Cartoon Movie: le pari des Films d’Ici sur les films d’animation pour adultes

Initiés par les Films d'Ici, trois projets de films d'animation pour adultes ont été présentés en phases de concept, développement et production lors du Cartoon Movie (qui s'est déroulé du 2 au 4 mars à Lyon) : La sirène de Sepideh Farsi, Au cœur des ténèbres de Rogério Nunes, et Funan, le nouveau peuple de Denis Do. Rencontre avec le producteur Sébastien Onomo...
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Publié le 20/03/2016

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Mediakwest : Pourquoi cette orientation alors que les films d’animation français peinent à trouver leur public ?

Sébastien Onomo : Le public nourri aux séries d’animation est en attente d’histoires fortes et singulières. Malgré la dureté des sujets abordés (ici la résistance en Iran, le Cambodge sous les khmers rouges…), celles-ci véhiculent des valeurs universelles. C’est à partir de cette idée que je produis ces films. Venant du documentaire et de la fiction, j’essaie aborder le genre avec des méthodologies de travail différentes.

 

MK : Que faut-il revoir pour que l’animation rencontre son public ?

S.O. : Il ne s’agit pas d’un déficit de qualité : les meilleurs talents se trouvent en France ! L’une des clés pour le succès d’un film d’animation en salle consisterait à mettre en place, beaucoup plus en amont, des stratégies de production avec tous les partenaires, à l’instar de ce qui se pratique aux USA, en Afrique du Sud, au Brésil, voire en Chine. Comme nous ne disposons pas de budgets équivalents, il s’agit de se montrer créatifs. L’animation pour adultes fait partie de ces chantiers où l’on peut encore être pionniers et leaders.

 

MK : S’agit-il aussi d’inventer de nouveaux modèles de production ?

S.O. : Oui ! Nos séries d’animation marchent bien et permettent d’entretenir une industrie. Mais, ce qui fait rêver le public, c’est le cinéma ! Or, le modèle français commence à se montrer obsolète sur un marché devenu très concurrentiel. Les pays scandinaves produisent des projets aboutis dans des économies dépassant rarement les 3 millions d’euros. L’animation française doit se remettre en question.

 

MK : Funan, le nouveau peuple (5 millions d’euros) entre en production ce mois-ci alors qu’il n’a pas de diffuseur. Peut-on produire sans diffuseur ?

S.O. : Ce n’est pas la meilleure manière d’y arriver ! Un diffuseur apporte une plus grande exposition au film. Nous espérons le montrer à Cannes 2018. Une telle présentation est décisive pour le succès d’un film d’animation, comme en témoignent Valse avec Bashir et Persepolis.

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