Claudio Miranda (ASC) teste la CineAlta Venice de Sony

Pour le lancement de sa caméra CineAlta Venice, Sony a produit deux courts-métrages. L'un d'entre-eux a été produit par Sony USA. Intitulé The Dig, celui-ci a été, lui, réalisé par Joseph Kosinski. C'est Claudio Miranda (ASC), qui en était le directeur de la photographie. Ce dernier nous livre ici ses impressions.*
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Publié le 29/03/2018

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Mediakwest : Alors, parlez-nous un peu de ce projet…

Claudio Miranda : Je me souviens que Joe [Joseph Kosinski] avait toujours voulu réaliser un projet tout seul, et je me suis dit qu’on pourrait le présenter à Sony et voir s’ils accepteraient de produire un film pour cette nouvelle caméra. Joe et moi aimons tester les toutes dernières caméras les plus performantes sur le marché, ce que nous avons fait auparavant avec la F65 et la F35.

 

M. : Vous vous êtes rendus au Japon et avez donné aux ingénieurs des retours très détaillés ?

C. M. : Il fallait absolument résoudre la question des objectifs anamorphiques. Pour profiter pleinement des objectifs anamorphiques 4 × 3 ou d’autres formats, nous devions utiliser des caméras d’autres marques. Mais à présent, nous avons un choix beaucoup plus large en termes d’objectifs. De plus, le mode Full Frame (24 x 36 mm) nous permet désormais d’utiliser des objectifs 65 mm qui étaient auparavant réservés aux caméras argentiques. C’est extraordinaire de pouvoir profiter de cette profondeur de champ et de filmer avec ces objectifs la nuit, grâce à la haute sensibilité du nouveau capteur de la Venice. De nouvelles possibilités s’offrent à nous.

 

M. : De quoi d’autre avez-vous parlé avec les ingénieurs de la Venice au Japon ?

C. M. : Je leur ai demandé s’il serait possible d’avoir tous les filtres gris neutre intégrés à la caméra, c’est-à-dire chacune des huit valeurs ND. S’ils y parvenaient, ce serait une première mondiale. Quand les ingénieurs ont apporté les prototypes de boîtiers, j’ai été soufflé : ils avaient réussi à inclure les huit niveaux de densité dans la Venice, soit 0.3, 0.6, 0.9, 1.2, 1.5, 1.8, 2.1 et 2.4. Ce sont des filtres très précis, et nous n’avons constaté, en cours de tournage, aucune dégradation de l’image, même avec la densité la plus élevée. La fourchette complète des valeurs est couverte, et il n’y a plus besoin de transporter des filtres gris neutre : c’est très pratique pour les installations peu accessibles, ainsi que pour le tournage sur hélicoptère ou drone. Nous pouvons même modifier la densité du filtre à distance, sans devoir manipuler directement la caméra.

 

M. : Qu’avez-vous pensé de la qualité des images ?

C. M. : C’est surtout le rendu des couleurs qui m’a impressionné. Ce que j’aime, avec les couleurs de la Venice, c’est leur aspect cinématographique. L’image est un peu plus douce, et la gamme dynamique est élargie. Les dégradés dans les zones plus exposées sont très fluides. Je discutais avec Alex Carr (le DIT), et l’une des premières choses qu’il a remarquées avec la Venice, c’est l’amplitude qu’elle permet dans les zones de forte exposition. Pour The Dig, nous filmons dans des carrières ; quand le soleil se couche derrière les pierres, le ciel reste très clair. J’essaie de saisir toutes les nuances du ciel, sans perdre les détails du sol, et la caméra y parvient très bien. La fourchette d’ouvertures qu’elle peut capturer est impressionnante, produisant une latitude de pose moins électronique, plus naturelle. Et j’aime beaucoup la manière dont la caméra reproduit les couleurs de la peau ; c’est vraiment magnifique !

 

M. : Quelles sont vos impressions sur cette caméra en tant qu’opérateur et en tant qu’assistant ?

C. M. : En fait, la Venice possède deux panneaux de commande. L’un est situé du côté de l’assistant et offre toutes les options ; l’autre, du côté de l’opérateur, est plus petit et ne présente que les informations essentielles dont le directeur photo a besoin. Tout est plus facile à trouver, et on peut régler la température des couleurs, les filtres gris neutre, l’angle d’obturation, ainsi que d’autres fonctions utilisées fréquemment.

 

M. : Y a-t-il autre chose qui vous a plu dans la Venice ?

C. M. : Le viseur (DVF-EL200), la réactivité des commandes et la rapidité. Et puis la taille du boîtier. Pour The Dig, il fallait faire tenir la caméra dans la plate-forme Shotover K1 pour hélicoptère. Un boîtier plus gros aurait limité le choix des objectifs possibles. Heureusement, le boîtier de la Venice est assez petit pour laisser une grande marge de manœuvre en termes d’objectifs, ce qui est très important pour moi.

 

M. : Recommanderiez-vous la Venice à d’autres directeurs photo ?

C. M. : J’étais très heureux d’avoir une caméra intégrant tous les filtres gris neutre, d’autant plus qu’elle est petite et légère. De plus, elle peut être utilisée avec des objectifs de n’importe quel type. La gamme des couleurs est impressionnante, tout comme la gamme dynamique, la gestion des zones de forte exposition et le rendu de la peau. Dans l’ensemble, la Venice présente une courbe de teintes plus douce, ce qui la rend facile d’utilisation, tout en produisant des images magnifiques.

 

 

Un autre court métrage de test de la Ciné Alta Venice a été réalisé par Ed Wild (BSC), et produit par Sony Europe (lire notre article CineAlta Venice, la nouvelle référence haut de gamme cinéma de Sony ).

Pour plus d’informations, vous pouvez également regarder notre interview Web TV SATIS Sony présente sa caméra CineAlta Venice avec Fabien Pisano, directeur Europe du Sud- Sony Professionnel.

 

 

* Extrait de notre article paru pour la première fois dans Mediakwest #24, p. 22-24Abonnez-vous à Mediakwest (5 nos/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

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