PAD fichier vers l’extinction de la cassette, 2ème partie

La cassette vidéo est un anachronisme, tous en conviendront. Elle a quasiment disparu des architectures modernes de production, postproduction et diffusion. Investir dans le renouvellement de machines tournantes est exclu. Cependant, si certaines chaînes acceptent déjà les fichiers PAD, les programmes longs sont encore majoritairement livrés sur cassette... La suite !
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Publié le 09/12/2015

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L’enjeu de la bande passante

Un fichier PAD pour une demi-heure de programme pèse environ 11 Go. Disposer d’une bande passante Internet suffisante est un enjeu pour tous les contributeurs de programmes longs.

Le coût de connexions de qualité professionnelle (> 100 Mbps) est très élevé et constitue un obstacle et une perte de valeur pour l’éco-système, au profit des opérateurs. L’enjeu n’est pas seulement la bande passante ; gestion de charge, supervision et ordonnancement ne sont pas des questions triviales.

Une hypothèse, par exemple pour les séries livrées par lots, est la livraison fichier sur support physique, qui fournirait aussi un mode secours. La question du support reste entière. Disques durs amovibles et clés USB sont exclus pour des raisons de grande sensibilité aux risques de vi- rus. Une alternative attractive envisagée par Cédric Drapeau (NRJ) est la cassette LTO sous LTFS.

 

 

Quel retour sur investissement ?

Diffuseurs et laboratoires ont investi ou doivent investir : plateformes de réception, intégration, réseaux, sécurité et supervision ; changements de workflow ; outils d’encodage ; contrôle qualité ; formation interne ; augmentation de la bande passante …

Quantifier le retour sur investissement est difficile, voire impossible. Par exemple, les investissements en bande passante, dans l’encodage ou le contrôle qualité sont une nécessité générale pour les chaînes comme pour les grands labos. Mais il ne fait aucun doute que le coût de ne pas faire cette évolution et de réinvestir dans des technologies dépassées serait bien supérieur. Les coûts de bande passante sont un point sensible de la chaîne de valeur.

 

Dans le cas de Canal+ ou NRJ, le coût du transport de la charge utile fichiers (payload) par Arkena est supporté par la chaîne, à la différence des usages historiques du monde physique ou des autres cas de livraison fichier déjà installés. Ce particularisme a un effet secondaire : le coût direct et indirect des relivraisons, typiquement après rejet pour non-conformité, pèse de fait sur le diffuseur et il n’y a pas d’incitation économique de la source au « zéro défaut ».

Les produits ou services d’accélération, comme Aspera ou Signiant, représentent aussi une charge hors de la chaîne de valeur historique.

 

 

Et ensuite ?

Dans la perspective du « tout fichier », le PAD est une question centrale mais pas la seule. D’autres livraisons sont concernées, par exemple, le matériel qui précède ou accompagne les programmes. L’ubiquité des fichiers rend possible l’accès au matériel reçu sans les verrous implicites qui accompagnent le mouvement d’une cassette, sa duplication ou sa mise au coffre. En mode fichier, la gestion de l’urgence et la priorisation doivent aussi être repensées.

 

Ce sont autant d’aspects qui s’affineront « en marchant », pour arriver à un mode véritablement « tout-fichier ». Ce n’est qu’une fois les usages transformés et les héritages soldés que toutes les innovations du mode fichier seront productives. La spécification du PAD fichier est pragmatique. Pour s’insérer dans la continuité historique, elle emprunte obligatoirement au paradigme de la cassette.

 

Dans un paradigme 100% fichier, de nouvelles approches seront possibles : « versionnage » différentiel, augmentation du fichier, référencesexternes à d’autres fichiers, métadonnées riches, etc. Ces notions sont déjà défrichées, par exemple dans le cadre des travaux sur IMF, le format de master interopérable (« pivot ») en cours de normalisation, et par certains diffuseurs. La généralisation des architectures SOA (Service-Oriented Architecture) telles que FIMS est indispensable pour tirer parti de tous les avantages des fichiers. 

 

 

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