Embrace, des outils naturellement cloud !

Avant même l’apparition de la crise sanitaire, le travail à distance était déjà bien ancré chez Embrace, une dizaine de personnes travaillant pour l’entreprise, à Paris, Londres, Barcelone et Madagascar !
Mains du robot et de l’homme, emblématiques de la marque Embrace. © Embrace

Éditeur de logiciels français résolument moderne et global, Embrace fête ses cinq ans en septembre 2020. À l’inverse des entreprises existantes qui ont dû adapter leurs solutions aux enjeux du cloud, Embrace développe depuis le début ses outils selon l’état de l’art technologique, avec des services et des API ouverts et des interfaces en HTML5. Ils peuvent ainsi être déployés dans les infrastructures des entreprises ou tout aussi simplement, dans les nuages.

Débutons par une citation de François Billard Madrières, un des cofondateurs de l’entreprise : « Dieu a créé le monde en sept jours, car il n’y avait pas de reprise de l’existant ! » Nous avons eu l’honneur d’être reçus par les trois créateurs d’Embrace, François Billard-Madrières, Julien Gachot et Frédéric Crétet.

 

Quelle est la démarche d’Embrace ?

Nous proposons des solutions d’automatisation et de collaboration qui œuvrent à la transformation numérique de l’industrie média. Depuis 2019, notre chiffre d’affaires est exactement équilibré entre la France et l’étranger. Depuis le départ, nous pensons en premier lieu à l’utilisateur en proposant des traductions techniques modernes de nos recherches. C’est une approche singulière pour l’industrie des médias qui se décline en trois produits : Automate-IT, Share-IT et Pulse-IT qui est notre nouvel outil d’orchestration de workflow visant à réunir les utilisateurs, les systèmes, et les processus d’entreprise dans une seule plate-forme.

En septembre 2019, nous avons opéré un « rebranding » de l’entreprise, fruit d’une réflexion entamée en 2018. Nous pensions que notre identité de marque ne représentait pas fidèlement notre ADN et l’engagement avec nos clients. Notre nouveau nom et notre nouvelle identité visuelle illustrent notre souhait de prendre part de manière active à la transformation de l’industrie des médias.

Notre photo emblématique de la main humaine avec la main du robot illustre le fait que l’automatisation est aussi conçue pour apporter de l’humanité dans les workflows métiers. L’automatisation vise à retirer toutes les tâches non créatives pour libérer l’expression des meilleurs talents. Nous travaillons à masquer la sophistication des workflows techniques pour les rendre extrêmement simples d’usage et permettre de casser les silos fonctionnels.

 

Pouvez-vous détailler vos trois produits ?

Automate-IT est une plate-forme basée sur les technologies Adobe permettant d’automatiser le processus d’assemblage et de distribution de vidéos personnalisées, notamment des bandes-annonces. Plus de 500 000 BA ont déjà été fabriquées automatiquement par nos clients depuis la commercialisation de notre plate-forme !

Notre deuxième solution appelée Share-IT permet de connecter les postes créatifs Adobe avec Avid Media Central I Production Management. Cela se matérialise par une architecture « client serveur » permettant à un graphiste de consulter et récupérer des médias directement depuis After Effects ou Photoshop depuis un espace de stockage Avid Nexis ou Avid MediaCentral (anciennement Interplay). L’utilisateur rapatrie les éléments qui l’intéressent et livre son travail sans jamais quitter le monde Adobe. Les serveurs Share-IT Engine assurent la livraison au bon format image et son, au bon endroit, avec le bon nommage et dans le respect des besoins des administrateurs systèmes, notamment en matière de sécurité et de sécurisation.

Notre troisième plate-forme, Pulse-IT, commercialisée simultanément au Rebranding Embrace, est une solution d’orchestration de workflow. Notre analyse de l’offre existante qui propose d’excellentes réponses technologiques au pilotage de workflows techniques, mais que seules les équipes d’ingénierie ou les techniciens étaient capables de designer, opérer et superviser. Il manquait d’après nous un critère essentiel que nous offrons avec Pulse-IT : la possibilité de faire interagir n’importe quelle personne dans l’organisation avec les workflows techniques de n’importe quel système d’information, à partir de n’importe quel ordinateur en local ou à distance et de manière extrêmement simple.

 

Pouvez-vous présenter concrètement le fonctionnement de Pulse-IT ?

Nous proposons un outil d’authoring CSS intégré à une interface HTML qui permet à nos utilisateurs de créer eux-mêmes, via des formulaires intégrés à leur charte graphique, les processus répondant à leurs besoins internes. Nous avons imaginé Pulse-IT pour que les formulaires soient à l’usage de n’importe quel utilisateur dans l’entreprise : un assistant, un monteur, un graphiste, un directeur artistique, un directeur technique. N’importe qui peut ainsi déclencher les workflows techniques paramétrés par leur équipe d’ingénierie.

En parallèle, nous étions obsédés de minimiser la dépendance des clients à l’éditeur. Ainsi, l’architecture technique proposée par Pulse-IT permet à nos clients, nos intégrateurs et nos revendeurs de paramétrer leurs workflows de manière autonome, sans faire appel à nous ou nous acheter des options. Cette approche nous apparaît comme résolument moderne et singulière par rapport à nos confrères. Ces deux aspects expliquent probablement le succès immédiat rencontré par Pulse-IT.

 

Auriez-vous des exemples concrets ?

Un de nos clients nord-américains possède cinq systèmes de production. Ils ont dessiné en toute autonomie plusieurs workflows techniques autour de séquences singulièrement sophistiquées et de nombreuses interactions avec les utilisateurs. Grâce aux connecteurs universels fournis en standard avec la plate-forme, ils ont su piloter seuls l’intégration avec de nombreux produits tels que Telestream Vantage, Aspera Orchestrator, Adobe Premiere Pro en utilisant l’API du constructeur, Signiant et Microsoft Teams. Notre client est ravi ! Cela lui a permis de casser des silos dans l’organisation et de superviser en temps réel l’entièreté du processus interne de postproduction. Confronté à un besoin métier ou un enjeu d’efficacité opérationnelle, il est capable, avec le couteau suisse Pulse-IT, d’y apporter une réponse rapidement.

 

Et en France ?

Grâce à Pulse-IT, la société de services Red Bee Media a permis à son client, Canal+ International, dès le lendemain du confinement au mois de mars, de superviser l’ensemble de la fabrication de la postproduction opérée sur leur site ou par des freelances en télétravail. Il leur a suffi de 24 heures pour créer un nouveau formulaire autorisant l’interaction entre les équipes soudainement confinées, avec toutes les possibilités de validation et de collaboration à distance. Pulse-IT est un moteur d’orchestration de workflow métier dont la promesse est de réunir les utilisateurs, les systèmes et les processus, et ça c’est unique !

 

En quoi vos solutions sont-elles nativement adaptées au cloud ?

Nous avons commencé à développer Automate-IT en optant dès le départ pour une interface en HTML5 et des technologies serveur standard et largement répandues. Notre approche DevOps permet de tirer pleinement parti des architectures de clouds publics tant en matière de déploiement que de souplesse d’usage pour monter ou descendre très rapidement en charge.

Nous sommes particulièrement attentifs aux enjeux de sécurité et sommes conformes avec tous les standards de sécurité indispensables ; toutes les connexions sont cryptées et authentifiées ; notre système est accessible depuis l’Internet public, sans compromettre la sécurité des systèmes d’information de nos clients. Sans ce choix, nous n’aurions pas pu permettre les déploiements opérés par nos clients autour du confinement.

Share-IT fonctionne en mode client-serveur, via l’installation d’une extension dans la plate-forme Adobe et d’un serveur Share-IT Engine dans les infrastructures de l’entreprise. Pulse-IT, comme Automate-IT, fonctionne sur un serveur hébergé dans une VM sous Linux auquel on accède via un navigateur web, sans client lourd.

Notre premier produit Automate-IT est une solution d’automatisation des processus d’autopromotion pensée et designée pour opérer dans des clouds publics. Même si au départ la majorité des clients les ont utilisés dans leurs infrastructures, l’architecture a été pensée dès le départ pour les clouds publics et pas on premise. Quand les plates-formes sont adaptées aux infrastructures de cloud public, elles s’exécutent parfaitement dans les infrastructures des clients.

 

Vous êtes partenaire d’AWS. Pourquoi ce choix ?

Nous avons choisi AWS comme partenaire stratégique de manière très pragmatique. Nous observons que la majorité de nos clients de l’univers du Media & Entertainment utilise les architectures de cloud public proposées par AWS. Solution particulièrement efficace, nous avons validé l’hébergement de nos plates-formes pour fonctionner dans AWS. Quelqu’un qui travaille aujourd’hui on premise peut migrer dans un cloud public et avoir la même expérience avec nos applicatifs.

Depuis cinq ans, nous travaillons en permanence pour faciliter les montées en charge. En cas de besoin événementiel, sportif par exemple, il est possible d’ajouter des capacités de calcul très facilement, en moins d’une heure. Nos interlocuteurs AWS nous apportent, quant à eux, des réponses techniques, des plates-formes de tests et de l’assistance pour appréhender leur architecture et permettre à nos solutions de s’épanouir dans leur cloud.

 

J’apprécie, dans notre échange, la compréhension technique de concepts qui restent parfois abstraits. Seriez-vous d’accord pour nous présenter simplement ce qu’est le cloud ? Le cloud pour les nuls !

Ce sont des VM (machines virtuelles) hébergées « quelque part » en dehors du site physique de l’utilisateur. Un des grands intérêts du cloud, c’est de gérer l’élasticité de la demande : que se passe-t-il quand mes besoins en puissance augmentent ou diminuent ? Un second intérêt, c’est la mise à disposition d’un CDN (content delivery network) pour accélérer les accès aux données, et les rendre disponibles via d’énormes infrastructures au plus près des gens qui souhaitent y accéder.

Chez Embrace, nous installons nos solutions sur des VM dans le cloud pour pouvoir utiliser son élasticité. Notre architecture étant conçue autour d’un serveur central et de multiples nodes de calcul ; il suffit d’augmenter dynamiquement le nombre de nodes pour répondre à l’accroissement des besoins.

Il faut distinguer, dans les clouds publics, deux parties : l’hébergement des solutions et l’utilisation des ressources. Nous privilégions, comme nous venons de l’évoquer, AWS pour l’hébergement, mais exploitons de nombreuses ressources de tous les clouds publics, AWS, Google Cloud et les autres. Nos plates-formes se connectent facilement aux services métier exploitant l’intelligence artificielle selon les besoins exprimés par nos clients : services de transcription, de sous-titrage, d’identification, de mise en conformité, de recadrage et de montage automatique.

Parmi les services testés, on peut citer les outils de stockage Wasabi et Backblaze B2 fonctionnant avec notre protocole S3 et les services de calcul cloud proposés par Nvidia, Google VI, Amazon Rekognition, Valossa, Speechmatics, etc. La réalité des architectures cloud sont l’hybridation avec du stockage on premise, le cerveau dans un cloud public connecté lui-même à des micro-services de stockage ou d’intelligence artificielle dans d’autres clouds selon leur pertinence. Nous notons enfin que nos clients apprécient particulièrement le côté prédictif des dépenses opérationnelles et l’absence de charges d’investissement (CapEx).

 

Comment les utilisateurs prennent-ils en main vos outils ?

Pour que notre offre fonctionne et que nous soyons fidèles à notre promesse, il nous est impératif de partager nos connaissances avec notre écosystème et nos utilisateurs. Nous avons ainsi développé un portail de ressources techniques extrêmement bien documenté, accessible à tous et gratuit. Nous délivrons également un programme de formation et de certification pour nos plates-formes Automate-IT et Pulse-IT accessible aux clients finaux, aux revendeurs et aux intégrateurs. Selon les besoins de nos clients, nous proposons aussi des « professional services », mais nous souhaitons avant tout rester concentrés sur notre métier d’éditeur de logiciels.

 

Extrait de notre dossier « Postproduction & Cloud » paru dans Mediakwest #37, p. 82-102. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.