Les films d’archive : Un chantier entrepris à Lyon par Lumières Numériques

 
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Publié le 05/12/2013

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Engagée dans la très belle image, la jeune société de restauration Lumières Numériques se fait une place aux côtés des plus grands laboratoires.

 

Avec son scanner Arriscan Archives 6K et l’ensemble de ses outils 4K cinéma, cette jeune société joue dans la cour des grands. En troisième position sur le marché français en nombre de restaurations attribuées par le plan de numérisation du patrimoine du CNC, Lumières Numériques revendique un très haut niveau de qualité. La société travaille, entre autres, pour les Films du Losange, pour qui elle vient de restaurer quatre films d’Eric Rohmer, dont un inédit : La sonate à Kreutzer, réalisé en 1956 et entièrement restauré à partir des négatifs trouvés dans un grenier. Le défi technique, consistant à faire aboutir une oeuvre qui était restée à l’état de copie de travail, a nécessité un remontage minutieux. Des choix d’étalonnage et de traitement du son ont dû être faits, dans un esprit de respect de l’époque et de l’histoire de l’œuvre. Ce court-métrage, ainsi que les trois autres restaurés par Lumières Numériques – Véronique et son cancre (1958), Nadja à Paris (1964) et Fermière à Montfaucon (1967) – sont à découvrir dans le coffret DVD et Blu-ray des éditions Potemkine reprenant l’intégrale d’Eric Rohmer (sortie le 5 novembre).

En parallèle de son activité de postproduction de long-métrages, l’entreprise travaille actuellement sur le nouveau film de Luc Jacquet qui, après la Marche de l’Empereur, s’intéresse à nouveau aux paysages d’Antarctique, cette fois pour un film historique. En préparation du tournage, Lumières Numériques a donc numérisé de nombreuses archives en 8 et 16mm, certaines très abîmées, réalisées parfois dans les conditions extrêmes du Pôle Sud. La société est équipée du scanner Arriscan Archives 6K avec fenêtre humide pour l’immersion et porte sans perforation pour les pellicules 35mm les plus abîmées – le seul scanner Arri de ce type en France. Le stockage se fait sur un SAN de 3×36 To en RAID60 géré par MetaSan de Tiger Technology, avec sécurisation sur LTO5/6 en TAR/ LTFS non propriétaire. L’étalonnage se fait sous DaVinci Resolve triple GPU avec un moniteur de référence Grade 1 Barco RHDM. Le serveur Doremi Showvault 4K est connecté via IMB au projecteur Barco DP4K19B. Lumières Numériques est basée dans le Pôle Pixel à Lyon, aux côtés des plateaux de tournage de Rhône-Alpes Studio, de Pilon Cinéma, de Filmor Num et de nombreuses entreprises du secteur audiovisuel. Lyon étant la ville où s’est créé le nom du cinématographe, où est installé l’Institut Lumière et où se tient chaque année le Festival Lumière. Son installation dans ce lieu lui permet des interactions avec les entreprises voisines. Ainsi, Lumières Numériques prête parfois ses locaux pour des tests caméras, de la gestion de rushes ou encore du visionnage 4K dans sa salle de projection. Lumières Numériques a décidé de faire du haut de gamme sa marque de fabrique. C’est ainsi qu’elle accompagne les ayant-droits tout au long de leurs choix de restauration. Sa volonté est de toujours respecter l’esprit de l’époque, d’être au plus proche de l’oeuvre d’origine en termes de traitement de l’image et du son. Pour Pierre-Loïc Précausta, directeur et l’un des fondateurs de la société : « Il est important de pouvoir voir un film dans trois états : l’état numérisé, l’état restauré et, éventuellement, lorsque le réalisateur le souhaite, une nouvelle version. » L’enjeu étant de ne jamais faire disparaître la première version, mais de la conserver à des fins historiques. Le contre-exemple, c’est Georges Lucas, qui a totalement supprimé des archives la toute première version de Star Wars de 1977. Steven Spielberg, quant à lui, a regretté sa version remasterisée d’E.T. de 2002 dans laquelle la correction de certains effets spéciaux et des modifications profondes changeaient le sens du film (les fusils des adultes remplacés par des talkie-walkies lors de la course-poursuite finale). Il est revenu dessus en 2012 en souhaitant que les spectateurs regardent de préférence le film d’origine. Ce sont ces exemples, parmi d’autres, qui guident le choix de Lumières Numériques en termes de restauration. Ce choix, c’est la conscience qu’une œuvre est marquée par son époque, et que le travail du restaurateur est de s’attacher à la reconstituer au mieux, afin d’offrir aux nouvelles générations qui découvriront les films une expérience authentique.

 

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