Micro Salon 2026 © Denica Tacheva« La lampe, en tant qu’ampoule, est amenée à disparaître. » C’est le constat de Philippe Journet, directeur de l’agence télévision et cinéma chez le prestataire technique audiovisuel Impact Événements.
Sur les plateaux de tournage la LED a imposé de nouveaux workflows et, avec eux, une nouvelle répartition des rôles. Mais lorsque la source change, la chaîne de valeur bouge aussi.
La question n’est donc plus seulement de savoir qui fournit des projecteurs. Il s’agit de savoir comment la valeur de la lumière cinéma se redistribue entre loueurs, prestataires et nouveaux accompagnateurs techniques…
Impact Événements se situe à ce carrefour. Au début, le pari a consisté à ouvrir cette agence au cinéma en mettant, comme dit Philippe Journet, « toutes les compétences métiers au service des métiers du cinéma.»
La recette semble simple sur le papier. Lumière, structure, distribution électrique, vidéo, et en moindre mesure le son. En réalité, elle oblige à se glisser dans un écosystème déjà très structuré, celui des loueurs et des équipes image, puis à trouver sa place sans faire doublon.
La LED transforme la lumière en système
La bascule commence il y a une décennie selon Philippe Journet : « Ça fait dix ans qu’on est passé du tungstène, du HMI, à cette nouvelle génération de lumière LED. » Les premiers panneaux bicolores ont laissé place aux standards, « la grosse référence restant le SkyPanel » précise le directeur d’agence.
Puis les quantités ont explosé. « Au début, vous en avez un, vous en avez deux. Et puis il y a un moment où vous vous retrouvez avec 10, 15, 20… »
À partir de ce changement, la lumière a cessé d’être une addition de sources pour devenir, plutôt, un réseau piloté. Philippe Journet déroule la logique : « À partir du moment où vous avez la console lumière, la prochaine étape, c’est d’avoir des projecteurs asservis. »
Ces têtes motorisées sortent du spectacle pour entrer sur les tournages, parce que le rendu a progressé et que les workflows existent déjà.
Le calendrier est net. « 2020, 2021, Covid, post-Covid, il y a eu un vrai essor du projecteur asservi dans le milieu du cinéma. Ça a été flagrant. » rappelle Philippe Journet.
La pub a ouvert la voie, puis la fiction a suivi le chemin. Mais le directeur de l’agence télévision d’Impact souligne : « Les projecteurs asservis n’ont pas pour vocation de remplacer les projecteurs traditionnels. C’est un complément. »
La valeur se déplace vers l’accompagnement
La bataille ne se fait pas contre les loueurs, elle se fait avec eux. Philippe Journet insiste. « On travaille énormément avec tous les loueurs. Avec Transpa, Lumex, TSF, Pana, RVZ. »
Le rôle d’Impact se place ailleurs. La société revendique une place hybride, entre le parc matériel, la mise en œuvre et l’usage.
Ce positionnement devient utile quand les équipes cherchent moins un produit qu’une solution. « L’essence de notre métier est là. C’est trouver des solutions, des produits parfois moins connus en cinéma, et surtout trouver le bon usage. » Philippe Journet décrit un travail au contact des chefs opérateurs et chefs électro. « Eux, ils viennent avec une idée. Comment on peut la traduire à l’image. »
L’accompagnement passe par le conseil, mais surtout par l’essai, parce que l’automatique demande une prise en main.
Le terrain tranche vite. Impact Événements prête du matériel pour lever les doutes. Le dirigeant résume la mécanique d’adoption : « Chez Impact Événements on prête du matériel et vous le prenez pour 48 heures. Car il faut toujours passer par l’essai. »
L’objectif consiste alors à faire entrer l’outil « tout doucement dans les process, dans les habitudes du travail. »
La trajectoire de fond, Philippe Journet la voit comme inévitable. Sur les stands du Micro Salon, il ne voit plus de retour en arrière.
« Tous les projecteurs qui sont ici sont 100% LED. Il n’y a plus de projecteurs à lampe. La lampe, en tant qu’ampoule, elle est amenée à disparaître. Et il y a de nouveaux outils qui vont émerger. »










