© Alexandre Singh, Natalie Musteata / Misia Films / Alambic Production Seul film français récompensé lors de la cérémonie des Oscar 2026, le court métrage « Deux personnes échangeant de la salive » a notamment décroché ce graal grâce a une post production DaVinci Resolve.
Le film de Natalie Musteata et Alexandre Singh se distingue en effet par un univers singulier construit dans la longueur et avec une précision que seul l’environnement de post production Black Magic Design pouvait apporter .
Pensé comme une « tragédie absurde », selon les mots du réalisateur, le film se déroule dans un Paris où les règles sociales sont inversées. Deux femmes s’y rencontrent et tombent amoureuses dans un grand magasin de luxe.
Au-delà du récit, la cohérence esthétique du projet qui marque aussi la rétine. Le film est en effet construit autour d’un noir et blanc très développé, d’une composition millimétrée et d’un contrôle permanent de l’image.
Un workflow DaVinci Resolve choisi dès la préproduction
Le choix de DaVinci Resolve Studio a été acté très tôt dans le projet. Les réalisateurs ont en effet décidé de centraliser l’ensemble du pipeline dans un seul outil.
Comme l’explique Alexandre Singh, ce choix répond à une volonté forte : garder le contrôle sur toutes les étapes, de l’image brute jusqu’au master final.
A final le tournage, principalement nocturne aux Galeries Lafayette, a été directement impacté par ce workflow.
La directrice de la photographie Alexandra de Saint Blanquat a préparé en amont des LUTs pour une image pensée en noir et blanc dans Resolve. Ces LUTs ont servi de base pour l’éclairage et la composition sur le plateau, garantissant une continuité visuelle entre tournage et post-production.
Prévisualisation et montage : un pipeline basé sur RAW, LUT et timelines imbriquées
DaVinci Resolve est entré en scène dès les premières phases de prévisualisation. Les équipes ont utilisé Blackmagic Cloud pour partager les timelines et collaborer à distance.
Le workflow adopté a fait l’objet d’une méthodologie structuré :
- les rushes ont été préparés dans Resolve par le laboratoire parisien IKE NO KOI
- chaque prise a été intégrée dans une timeline imbriquée
- les images RAW ont été placées sous les proxys avec LUT intégrée
« Cette organisation a permis de travailler rapidement avec des proxys tout en conservant un accès immédiat aux fichiers RAW », souligne le réalisateur… En outre, elle évite surtout toute phase de reconformation entre offline et online.
Résultat : un gain de temps significatif et une continuité totale des choix créatifs.
Online et finishing : un workflow sans reconformation
Le passage à l’online s’est fait sans friction.
Le réalisateur explique que toutes les décisions prises en montage – vitesses, recadrages, transformations – ont été directement exploitables dans la phase finale sans retranscription depuis un autre logiciel
Ce choix de pipeline unifié a permis de continuer à affiner le film bien après le verrouillage du montage, sans contrainte technique… Un luxe dont rêve tous les créateurs !

Fusion et compositing nodal : un cœur technique pour les VFX
L’intégration native de Fusion dans DaVinci Resolve a représenté un avantage clé pour le projet.
Comme le détaille Alexandre Singh, la page Fusion permet de travailler directement sur les plans dans leur contexte original avec :
- un accès immédiat aux proxys et aux médias RAW
- une conservation des points d’entrée et de sortie
- un maintien des transformations spatiales
Cette approche a permis un compositing précis et non destructif.
Fusion a notamment permis de travailler les points suivant :
- suppression des ombres de perche
- ajout d’éléments graphiques (comme une seconde banderole)
- rééquilibrage de compositions
Certaines interventions ont été particulièrement complexes. Le réalisateur évoque notamment la reconstruction complète d’une camionnette endommagée, incluant la suppression d’inscriptions visibles à l’image.
La création du titre du film peint sur un plancher en bois relève également de l’excercice de style avec un effet qui repose sur un processus hybride en quatre étapes :
- impression du titre sur papier
- traçage et sculpture dans du bois réel
- numérisation de la gravure
- intégration dans Fusion via un compositing nodal avancé.
Ce type d’effet, mêlant matière physique et traitement numérique, illustre la puissance du workflow.
Le réalisateur insiste sur le caractère déterminant de Fusion, qu’il qualifie de véritable révélation dans sa pratique… . « À l’approche du verrouillage de l’image, nous avons pu commencer le travail de suppression d’éléments sur la page Fusion de Resolve.
Nous pouvions décomposer le plan à l’emplacement d’origine, et accéder au proxy et aux images RAW d’origine immédiatement, avec les bons points d’entrée et de sortie ainsi que les transformations spatiales déjà en place. Travailler dans Fusion pour la première fois a été une véritable révélation. »

Un montage enrichi par les VFX en temps réel
La monteuse Hanna Park met en avant un autre avantage clé : l’intégration directe des VFX dans le montage. « . Je pense que Resolve est un outil très puissant, particulièrement pour les créateurs indépendants qui souhaitent un logiciel tout-en-un pour la post-production. », souligne-t-elle.
Resolve permet de tester rapidement des corrections visuelles sans quitter la timeline. Les effets peuvent être intégrés, modifiés et validés en contexte. Le montage reste ainsi un espace d’expérimentation.
Cette approche réduit considérablement les allers-retours entre logiciels spécialisés et accélère les cycles de validation.
Étalonnage distant et gestion avancée du RAW
L’étalonnage a été réalisé par Nat Jencks chez PostWorks New York, toujours dans DaVinci Resolve Studio…
A cette étape, le workflow a conservé toute sa souplesse en autorisant …
- Une bascule possible entre images RAW et images étalonnées
- Un ajustement des VFX après étalonnage
- Une intégration cohérente des effets dans le look final
« Cette capacité à naviguer entre différentes versions d’image est essentielle pour garantir la qualité du rendu final », affirme le réalisateur qui a pu affiner chaque plan jusqu’aux dernières étapes, sans compromettre la cohérence globale.
Le workflow du film
| Étape | Outil | Spécificités techniques |
|---|---|---|
| Prévisualisation | Resolve + Cloud | Timelines partagées, collaboration distante |
| Montage | Resolve | Timelines imbriquées, proxys LUT + RAW synchronisés |
| Online | Resolve | Sans reconfirmation, transformations conservées |
| VFX | Fusion | Compositing nodal, accès direct RAW, effets hybrides |
| Étalonnage | Resolve Color | Workflow RAW flexible, ajustements tardifs |
| Export | Deliver | Master final sans rupture de pipeline |
DaVinci Resolve, un standard émergent pour la post-production cinéma
Avec ce court métrage oscarisé, DaVinci Resolve confirme sa montée en puissance comme une solution complète de post-production et plus encore…
Le logiciel dépasse largement son rôle historique d’outil d’étalonnage. Il s’impose désormais comme un environnement unifié capable de gérer :
- la prévisualisation
- le montage offline et online
- le compositing nodal avancé
- l’étalonnage RAW
- la livraison finale
Dans le cas de « Deux personnes échangeant de la salive », cette intégration a permis de satisfaire une gande exigence artistique avec une flexibilité et une grande efficacité technique.
Le modèle, qui s’avère particulièrement pertinent pour les productions indépendantes, peut s’appliquer à des projets au plus haut niveau.
Pour découvrir en détail toute la puissance de Black Magic DaVinci Resolve, lisez notre article Blackmagic DaVinci Resolve opus 20, une pincée de cloud, une marmite d’IA !
Visionnez le trailer du court-métrage ici










