En tournage avec l’émetteur miniature Lectrosonics SSM

Étonnamment compact, le SSM de Lectrosonics est un émetteur quasiment de la taille d’un briquet Zippo, ce qui lui a valu dès sa sortie d’être apprécié en TV réalité, sur les caméras cachées, et plus récemment en fiction. Essai en situation…*
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Publié le 24/07/2017

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Doté de la même puissance d’émission que ses grands frères, le petit SSM reprend également la technologie maison Digital Hybrid qui met en œuvre une transmission FM analogique d’un signal numérisé dans l’émetteur, puis reconverti in fine au niveau du récepteur ; alternativement, il peut travailler en mode IFB ou Sennheiser.

Il est disponible dans l’Hexagone depuis un peu plus d’un an. Sachant que la miniaturisation est souvent synonyme de compromis, il nous semblait intéressant de confronter ce modèle « Tom Pouce » en situation réelle : une série de fiction TV comprenant 25 épisodes de trois minutes dans laquelle interviennent au minimum deux comédiens, parfois plus. La configuration fournie par Tapages inclut donc une mixette/enregistreur Sound-Devices 664, deux récepteurs doubles SRc Lectrosonics, quatre émetteurs SSM et un Sennheiser MKH50 pour la perche.

 

Configuration

N’étant pas familier avec les produits Lectrosonics actuels, mes premiers contacts avec l’émetteur s’avèreront frustrants. En effet, quoique sans surprise pour un habitué de la marque, la configuration du petit SSM suppose d’entrer dans le menu Set Up, une opération impossible à réaliser pour les autres sans faire un détour vers le mode d’emploi.

Le nombre de caractères affichés sur le petit écran étant plutôt spartiate, les options proposées peuvent parfois sembler mystérieuses et demandent là encore d’avoir recours au manuel. Heureusement, un petit résumé collé à l’intérieur de la face arrière faisant office d’antisèche, l’ensemble s’apprivoise sans trop de peine et dévoile des possibilités intéressantes.

Outre la puissance d’émission HF qui s’échelonne entre 25 et 50 mW et laisse présager les mêmes portées que les émetteurs de taille standard du constructeur, le menu relatif aux entrées permet d’adapter finement l’émetteur à la source. On a ainsi directement le choix entre niveau ligne ou micro, mais avec, comme chez Wisycom, des présélections prenant en compte l’impédance, la sensibilité et le type d’alimentation correspondant aux principales capsules du marché. Outre le Cos 11 Sanken utilisé sur ce tournage, les options de configuration incluent également les DPA, Sennheiser, Countryman et même les micros dynamiques. Bien vu.

Comme sur tout système HF récent, la syntonisation des émetteurs s’effectue manuellement ou via synchro Infra-Rouge, après un scan des fréquences libres sur le récepteur. Comme toujours, la synchro via infra-rouge suppose de présenter l’émetteur à proximité et au bon moment, ce qui demande un peu d’habitude. Notons que la plage de 75 MHz disponible sur le SSM n’est pas de trop pour faire face aux conditions d’exploitation actuelles où l’on rencontre de plus en plus d’environnements perturbés sur le plan RF.

Une fois le set-up effectué, le retour au mode standard donne un accès rapide au réglage de la fréquence et du gain d’entrée de l’émetteur. Les niveaux audio et de batterie sont affichés à l’aide de petites Led, des indications moyennement précises que l’on peut éventuellement retrouver sur le récepteur SRc en renseignant le type d’accu utilisé…

 

Une autonomie intéressante

Évidemment, se présenter devant un comédien avec un petit boîtier tout léger d’à peine six centimètres de haut sur moins de quatre de large peut contribuer à faciliter les premiers contacts, d’autant que cette compacité permet d’envisager de nombreuses options pour le placement de cet émetteur : poches intérieures ou extérieures, ceintures, jarretières, etc.

Attention par contre à se munir du clip spécial « Antenna down » afin de pouvoir placer l’émetteur avec l’antenne vers le bas. Une fois maîtrisée l’ouverture de la trappe, le changement de la batterie est rapide. Ce petit accu Lithium-Ion de 3.7 V emprunté à l’industrie photo (on les retrouve sur bon nombre d’appareils de la gamme Nikon Coolpix) fournit suffisamment d’énergie pour six, voire sept heures d’autonomie, une très bonne surprise pour un produit aussi compact.

Munis de deux batteries par émetteur et d’un petit chargeur double, fournis par Tapages, le tournage n’aura nécessité aucune pile. Un bon point qui, outre la satisfaction purement écolo, permet de voyager plus léger et de s’affranchir du tri et du retraitement des piles usagées.

 

Facile à vivre

Le SSM offre au final un rendu audio sans compromis, avec une portée et une ergonomie comparables aux autres modèles Lectrosonics. Qui plus est, l’autonomie est confortable, et le petit format facile à vivre et à faire accepter. Le boîtier résiste bien aux affronts d’un tournage avec des comédiens en mouvement. Seul point à surveiller, la sensibilité à la transpiration qui demandera éventuellement une protection.

Mentionnons enfin le pilotage à distance possible depuis un smartphone muni de l’App LectroRM payante. Il faut alors placer le téléphone à côté du micro qui transmettra des signaux permettant de modifier certains paramètres comme le gain ou la fréquence, ou encore d’activer la mise en sommeil de l’émetteur sans avoir à y accéder. À tester.

 

* Article paru pour la première fois dans Mediakwest #22, p.18. Abonnez-vous à Mediakwest (5 nos/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur totalité.

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