Aux Rencontres Cinématographiques de L’ARP, le cinéma devient le point d’entrée d’un débat plus vaste sur la culture. Entre les œuvres et les décisions publiques qui conditionnent leur circulation.
Géraldine Nakache et Stéphane Brizé coprésideront cette 36e édition au Touquet-Paris-Plage. Les deux cinéastes rappellent, dans leur texte de présentation, la formule d’André Malraux. Le cinéma est un art. Il est aussi une industrie. Cette double nature impose de regarder les mutations du secteur sans séparer la création de ses conditions d’existence.
Leur phrase donne le ton de cette édition. « Le risque d’écouter… c’est d’entendre ». L’ARP revendique ainsi un espace où les professionnels ne viennent pas seulement défendre leur camp. Ils viennent aussi éprouver leurs désaccords.
Les repères de l’édition 2026
Les Rencontres Cinématographiques de L’ARP se tiendront au Touquet-Paris-Plage.
Géraldine Nakache et Stéphane Brizé coprésideront la 36e édition.
Six films sont annoncés en projection, dont 7h40 ce matin-là, En haut de la pile et Un Bon Petit Soldat.
Les débats aborderont la culture dans la présidentielle, l’audiovisuel public, l’IA, les plateformes, la parité et les libertés de création.
Six films ouvrent la discussion
Le programme de projections rassemble six longs métrages. Nicole Garcia présentera 7h40 ce matin-là. Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue viendront avec Blaise. Dominique Cabrera accompagnera Des femmes comme les autres. Louis-Julien Petit présentera En haut de la pile. Stéphane Brizé montrera Un Bon Petit Soldat. Nicolas Pariser complétera cette sélection avec Un peu avant minuit.
Ces projections rappellent la fonction première du rendez-vous. Les débats partent des œuvres. Ils reviennent aux auteurs. Ils interrogent ensuite ce qui permet à un film d’exister, de se financer, de circuler et d’être vu.
Une année électorale sous le regard des acteurs culturels
Le premier débat regardera la présidentielle par le prisme de la culture. Les professionnels poseront une question simple. Quelle place les candidats accordent-ils à la culture dans leur projet de société ?
Le débat portera sur le soutien à la création, la diffusion, les territoires et le service public. Il prendra aussi une dimension plus démocratique. La culture ne se résume pas à un secteur économique. Elle participe à la circulation des idées et à la vitalité du débat public.
Cette ligne se prolongera dans la rencontre consacrée aux libertés d’expression, de création et de diffusion. Le programme évoque un contexte de polarisation, d’ingérences politiques, de concentration des industries culturelles et d’uniformisation des offres. L’ARP veut donc poser une autre question. Comment protège-t-on la diversité des œuvres lorsque les pressions se multiplient ?
L’audiovisuel public revient au centre
Un autre axe fort est l’avenir de l’audiovisuel public. La rencontre consacrée aux stratégies européennes pour un audiovisuel public fort et indépendant part d’un constat partagé dans plusieurs pays : les médias de service public sont soumis à des contestations sur leur financement, leur gouvernance, leur indépendance et leurs missions.
L’intelligence artificielle fera également partie des sujets attendus. Sous le titre IA-t-il un pilote dans l’avion ?, L’ARP entend ouvrir une discussion sur les tensions entre ayants droit et fournisseurs d’IA, l’effectivité du droit d’auteur et la souveraineté culturelle européenne.
Face aux plateformes, l’Europe veut reprendre la main
La question des plateformes mondiales prolongera directement celle de la souveraineté culturelle. L’Union européenne doit rouvrir les discussions autour de la directive Services de médias audiovisuels, tandis que les plateformes de partage vidéo sont appelées à contribuer davantage au financement de la création.
Ce débat regardera donc un point très concret. Les œuvres françaises et européennes peuvent-elles rester visibles dans un marché dominé par des acteurs mondiaux ? Les professionnels devront aussi interroger l’équité entre diffuseurs et la manière de préserver la valeur des œuvres face aux nouveaux modèles de distribution.
Un autre enjeu traversera la programmation, celui de la parité dans le cinéma européen. Le Lab Femmes de Cinéma présentera une étude sur dix ans de politiques publiques menées en faveur de la parité. Dans le même mouvement, la députée européenne Emma Rafowicz fera le point sur les négociations liées à AgoraEU, où se jouent des questions de budget, d’indépendance et de soutien à la création.
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