Rencontres de Dijon : l’exception française de la VR, par Arnaud Colinart, producteur d’Agat Films / Ex Nihilo (Web TV)

Le 21 octobre dernier, les Rencontres cinématographiques de Dijon proposaient une table ronde intitulée : « PRENDRE SES RÊVES CINÉMATOGRAPHIQUES POUR DES RÉALITÉS VIRTUELLES ». Arnaud Colinart, producteur de « Notes on Blindness », est venu partager son retour d’expérience. Ce programme VR, produit par Arte France, Agat Films et Cie, Ex-Nihilo, Archer's Mark et 104 Films, propose de partager le vécu de l'écrivain John Hull devenant progressivement aveugle au début des années 80. L’expérience, disponible depuis quelques semaines sur la plate-forme Arte 360, est complémentaire d’un documentaire traditionnel. Dans son interview vidéo, le producteur d'Agat Films / Ex Nihilo fait le point sur la place que peut prendre la production VR française dans le monde…
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« J’ai coréalisé ce projet en réalité virtuelle avec Amaury La Burthe d’AudioGamin, Peter Middleton et James Spinney qui sont des réalisateurs britanniques. Agat Films & Cie possède déjà une belle expérience de productions interactives, web ou jeu vidéo, et nous avons basculé dans le monde de la réalité virtuelle assez naturellement car nous sommes fascinés par toutes les nouvelles possibilités qu’offrent les dispositifs d’immersion. La VR, ouvre à la fois à un environnement en 360 et en relief avec un fort potentiel narratif.

 » Je pense que le fait d’être invité ici, aujourd’hui, pour parler de réalité virtuelle, est la preuve que les cinéastes et les réalisateurs voient dans cette nouvelle forme un champ de création possible. Avec ce media, le storytelling s’articule beaucoup sur des bases  audiovisuelles, beaucoup plus que ce qui s’est fait auparavant dans le domaine de l’interactif où, souvent, nous allions plutôt du côté du jeu vidéo, donc un territoire éloigné du terrain d’action des réalisateurs de cinéma.

 » … Il y a quelques semaines, nous avons participé à l’Oculus Connect 3 où nous avons été invités à présenter « Notes on Blindness ». On a pu constater la place importante prise par les GAFA, spécialement Facebook et Google. En tant que créateurs ou producteurs français et européens, cela pose la question de savoir comment distribuer les contenus et les œuvres.

 » À mon sens, la question de la distribution est déjà réglée, l’hégémonie d’un Google ou d’un Facebook sur la distribution de contenu est massive, et je ne pense pas qu’elle puisse être contrecarrée aujourd’hui. En revanche, là où il y a une vraie place à prendre, c’est au niveau de la création. En Europe, et particulièrement en France, nous sommes porteurs d’une identité culturelle très forte. Cette diversité est aussi souhaitée par ces acteurs-là.

 » J’espère donc que l’on va avoir une politique publique et aussi une politique d’investissement privé qui permettra de créer des canaux de distribution spécifiquement français ou européens, avec des contenus de créateurs, pour marquer nos différences culturelles. Nous pourrons ainsi continuer à rayonner du point de vue de notre culture à une échelle internationale… ».