Si loin, si près

Quand il faut continuer à travailler sur des projets complexes dans un environnement graphique (3D, effets spéciaux…), soit il faut prendre sa station de travail et l’installer chez soi, soit il faut pouvoir se connecter à distance tout en conservant l’interactivité. Voici ce que propose Post Logic.
La partie émetteur du dispositif Amulet Hotkey peut être une carte PIC ou un boîtier externe. La partie récepteur ou client zéro vient prendre place chez le graphiste qui y connecte ses périphériques. © DR

La première situation n’est pas toujours simple dans un workflow préétabli et peut poser des problèmes en termes de sécurité pour les contenus ; la seconde suppose qu’on conserve la rapidité comme si on se trouvait sur son lieu de travail. La société Post Logic, distributeur et intégrateur spécialisé sur les secteurs d’activités de la création numérique et de la postproduction, propose une solution originale et d’une grande efficacité pour un coût maîtrisé.

 

Tout commence par la problématique : « Comment faire pour utiliser à distance un ordinateur qui reste au bureau en ayant le même confort d’interactivité comme si j’étais au bureau ? Il y a plusieurs solutions pour piloter à distance mais dès que tu veux une vraie interactivité sans latence et notamment pouvoir travailler avec une tablette Wacom, gérer les différents points de pression du stylet cela devient plus compliqué », souligne Jean-Pierre Fournier de Post Logic.

La société commercialise la solution Amulet Hot Key qui utilise la technologie PC Over IP développée par Terradici, une société américaine qui a mis au point un algorithme de compression-décompression temps réel. Ce codec peut être matériel ou logiciel. La solution hardware est la plus performante. Ce chipset peut prendre place dans une carte PCI ou dans un boîtier externe pour ne pas préempter la puissance de la station de travail.

 

Comment ça marche ?

Le principe de base est d’avoir un émetteur-récepteur. Pour le cas figure où l’on souhaite l’interactivité la plus performante, il y a deux solutions : une version carte PCI que l’on installe dans la station de travail ; s’il n’est pas possible d’installer de carte, alors il faut avoir recours à un boîtier externe qui se raccorde à l’ordinateur.

De l’autre côté d’Internet il y a un boîtier que l’on va appeler client zéro qui a été appairé avec l’émetteur. On a donc un couple à chaque fois, qui se compose d’un émetteur qui ne parle qu’à un récepteur. Cela nécessite que le récepteur ait accès au VPN de l’émetteur. Le boîtier récepteur peut se trouver n’importe où sur la planète, il faudra toutefois un débit stable au minimum de 30 Mb/s.

Une fois le dispositif en place, le graphiste, chez lui ou dans une chambre d’hôtel, en remote n’importe où, peut récupérer son interface de travail sur un à quatre écrans HD, et connecter clavier, souris, enceintes, microphone et tablette graphique.

Pour les moins experts en informatique, il est possible de rajouter un applicatif LeoStream, une couche logicielle qui permet non plus d’avoir un appairage unique, mais de connecter un récepteur à un groupe d’émetteurs donnés. Autre avantage, il simplifie l’accès au VPN. On se connecte à une Gateway LeoStream qui va gérer les négociations d’accès dans mon réseau privé.

Terradici a récemment développé une version logicielle – il est possible d’avoir des solutions hybrides car dans une chaîne de travail on n’a pas toujours besoin de tous les accès à toutes les stations avec une interactivité optimale. Cette association Amulet/Terradici permet d’avoir différents cas de configuration.

Toutefois pour la partie émetteur en version Software, cela ne fonctionne pas dans un environnement Linux GeForce, il faudra passer par la version matérielle. Il est intéressant d’avoir quelques kits Amulet Hot Key, cela permet en cas de problème de pouvoir réagir très vite s’il faut déployer des besoins ponctuels.

 

Autres solutions

Post Logic propose d’autres solutions pour travailler en mode délocalisé ou tout simplement pour accroître ses moyens de production sans investir dans le long terme. Ainsi la société Simple Animation permet de disposer de stations de travail dans le cloud (IBM). Ce sont des stations virtuelles avec une interface web qui peut se configurer en amont et qui sont dédiées pour les métiers graphique.

« Tu configures la station selon quatre critères, la RAM, les CPU, le stockage et la carte graphique. Tu lui ajoutes les applications dont tu as besoin, pour les déployer tu vas dans ton interface de ton compte, tu démarres ta station et le coût est à l’utilisation », précise Ludovic Gaujal de Post Logic.

Simple Animation est intéressante pour déployer des machines rapidement au moindre coût et la société connaît bien les exigences et contraintes de la 3D postproduction. Les produits Autodesk, Adobe sont disponibles, notamment.

Pour le rendu, il faudra se tourner vers la solution Yellow Dog. Le rendu dans le cloud n’est pas une nouveauté, mais la spécificité de Yellow Dog est qu’ils travaillent avec différents opérateurs dans le cloud et proposent ainsi le meilleur tarif.

Par exemple un studio doit faire du rendu ce week-end sur quarante machines, il se tourne vers Yellow Dog qui, comme un courtier, va lui proposer le fournisseur le plus adapté pour offrir le meilleur coût. Quelques jours après, ce pourra être un autre opérateur.

 

Les tarifs

La solution carte PCI et le récepteur (visualisation sur deux écrans HD) coûte environ 1 100 € le kit. Pour un boîtier autonome externe, il faut compter 1 857 € pour l’émetteur et 857 € pour le récepteur.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #38, p. 98-99. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.