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TV 3D sans lunettes Toshiba 55ZL2, des débuts prometteurs !

Toshiba est et a toujours été une boîte d'ingénieurs, ce n'est un secret pour personne dans la profession, et quand ces gars s'attèlent à un projet, ils ont le mors aux dents et ne lâchent pas l'affaire. Engagée dans la 3D depuis ses prémices télévisés, Toshiba déploie de sous-estimés efforts pour faire avancer le schmilblick de la 3D, tant dans le segment des téléviseurs 3D active (Full HD) que dans les modèles dits « 3D / glasses free » (sans lunettes), exposés dans tous les salons du monde, ainsi que dans les échoppes japonaises depuis quelques mois. Le 55ZL2 reçu à la rédaction est la première évolution signée Toshiba de sa technique d'imagerie 3D sans lunettes.
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Le modèle reçu est un prototype finalisé qui donne une bonne idée de ce qui peut nous attendre…

MédiaKwest ne va pas en rajouter une couche, mais il semble, chiffres à l’appui, que le public ne se rue pas sur les lucarnes compatibles 3D, comme espéré. Certes, l’attrait pour quelques films alléchants en salles reste à peu près intact – les fans attendant par exemple de pied ferme Prometheus de Scott tourné en 3D/4,5K – mais l’impulsion n’est pas assez électrique pour faire tourner pleinement la machine. Du coup, de Philips à Sony en passant par des entités chinoises et Toshiba, les industriels planchent sur une 3D sans lunettes capable, à la fois de séduire les professionnels (muséographie, entre autres), les prescripteurs-défricheurs, et une partie du grand public au bas de laine fort dodu des écus.

En discutant avec Toshiba France, nous nous sommes vite rendu compte de l’aspect « vitrine technologique » de la série ZL du fabricant. Loin de nous l’idée de déprécier les efforts considérables opérés au Japon sur ce projet, mais il est bon de situer ce 55ZL2, successeur du ZL1, dont l’essence n’est pas de se vendre par containers, mais bel et bien de prouver que cette 3D sans lunettes, dite « de qualité », n’est pas un leurre, mais une réalité tangible dont les résonnances à venir peuvent être intéressantes, notamment dans les segments institutionnels et médicaux par exemple (muséo, formation des personnels / étudiants, monitoring médical, etc.). Soyons clair sur un point cependant. Cette 3D sans lunettes, de par son mode d’imagerie, n’a pas (encore) le coffre technique capable de délivrer des effets de jaillissements probants, tel qu’on les subit souvent au cœur de certains films captés ou convertis en 3D. La 3D sans lunettes offre plutôt un effet de profondeur qui, par ailleurs, a bien du mal à atteindre l’impression de multiples plans observée sur les images en 3D active. Seule l’utilisation de dalles 8K, voire plus (16K), permettra d’ouvrir pleinement les arrière-plans. Pour l’heure, décortiquons le Toshiba 55ZL2, un produit en cours d’introduction au prix de 7200 Euros HT.

Comment cela fonctionne ?

Pour débuter, sachez que ce type de lucarne ne peut fonctionner « correctement » qu’avec, en guise de terreau, une dalle LCD de très haute définition car l’imagerie 3D sans lunettes réduira la définition originelle au gré des couches liées aux angles/points de visionnage. Toshiba a donc construit le ZL2 autour d’une dalle LCD 3840 x 2160 pixels, appelée Quad HD par le fabricant (ou Quad Full HD / QFHD par d’autres, ou encore 4K x 2K par d’autres, ce qui n’est pas totalement juste). Cette dalle Quad HD est associée à des masques de microlentilles qui vont orienter les images gauche et droite vers les rétines du spectateur, créant ainsi l’effet de relief. Utiliser ces couches de microlentilles directrices, c’est un peu comme si on plaçait du plexiglas devant l’image Quad HD délivrée par la dalle : elle voit alors certaines de ses caractéristiques s’appauvrir, telles que la définition et le ratio de contraste. Le modèle Toshiba assure 9 angles de vision que les spectateurs doivent trouver en se positionnant idéalement entre deux « couches » de microlentilles directrices distinctes, faute de quoi, l’effet sera perdu. Afin de l’y aider, Toshiba a équipé ce modèle d’une caméra associée à un logiciel qui filme le spectateur et lui indique l’endroit exact où il doit se placer afin de bénéficier de l’effet 3D sans lunettes d’une façon optimale. Sur le terrain, le système fonctionne plutôt bien.

Cependant, si tout se ramdam est bien joli, il est important de savoir que l’utilisation des microlentilles placées sur la dalle Quad Full HD rime également avec une image 3D finale d’une définition ramenée en 720p. C’est-à-dire que l’on part d’une définition verticale de 2160p pour la diviser quasiment par 3, ce qui réduit la précision de l’image, la rendant faillible techniquement comparé aux diffuseurs 3D avec lunettes actives qui assurent du Full HD/1080p sur chaque voie/œil. Toshiba est on ne peut plus conscient de la chose mais se trouve face à un dilemme de taille : le prix ! Déjà que son 55 pouces Quad Full HD débaroule aux environs de 7100 Euros HT, qu’en serait-il d’un modèle disposant d’une dalle 8K (voire 16K dans l’idéal) + électronique associée, seule façon d’obtenir une 3D sans lunettes, multi angle, de très haute définition ? Pour l’heure, le 55ZL2 dispose d’une botte secrète appelée CEVO, le processeur maison capable de filer un bon coup de pied au vénérable des pixels et d’amener les sources HD en Quad Full HD tout en travaillant en temps réel sur le bruit vidéo, l’aliasing indésirable, de détecter et réduire les éventuels blocs MPEG, de travailler sur la colorimétrie, le contraste, etc. De nombreuses fonctions sont modulables au travers du menu à l’écran. CEVO se veut la garantie d’une image optimisée dont les caractéristiques ne s’écrouleront pas (trop) en 3D sans lunettes.

Quad Full HD et ultra connecté

Au-delà de la personnalité 3D « Glasses free » de ce modèle, Toshiba a, de toute évidence, entrepris de lancer un téléviseur dans l’air du temps, ultra équipé et ultra connecté. Il offre l’accès au portail Toshiba Places (services, VOD, etc), et ce, en filaire LAN ou en Wi-Fi proposé en série. La large connectique permet notamment l’enregistrement de programmes 2D sur clé USB ou disque dur externe, et la compatibilité des tuners avec le HbbTV est un plus concret. De plus, sachez que l’achat optionnel d’une sonde et d’un logiciel permettra de calibrer ce modèle de façon précise (démonstration convaincante vécue en direct).

Sur le terrain : ce que l’on aime, et pas !

Nous avions vu le ZL1, et n’avions pas aimé le manque de précision de la 3D exprimée, aggravée par le fait que le spectateur ne parvienne pas à se positionner correctement devant l’écran pour en saisir les effets de profondeur. Heureusement, le ZL2 règle ce problème cuisant grâce à sa caméra + son logiciel intégrés qui aident le spectateur à se caler parfaitement dans le « bon angle » du téléviseur (voir visuel dans cette page). Cela dit, écrire que cette 3D sans lunettes est impressionnante en soi serait mentir. Écrire qu’elle offre des directions prometteuses à l’industrie est sans doute plus juste.
Nous avons testé ce modèle avec des mires en 2D et 3D, ainsi qu’avec les Blu-ray 3D d’Avatar, Toy Story, Scrooge, Hugo Cabret et The Darkest Hour (tous pensés et tournés en 3D). Force est de reconnaître que les effets délivrés, que nous connaissons, sont pipés comparé à une retranscription sur des matériels 3D active. En fait, les images offrent deux défauts majeurs : sensation de visionnage au travers d’un plexiglas à motifs (les microlentilles que l’on aperçoit en s’approchant de la dalle) et absence d’effets de jaillissement, pourtant présents sur de nombreuses images d’Avatar ou de Toy Story par exemple. Du coup, certes, une sensation de profondeur existe, mais cette susnommée profondeur est limitée. Les résultats ne sont pas « mauvais » au sens premier du mot, mais cette 3D rime avec une chute de piqué/définition de la source qui peut se révéler gênante pour qui connaîtrait un peu trop les images originelles envoyées à l’électronique. Le ratio de contraste est apparu comme moyen lors de nos essais en 3D sans lunettes, et la colorimétrie semblait légèrement faussée sur le modèle testé. Rien de dramatique, d’autant que la CEVO (traitement vidéo) fait parfaitement son boulot en assurant une image fluide, sans artefacts. On sent que le circuit travaille bien et surtout, vite.

Lors de nos tests en 2D, nous avons découvert des images qui se situent dans la haute moyenne, un peu plombées par un ratio de contraste qui ne tient pas la comparaison avec certains modèles Sony 3D active par exemple (excellente série HX850 ou LG série M860). La définition reste au top, les couleurs sont percutantes mais l’angle de vision reste un brin discutable.

En conclusion

Comme nous l’indiquions dans le corps de notre test, et comme les équipes de Toshiba ont eu la franchise de le reconnaître, ce téléviseur Quad Full HD / 3D sans lunettes pointe une direction et se veut une vitrine de ce qui est possible, et de ce qui sera possible dans les années à venir. Si nos résultats ne nous permettent pas de clamer que la fidélité artistique des films tournés en relief est respectée, nous sommes en mesure d’écrire que ce 55ZL2 peut satisfaire certains professionnels qui peuvent d’ores et déjà l’exploiter en muséographie, dans le milieu médical et dans certaines institutions (écoles, université, formation, etc.). Nous sommes persuadés de voir Toshiba poursuivre ses investissements dans la 3D sans lunettes afin d’en améliorer un réalisme qui, sans doute, ne sera peut être atteint qu’avec une dalle 8K. Pour l’heure, le 55ZL2 est un bel effort qui permet d’écrire que la 3D sans lunettes de qualité n’est pas un leurre, mais une réalité tangible qui ne demande qu’à évoluer techniquement au gré des nouvelles dalles LCD et des processeurs plus véloces.

Quelques caractéristiques techniques fournies par Toshiba

Modèle 55 pouces
Dalle Quad HD de 3840 x 2160 pixels
3D sans lunettes grâce à microlentilles
9 angles de vision
CEVO-Engine/traitement vidéo
Circuit de détection de visages pour aider le spectateur à se positionner
Connected TV : Smart TV, Toshiba Places
Enregistrement sur clé USB / disque dur externe
Sonde de calibration optionnelle
Dimensions et poids non communiqués
Prix : 7200 Euros HT
Le modèle testé est un prototype peu ou prou finalisé.