Si l’économie télévisuelle est en danger, menaçant particulièrement les productions documentaires, Catherine Schofer, directrice générale de Téva et Paris Première, dresse tout de même un constat favorable pour le groupe M6 lors de sa présentation au Sunny Side of the Doc à La Rochelle : « Le groupe M6 résiste bien. Nous avons su, tous ensemble, nous adapter aux nouveaux usages. Notre plateforme de streaming, M6+, continue de se développer et les vues se multiplient, notamment en ce qui concerne le documentaire. Je pense que le groupe prend la bonne direction. » Dans ce contexte, la directrice rappelle : « Nous sommes toujours en recherche de nouveaux projets et notre planning de diffusion de l’année n’est pas encore plein, alors nous attendons vos propositions ! »
Selon Catherine Schofer, les résultats encourageants des deux chaînes payantes sont notamment dus aux lignes éditoriales. « Nous savons nous différencier et être efficaces. Pour nous y aider, le documentaire est un véritable pilier. Sur Téva et Paris Première, il en vient même à remplacer les magazines de flux qui étaient pourtant la marque de fabrique du groupe. » Alors de quoi sont faites ces lignes éditoriales et que nous réservent-elles pour l’année prochaine ?
À venir sur Téva…
Téva, la chaîne « à vocation féminine et familiale » du groupe M6, diffuse entre 10 et 15 documentaires par an, uniquement en format unitaire. Pour ce qui est des sujets, elle a toujours eu pour ambition de traiter des thèmes actuels, incarnés, qui interrogent les évolutions de notre société. « On ne va pas changer une stratégie gagnante ! », commente Catherine Schofer avant d’ajouter que « ce qui nous intéresse, ce sont des sujets personnels dont certains sont racontés à la première personne. Par ailleurs, ce sont souvent des voix de femmes puisque 90 % des documentaires Téva sont signés par des réalisatrices. »
Dans les mois à venir, les spectateurs pourront découvrir un large panel de documentaires avec, par exemple, Les copines d’abord de Clara Gilles (dont le projet est d’ailleurs né au Sunny Side of the Doc il y a deux ans). Ensuite, La Meute en réseau de Marion Vaqué-Marti à propos du harcèlement misogyne en ligne, Suicides forcés d’Anthony Lesme, Mama Solos. Seules pour faire face de Lauriane David et Bonnes à tout faire de Safaa Aboufaes à propos de la charge mentale des femmes. « Ce sont des sujets lourds, très sérieux, mais qu’on essaie de traiter d’une manière plus légère », précise Catherine Schofer.
Du côté de Paris Première…
Paris Première diffuse également entre 10 et 15 documentaires par an, uniquement en format unitaire, mais possède une toute autre ligne éditoriale avec des contenus qui explorent notamment le cinéma de patrimoine. « Nous cherchons souvent des documentaires en lien avec le film diffusé précédemment, afin de créer des soirées thématiques complètes. Ce peut donc être un documentaire sur un sujet de la pop culture, ou alors un portrait de personnalité. Ou alors nous aimons les créations documentaires, les petits ovnis complètement décalés », ajoute Catherine Schofer.
Suivant cette ligne, les spectateurs pourront découvrir dans les prochains mois : Ardisson. Nous nous sommes tant amusés de Stéphane Simon, Les Tontons auteurs à propos des répliques cultes du cinéma français par Jérémy Fauchoux, La Reine Maillan sur le parcours hors du commun de Jacqueline Maillan, Il était une fois les beaufs de Jérémy Michalak et Cowboy. Le bon, la brute et moi de Kevin Fafournoux (qui avait également signé Sauvons les Kevin).
« Même si nous sommes très portés sur la pop culture, nous ne nous interdisons pas de faire des sujets politiques ou sur des problématiques d’actualité. C’est d’ailleurs ce que nous avions fait pendant les précédentes élections. Ou aussi avec Tous complotistes ? d’Emmanuel Le Ber qui avait par ailleurs rassemblé plus de 100 000 spectateurs en diffusion linéaire. », termine Catherine Schofer.