La Sony FX5, nouvelle caméra cinéma de 750 g

Avec sa nouvelle FX5, Sony déploie des fonctions héritées de ses Venice et Burano dans un boîtier à peine plus lourd que celui d’une FX3. Capteur plein format empilé, Open Gate 5K, RAW X-OCN 16 bits en interne et trois sensibilités ISO natives… Cette nouvelle venue entend offrir aux équipes réduites des images jusqu’à présent réservées aux équipes de cinéma.
Avec ses sensibilités ISO natives de 800, 4 000 et 12 800, la FX5 ajoute un palier intermédiaire qui facilite l’adaptation aux différentes conditions d’éclairage. © Sony

Publié le 15/10/2026

Avec ses sensibilités ISO natives de 800, 4 000 et 12 800, la FX5 ajoute un palier intermédiaire qui facilite l’adaptation aux différentes conditions d’éclairage. © Sony

 

Extérieurement, la Sony FX5 pourrait presque passer pour une FX3. Même silhouette plate, même monture E et un gabarit adapté aux drones ou aux habitacles des véhicules. Cependant, les nouveautés sont légion : capteur, processeur, codecs, interface et logique d’exploitation. « Par rapport à la FX3, le saut est colossal à tous points de vue, même si extérieurement elle lui ressemble beaucoup », résume Fabrice Abuaf, chef de produit Imagerie numérique chez Sony.

 

La FX5 matérialise la convergence entre les boîtiers compacts issus de l’univers Alpha et les caméras de cinéma numériques. La promesse : conserver la mobilité de la FX3, tout en donnant accès à des formats et une ergonomie inspirés des gammes CineAlta.

 

 

 

Un nouveau moteur d’image pour atteindre la résolution 5K

 

Un capteur CMOS Exmor RS plein format rétroéclairé et empilé de 16,6 mégapixels effectifs succède au capteur 12 mégapixels de la FX3 pour rendre possible l’enregistrement 5K. Sa structure empilée accélère la lecture, tandis que le processeur Bionz XR2 offre un traitement d’image avancé et des fonctions d’intelligence artificielle. Pour Sony, ce processeur incarne une révolution. Sa gravure plus fine conjugue puissance, consommation réduite et meilleure maîtrise thermique. Trois paramètres déterminants pour traiter des flux RAW importants dans un boîtier aussi compact.

 

 

La Sony FX5, nouvelle caméra cinéma de 750 g

 

 

 

En S-Log3, Sony annonce une latitude supérieure à 15 stops. La FX5 propose trois sensibilités ISO natives : 800, 4 000 et 12 800 ISO. Le palier intermédiaire comble l’écart de près de quatre diaphragmes qui séparait les deux bases de la FX3 et offre une adaptation plus fine aux conditions d’éclairage.

 

 

L’Open Gate entre dans la série FX

 

La FX5 est la première caméra FX à proposer l’Open Gate. Exploitant la totalité du capteur au format 3:2, elle enregistre une image de 4 992 × 3 328 pixels. Ce canevas 5K facilite les recadrages, les déclinaisons horizontales et verticales, ainsi que le travail avec des optiques anamorphiques.

 

La Sony FX5, nouvelle caméra cinéma de 750 g

 

 

La caméra travaille aussi en plein format 17:9 ou 16:9, ainsi qu’en Super 35. « L’Open Gate sert à produire des versions verticales et horizontales, mais aussi à travailler en anamorphique », souligne Fabrice Abuaf. Une compensation d’affichage couvre en effet les facteurs de désanamorphose 1,3×, 1,5×, 1,6×, 1,8× et 2×.

 

Au lancement de la caméra, l’Open Gate 5K sera accessible en X-OCN jusqu’à 60p. Un firmware 2.0 portera ensuite cette cadence à 120p et ajoutera l’Open Gate 5K 60p en XAVC S-I.

 

 

 

Le X-OCN 16 bits sans enregistreur externe

 

L’enregistrement du RAW X-OCN sera possible directement dans la caméra. Sur ce terrain, la FX5 rejoint la Burano et la Venice, avec deux logements hybrides SD/CFexpress Type A.

 

 

La Sony FX5, nouvelle caméra cinéma de 750 g

 

 

Aux côtés du X-OCN LT, apparaissent également des variantes plus compressées : les C1 et C2. Elles conservent une profondeur de 16 bits, mais réduisent considérablement les débits, les besoins en stockage et les temps de transfert. La caméra peut ainsi préserver la latitude du RAW pour l’étalonnage ou les effets visuels sans imposer une infrastructure de données disproportionnée. « Les formats C1 et C2 permettent de travailler avec des débits plus faciles à gérer », explique Fabrice Abuaf.

 

Une FX5 utilisée comme caméra B ou C aux côtés de Venice ou de Burano peut ainsi conserver un environnement X-OCN commun. Au lancement, elle enregistrera également en 4K jusqu’à 120p et en Full HD jusqu’à 240p. Le futur firmware doit ajouter la 4K 240p en X-OCN.

 

 

Une ergonomie qui s’affranchit définitivement de l’univers Alpha

 

Du côté de l’exploitation, Sony abandonne avec la FX5 l’interface héritée des Alpha. Les commandes Clip, Menu, Home et User apparaissent avec une molette cliquable. On retrouve à l’écran des informations sur la fréquence d’images, l’obturation, la sensibilité, la balance des blancs, le look et la LUT, dans une interface qui reprend les menus de la Burano et de la Venice. Son écran tactile 16:9 de 3,5 pouces et 2,76 millions de points évite la perte de surface utile observée sur l’écran 4:3 de la FX3.

Quatre nouvelles fonctions de monitoring rejoignent l’histogramme, les zébras et le peaking…

 

 

La Sony FX5, nouvelle caméra cinéma de 750 g

 

Autofocus, stabilisation : la technologie au service des équipes légères

 

Grâce à l’unité IA du Bionz XR2, l’autofocus reconnaît les humains et les animaux, et maintient le suivi même lorsque les yeux ne sont plus visibles. Cette assistance sera très appréciée en documentaire, en interview, en prise de vues animalière ou lorsqu’un opérateur travaille seul.

 

La stabilisation mécanique sur cinq axes peut être complétée par les modes numériques Actif et Dynamique Actif. Ce dernier applique le recadrage le plus marqué en résolution 4K. En Open Gate 5K, seule la stabilisation mécanique demeure disponible.

 

Par ailleurs, ce boîtier de 132,3 × 79 × 86,95 mm pèse 750 g, soit seulement 35 g de plus que la FX3A. Un second pas de vis sous la caméra l’empêche de pivoter sur sa platine. Le refroidissement actif s’effectue dans une chambre séparée afin de soutenir les longues prises.

 

 

De nouveaux workflows, avec quelques arbitrages

 

La connectique rassemble une sortie HDMI, des prises microphone et casque, deux ports USB-C et un port Ethernet. La prise en charge du wi-fi 6 et de la bande des 6 GHz doit accélérer les transferts. En revanche, l’absence de SDI et de filtre ND variable intégré marque une frontière claire avec la FX6.

 

 

La Sony FX5, nouvelle caméra cinéma de 750 g
Connexion sans fil : la prise en charge du wi-fi 6 et de la bande des 6 GHz vise à accélérer et sécuriser le transfert des fichiers vidéo volumineux. © Sony

 

 

La nouvelle batterie NP-SA100 de 2 670 mAh offre une capacité de 20 à 30 % supérieure à celle de la NP-FZ100. Sony envisage près de trois heures d’enregistrement selon la configuration, et la charge rapide permettrait de retrouver 80 % de sa capacité en une heure.

 

La poignée XLR-H2 proposera deux entrées combo XLR/TRS et quatre canaux jusqu’à 96 kHz en 32 bits flottants. Un viseur OLED DVF-EL1 de 7,08 millions de points est également annoncé. Il occupera toutefois la même position centrale que la poignée : les deux accessoires ne pourront pas être montés simultanément. Un câble USB-C vers BNC permettra enfin de recevoir un timecode externe.

 

 

 

Entre FX3 et FX6, une place qui lui est propre

 

La FX5 ne remplace ni la FX3 ni la FX6. Elle vise les réalisateurs, chefs opérateurs et documentaristes indépendants, ainsi que les sociétés de production. Sur une fiction ou une production broadcast, elle peut aussi devenir une caméra B ou C facile à placer sur un drone, un véhicule ou dans un décor exigu.

 

 

La Sony FX5, nouvelle caméra cinéma de 750 g
Des fonctions cinéma avancées réunies dans un boîtier compact. © DR

 

 

La Sony FX5, nouvelle caméra cinéma de 750 g

 

 

En bref…

 

La FX5 s’adresse aux utilisateurs prêts à adopter une ergonomie exclusivement vidéo avec des workflows exigeants. Elle emprunte aux Venice et Burano le X-OCN et l’organisation des menus. Face à la FX6, elle privilégie l’Open Gate, la stabilisation et la compacité ; sa grande sœur conserve le ND variable, le SDI et une architecture mieux adaptée aux productions équipées.

 

La FX5 ne comble pas simplement un vide tarifaire : elle ouvre une passerelle entre le créateur autonome et le plateau de cinéma. Dans un boîtier de 750 g, elle réunit des fonctions qui imposaient hier un appareil plus lourd et une chaîne de production plus complexe. Son principal défi sera de transformer son excellence technique en agilité réelle sur le terrain.

 

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #68, p.20 – 22

 

 

Sony vous présentera la FX5 sur le SATIS – Stand B0 et C2 , Dock Pullman

Le Salon des Technologies de l’Image et du Son vous donne rendez-vous les 4 et 5 novembre 2026 aux Docks de Paris.

www.satisexpo.com

 

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