« Belle et Sébastien », un nouvel opus dopé aux VFX (Partie 1)

Sur le nouveau Belle et Sébastien, sorti sur les écrans le 8 décembre 2015, non moins de 600 plans ont été truqués par le studio parisien Autre Chose. Focus sur ce travail de titan et, en deuxième partie, entretien avec Christophe Graillot, chef opérateur sur ce film.
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Réalisé par Christian Duguay, le long métrage pour enfants Belle et Sébastien, l’aventure continue s’annonçait d’emblée spectaculaire avec deux crashs d’avions et une forêt en feu. Le recours aux effets visuels était incontournable.

Le tournage réalisé en décors naturels a couru de début août à mi-octobre 2014, en présence de deux superviseurs d’Autre Chose, le studio parisien en charge de la fabrication des VFX. Les 300 plans truqués prévus au départ ont atteint les 600 au final, avec une large variété de trucages, depuis la correction d’anachronismes ou de défauts mineurs de tournage jusqu’à des séquences très impressionnantes, comme les plans de vols d’avion, de crashs, les matte-paintings, la forêt en flammes, l’exode des animaux, etc.

« En découvrant le premier montage rough, il est apparu que de nombreux plans devaient être retravaillés en postproduction. Certains plans ont été remplacés, d’autres ont pu être corrigés au Flame chez Eclair, avec des recadrages ou de petites corrections », souligne Jean-Baptiste Lère, producteur VFX chez Radar et Épithète Films, société productrice du film pour un budget d’environ 14 millions d’euros.

En arrivant après le tournage à la demande des producteurs, le rôle de Jean-Baptiste Lère sur ce film consistait à suivre et valider les plans présentés par Autre Chose, en coordination avec le réalisateur et le laboratoire Éclair. Matthias Weber, directeur de production chez Autre Chose, explique : « Afin de faire face à l’augmentation du nombre de plans, l’équipe a grossi jusqu’à une quarantaine de graphistes et la livraison prévue au départ en février a été repoussée en avril 2015 ».

 

Avions et forêt en flammes

Le premier mois de tournage, qui a servi à filmer le village et le chalet de César, s’est tenu dans la vallée de la Maurienne et dans le massif de la Vanoise. Il a été suivi de six semaines de tournage à Oyonnax dans le Jura au lac Genin. Deux séquences furent particulièrement complexes à truquer : celles avec les deux avions, leurs vols et crashs. Ainsi Sébastien et Belle ne sont jamais montés en vrai dans l’avion de Pierre. La séquence a été obtenue en mixant des plans d’incrustation tournés au sol (y compris la bagarre) avec des plans de l’avion en vol filmés depuis un hélicoptère.

« Cette bagarre en vol entre Pierre et Sébastien a nécessité un gros travail de recherche sur les roughs et les pelures, afin de retrouver les prises qui correspondaient avec l’avion qui tanguait. Pour la scène où l’avion de Pierre se crashe, l’appareil a été réalisé entièrement en 3D », détaille Stéphane Bidault, superviseur VFX chez Autre Chose.

Très présente dans l’histoire, la forêt en flammes a été obtenue avec une base de flammes réelles, réalisées avec des rampes à gaz dissimulées derrière les arbres par l’équipe d’effets spéciaux de Guy Monbillard. La postproduction a servi à renforcer la crédibilité de ces prises en ajoutant d’autres flammes mais aussi des tisons, des braises rougeoyantes, des troncs d’arbres calcinés, des particules incandescentes qui volent autour des comédiens et des branches qui tombent à leurs pieds. « La 3D permettait de rendre les plans davantage spectaculaires et plus cohérents, en particulier pour faire ressentir l’effet d’un vent violent orientant fortement la fumée. Tout en évitant de faire trop angoissant car il s’agit d’un film pour enfants », confie Stéphane Bidault.

 

Nombreux décors naturels

Parmi les autres scènes complexes, figurent le plan de radeau sous la lune avec la forêt en feu en arrière-plan, réalisé avec un très beau matte-painting ; le plan d’exode des animaux conçu en multipasses avec deux caméras fixes et une multiplication de certains animaux en postproduction.

« Les animaux qui fuient l’incendie ont été filmés un par un, mais tout bougeait, l’eau de la rivière et la fumée n’étaient pas identiques d’un plan sur l’autre. Le tournage a duré toute la journée avec une lumière qui variait. Tout ceci a été assemblé en postproduction avec une rotoscopie très précise » assure le chef opérateur Christophe Graillot.

Une autre scène compliquée est celle où Sébastien monte en haut d’un arbre secoué par un fort vent afin de savoir vers où ils doivent se diriger. « La fin de cette scène où les dentelles sont découvertes en 3D dans les lointains, a été filmée sur un fond bleu à la grue, avec un panorama du paysage et de puissants ventilateurs. La rotoscopie a été très fine et très lourde, vu qu’il fallait détourer les cheveux, les feuilles, les branches… », précise Stéphane Bidault.

Le lieu le plus complexe à truquer fut celui de la grotte menacée par les flammes, avec sa faille et la fuite des acteurs devant la fumée pour trouver une sortie. La scène a été tournée en sept endroits différents avec des prises qu’il a fallu raccorder, mais aussi modifier et magnifier.

« Ainsi la grotte réelle comportait une vraie faille, mais pas assez profonde, pas assez spectaculaire. Il a fallu l’amplifier et effacer les câbles et filets de sécurité… Le lieu était peu pratique, de dimensions réduites ; c’était une gageure de rendre cette scène réaliste », avoue Stéphane Bidault. La postproduction a permis d’amplifier l’oppression, avec l’arbre en feu qui tombe et les flammes 3D qui manquent de les engloutir pendant leur fuite dans le boyau jusqu’à l’explosion finale.

Lire la suite demain (le 26/02/2016) : • Belle et Sébastien, l’aventure continue… avec Christophe Graillot, chef opérateur

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