyens de les diffuser. Mr Sakamoto, un des pontes du Home Entertainment Business chez Sony (et ex de Sony France) a d’ailleurs eu la franchise d’employer le mot « découragé » dans ses discours, ce qui ne laisse aucune part à l’ambiguïté quant aux efforts, pour l’heure vains, de Sony Pictures / Sony Hardware pour imposer la 3D au cœur du très grand public (notre voyage ne couvrait pas les activités Gaming / PS3). Du coup, oui, Sony va continuer à produire des films en 3D, tels que Men In Black III ou The Amazing Spider-Man (4K / 3D), mais concernant ses gammes de téléviseurs HD, ou 4K à venir, la 3D ne sera pas utilisée comme un argument de vente libellé « en gros » sur le carton de l’appareil. La 3D va se banaliser comme une fonction en plus, et lorsque les contenus seront disponibles plus largements les téléspectateurs pourront en profiter sur leursécrans s’ils le souhaitent. De plus, le nouveau message de Sony, sans être nouveau en ce qui le concerne, est simple et renforcé : nous n’allons désormais parler que de qualité d’image et du son pour bien nous différencier de nos concurrents. En ce sens, le géant nippon n’a pas tort car à force de tabasser des messages autour de la 3D orchestrés par le tout Hollywood et des fabricants qui pensaient que le relief allait sauver leur exercice fiscal, nous en sommes venus à oublier la fonction « basique » d’un diffuseur : restituer une image (et/ou un son) avec le meilleur niveau technique possible. Pour ce faire, Sony fait évoluer ses gammes de TV (circuit X-Reality Pro) et de Monitors. C’est ce que nous explorerons dans l’Épisode 2 de ces reportages sur Sony Japan.