Deux nouvelles aides du CNC pour les scénaristes de télévision

Depuis le 15 octobre 2012, le Fonds d'Aide à l'Innovation Audiovisuelle du CNC s'est doté de deux nouveaux guichets destinés aux scénaristes de télévision : l'aide au concept et l'aide à la réécriture. Une nouvelle opportunité pour les auteurs d'être accompagnés dans leurs parcours d'écriture.
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Le Fonds d’Aide à l’Innovation Audiovisuelle (FAIA) a été créé en 2005, à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication ainsi que du CNC, en concertation avec l’ensemble des professionnels tels que la SACD ou la Guilde des scénaristes. Il a pour mission d’encourager, à travers des aides à l’écriture, pour les auteurs et au développement, pour les producteurs, des projets de séries (de tous formats) et des unitaires, destinés à la télévision (fiction, animation, documentaire). Alice Delalande, chargée de mission du FAIA au CNC, se souvient de sa création « nous avons cherché quels formats la télévision française pouvait développer en fiction car les modèles existants arrivaient en fin de cycle : il y avait un fort enjeu sur les séries, les héros récurrents, etc. Mais il y avait aussi un travail à faire sur les autres genres que sont l’animation et le documentaire. Le FAIA a donc consisté en un renforcement de l’aide qui existait préalablement pour le documentaire et en la création d’un nouveau dispositif pour les genres de la fiction et de l’animation, à destination de la télévision ».

Une réforme de fond : apporter des talents au marché 

Le nouveau décret du 15 octobre 2012 est une réforme du dispositif initial du FAIA, engagée suite au rapport Chevalier sur la fiction française*. Il propose deux aides supplémentaires pour les auteurs, mais pas seulement. L’objectif est aussi d’aider les scénaristes dans les différentes phases de conception de leurs projets et de soutenir le secteur de l’audiovisuel. Alice Delalande explique : « suite à 5 ans d’existence du FAIA, nous avons fait un bilan de son efficacité. Nous avons constaté que le mot « innovant » était souvent mal compris. Certains projets envoyés étaient par exemple expérimentaux ou relatifs aux nouvelles technologies. En fiction, il y avait beaucoup de projets novateurs mais pas assez de prise en compte du media auquel ils s’adressaient. Le FAIA doit soutenir les projets télévisuels dans toute leur diversité, à l’image de la télévision d’aujourd’hui, dont les cases et les publics sont variés ».

*Rapport Chevalier : www.cnc.fr/web/fr/actualites

Alice Delalande ajoute « Nous voulions aussi renforcer le suivi et l’accompagnement des projets et offrir un vrai retour aux auteurs, émergents ou plus aguerris, qui prennent des risques dans leurs créations. En cela, l’investissement du Président de la commission fiction – Frédéric Krivine – est tout à fait exemplaire, car beaucoup de temps est investi pour accompagner, écouter et conseiller les auteurs soutenus. Le FAIA ne fait pas seulement émerger des œuvres, il contribue aussi à rendre plus visibles les talents. Prenons comme exemple le projet aidé d’un auteur qui n’avait rien réalisé pour la télévision : Rodolphe Tissot. Il a été soutenu au FAIA pour La tueuse, un film qu’il a ensuite écrit et réalisé sur Arte et qui a un connu un succès tant critique que d’audience. Cet auteur a ensuite co-écrit et réalisé la série Ainsi-soient-ils, toujours pour Arte, car la chaîne avait apprécié le travail effectué sur son premier film. »

La tueusewww.cinemotions.com/media/video/129741/La-Tueuse-Bande-annonce
Ainsi soient-ils : www.arte.tv/fr/ainsi-soient-ils

Deux nouveautés : l’aide au concept et l’aide à la réécriture 

L’aide au concept, d’un montant de 5 000 euros, est un coup de pouce pour inciter les auteurs à développer un projet. Ils doivent envoyer un dossier de 10/12 pages. Alice Delalande souligne que « cette aide se situe en amont de l’aide à l’écriture, qui se monte jusqu’à 30 000 euros et pour laquelle l’auteur doit présenter un projet de 20/25 pages et s’engager à développer un scénario ». Si l’auteur bénéficie de l’aide au concept, il peut ensuite, soit se tourner vers un producteur, soit se diriger vers l’aide à l’écriture. « On ne sait pas combien de projets seront déposés lors des premiers dépôts pour l’aide au concept (le calendrier 2013 paraîtra fin novembre 2012 sur le site du CNC) mais force est de constater que le nombre de demandes suit un mouvement ascendant depuis 2011 : pour l’aide à l’écriture par exemple, elles ont été multipliées par 3 » (50 projets ont été déposés en 2010, 150 en 2012).

L’aide à la réécriture, de 15 000 à 30 000 euros selon les formats, est née d’un double constat : « D’une part, des projets qui arrivaient trop tôt sur le marché, pas assez matures et qui n’avaient aucune chance de convaincre les diffuseurs. D’autre part, lorsque les producteurs nous demandaient l’aide au développement, nous constations que cela revenait souvent à octroyer une aide à la réécriture. Nous avons donc mis en place cette aide, indépendamment de l’aide au développement et versée directement à l’auteur, afin de rendre à l’aide au développement sa fonction initiale : accompagner les projets portés par les producteurs dans une phase de développement pluridisciplinaire, qui peut, par exemple, comprendre la fabrication d’un pilote entre autres dépenses et qui leur permette, sur de solides bases en écriture, de financer tout complément qui soit un plus pour convaincre les chaînes de les suivre » commente la chargée de mission du CNC.
L’aide à la réécriture nécessite pour l’auteur de se présenter avec un projet développé et un parrain accompagnant (scénariste, réalisateur ou producteur pouvant justifier d’une expérience dans le domaine de la création audiovisuelle et/ou cinématographique), un diagnostic de son projet et des réflexions sur ce qui pourrait l’améliorer.

Quels projets pour quelles conditions ?

Le CNC sélectionne des concepts de séries « personnels, empathiques et investis ». Mais l’auteur doit être capable de poser clairement les jalons de la future série, avec en priorité un projet dramatique clair et efficace, une mécanique qui tient la route et des personnages forts. Selon Alice Delalande, le CNC recherche « une originalité, une personnalité, une sensibilité, des personnages qui ont une vraie épaisseur. L’innovation ne dépend pas que d’un seul critère, mais de plusieurs paramètres recherchés par les commissions dans les projets : personnalité, originalité, empathie, potentialité de conflits, cohérence globale, clarté, adaptation au média TV ».

Les aides au concept, à l’écriture et à la réécriture sont destinées aux auteurs. L’aide au développement concerne les producteurs. Pour les deux premières, les dossiers sont envoyés anonymement. « Pas en réécriture, ni en développement, puisque l’idée, c’est d’aider et d’accompagner vers le marché, des projets d’auteurs souvent déjà soutenus par le fonds, développés par des producteurs dont il faut pouvoir apprécier le professionnalisme et le bagage créatif, même si ce sont de nouveaux entrants » souligne Alice Delalande. Un même auteur peut cumuler deux des trois aides à l’écriture ou peut directement se présenter à l’une d’entre elles. Le jury change tous les deux ans et il existe une commission d’experts par genre : fiction, animation, documentaire.

Les comités d’experts des 3 commissions :

Fiction : www.cnc.fr/web/fr/composition-du-comite-d-experts
Documentaire :www.cnc.fr/web/fr/composition-de-la-commission
Animation : www.cnc.fr/web/fr/composition-du-comite-d-experts

Exemple de projets de fictions aidés, diffusés ou préparation :

Tiger Lily’s – Série bientôt diffusée sur France 2
www.allocine.fr/series/ficheserie

Comme un air d’autoroute
– Unitaire – Astharté & compagnie / Les films d’Avalon, bientôt diffusé sur Arte
Vestiaires
– Série – Astharté & compagnie / Les films d’Avalon – FTV
www.lesfilmsdavalon.fr

L’animation : un modèle à suivre

Dans le secteur de l’animation, les jeunes auteurs sont très formés aux nouveaux outils grâce à un réseau d’écoles d’animation de qualité, reconnues par le milieu professionnel (cf. site : www.reca-animation.fr). Par ailleurs, la collaboration intergénérationnelle et interprofessionnelle est une nécessité ancrée depuis longtemps dans les habitudes du métier, de même que le travail en ateliers. Enfin, les producteurs sont très responsabilisés. Ils montent des projets à l’international et sont très investis, notamment dans des événements annuels comme le Forum Cartoon. (cf. site www.cartoon-media.eu). Les propositions sont, de ce fait, très ambitieuses car il s’agit de convaincre des partenaires français, mais aussi étrangers. Les projets envoyés au CNC sont donc très aboutis. Alice Delalande constate : « C’est une réussite, 25 à 30 % des projets aidés en animation ont su convaincre le marché et sont en développement ou en production avec des partenaires diffuseurs ! ». Depuis 2009, le FAIA animation s’est ouvert aux courts-métrages alors qu’avant cette date, l’aide ne s’adressait qu’aux séries TV ou aux unitaires de 26′, qui restent cependant les formats privilégiés par le dispositif.

Exemple de projets d’animation aidés, diffusés ou préparation :

Garage Club – Pinka Nickelodeon – FTV
www.pinka-prod.com

Michel
– Folimage – Canal +
folimage.over-blog.com

Les grandes grandes vacances – série – Les Armateurs – FTV
newsletter.magelis.org

Juliette 2.0 – Parmi les lucioles films – série – Arte
www.folimage.fr

Mily miss questions – Ciel de Paris production – série – FTV
cargocollective.com

Bang bang, court métrage – Caïmans productions – Arte
www.cnc.fr/web/fr/24-octobre-2012

Quelques Chiffres

Le budget du FAIA se monte à 4 millions d’euros : 3 millions pour la fiction, 500 000 pour l’animation, 500 000 pour le documentaire. Il existe 2 sessions annuelles pour chaque type d’aide, sauf pour l’aide à l’écriture fiction qui bénéficie de 3 sessions.

En fiction, près de 200 projets ont été soutenus depuis 2005, à hauteur de 21 500 € en moyenne par projet pour une aide à l’écriture destinée aux auteurs. Une quarantaine d’entre eux ont bénéficié d’une aide au développement, d’un montant moyen de 33 000 € par projet pour les producteurs. Le taux de sélection a en moyenne doublé entre 2010 et 2012 sur l’aide à l’écriture. Il est actuellement de 20%. Ce taux est resté stable pour l’aide au développement où, en moyenne, 60% des projets déposés sont soutenus.

En animation, une soixantaine de projets ont été soutenus depuis 2005, à hauteur de 11 500 € en moyenne par projet, pour une aide à l’écriture destinée aux auteurs. Une cinquantaine de projets ont bénéficié d’une aide au développement d’un montant moyen de 23 000 € par projet, pour les producteurs. Il ne s’agit pas nécessairement de projets ayant bénéficié au préalable d’une aide à l’écriture puisque les producteurs d’animation bénéficient d’un accès direct à ce guichet. Le taux de sélection est en moyenne de 15% sur l’aide à l’écriture et de 60% sur l’aide au développement.

Pour en savoir plus

www.cnc.fr/web/fr/audiovisuel
www.cnc.fr/web/fr/publications

Liens FAIA fiction : www.cnc.fr
Documentaire : www.cnc.fr/documentaire
Animation : www.cnc.fr/animation