Napoléon vu par Abel Gance en ouverture de Cannes Classics

Le mythique Napoléon vu par Abel Gance(1re époque) fera l'ouverture de Cannes Classics au 77e Festival de Cannes.

Publié le 18/04/2024

Cette oeuvre majeure du muet,  qui a fait l’objet d’une restauration parmi les plus monumentales de l’histoire du cinéma sera projetée le 14 mai en avant-première mondiale

 

Il aura fallu plus de seize ans pour redonner vie à la grande œuvre d’Abel Gance, ce film-opéra à grand spectacle qui a connu une trajectoire hors du commun, afin de retrouver son intégrité et sa superbe grâce a untravail colossal et passionné, mené par la Cinémathèque française avec le soutien du CNC.

 

Un travail de fourmi !

Pour cette reconstruction du film d’une durée de 7 heures, divisée en deux époques, différentes sources ont permis de revenir à la trame originale. Des bobines ont été retrouvées à la Cinémathèque française, au CNC, à la Cinémathèque de Toulouse et de Corse, mais aussi au Danemark, en Serbie, en Italie, au Luxembourg, à New-York… Georges Mourier et son équipe de la Cinémathèque ont travaillé image par image et expertisé près de 100 kilomètres de pellicule. Ils ont travaillé en étroite collaboration avec le laboratoire Éclair Classics/L’Image Retrouvée. Les notes de montage d’Abel Gance et les échanges avec sa monteuse, archivés à la BNF, ont permis de remonter le film dans sa version d’origine.

 

Un chef d’oeuvre d’innovations et de création

En 1927, Napoléon vu par Abel Gance a l’ambition de son sujet : il multiplie les innovations techniques et esthétiques, comme les caméras montées sur des chevaux ou la fameuse fin en triptyque, sur trois écrans en simultané. Avec son casting grandiose, ses milliers de figurants, le film bouleverse le public et la critique lors de sa première projection à l’Opéra de Paris le 7 avril 1927, en présence du Président de la République Gaston Doumergue et des Maréchaux Foch et Joffre. Il commence alors sa carrière en France et dans le monde.

 

A l’arrivée du cinéma parlant, les bobines sont dispersées à travers le globe, certaines perdues ou détruites. Le film fait alors l’objet de nombreux remontages et mutilations au fil du temps – à ce jour, 22 versions différentes recensées. Dans les années 1980, le film d’Abel Gance fascine les cinéastes Claude Lelouch et Francis Ford Coppola, comme le grand historien du muet Kevin Brownlow et Costa-Gavras, le Président de la Cinémathèque française. Il n’a plus jamais été présenté au public, dans sa version d’origine dite « Grande Version », depuis 1927 !

 

Janvier 1925. Premier tour de manivelle au studio de Boulogne. Abel Gance explique le dispositif de tournage au jeune Bonaparte (Vladimir Roudenko) entouré par l’équipe technique © La Cinémathèque française
Un mythe qui reprend vie !

Presque 100 ans après son avènement, c’est la première époque, d’une durée de 3h40, qui sera présentée en pré-ouverture du Festival de Cannes et en ouverture de Cannes Classics..

Le film sera ensuite projeté dans son intégralité en ciné-concert symphonique exceptionnel, avec 250 musiciens de Radio France à la Seine Musicale à Paris les 4 et 5 juillet ainsi qu’au festival Radio France de Montpellier, puis à la Cinémathèque française et dans des festivals d’été avec une mise en musique par Simon Cloquet-Lafollye, interprété par Benjamin Bernheim, ténor, l’Orchestre National de France, l’Orchestre Philharmonique et le Chœur de Radio France, sous la direction de Fabien Gabel.

Le film sortira ultérieurement dans les salles françaises et sera diffusé sur France Télévisions et sur Netflix.

 

Pour en apprendre davantage sur la genèse de cette restauration, consultez notre article Napoléon restauré, qu’en est-il ?

 

 

 

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