Sur le stand Qvest de l’IBC 2026, on pouvait découvrir le rôle de la Dynamic Media Facility dans le socle de production et le partage des ressources. Par ailleurs, V-Cropper intervenait sur le contenu destiné aux mobiles et aux réseaux sociaux. Dans les deux cas, Qvest proposait des fonctions logicielles modulaires, orchestrables et adaptables aux infrastructures des diffuseurs.
Qvest à l’IBC 2026 en trois points
- Le DMF Showcase réunissait onze partenaires autour d’une implémentation fonctionnelle combinant calcul, réseau, orchestration, traitements média, audio et monitoring.
- MXL assurait l’échange entre fonctions logicielles, tandis que ST 2110 transportait les flux non compressés sur une infrastructure Intel et Netgear déployable sur site ou dans le cloud.
- V-Cropper suivait les sujets et l’action afin de décliner automatiquement une vidéo horizontale en formats verticaux, avec un déploiement local ou cloud et une ouverture annoncée via NVIDIA Build.
Une architecture de référence transformée en démonstration fonctionnelle
La Dynamic Media Facility s’intéresse au passage d’infrastructures fixes, organisées autour d’équipements dédiés, à des environnements où les fonctions média sont déployées sous forme de services logiciels. L’architecture de référence publiée par l’Union européenne de radio-télévision définit plusieurs couches afin que les diffuseurs puissent choisir séparément leurs ressources de calcul, leur orchestration et leurs applications.
Sur son stand, Qvest présentait un DMF Showcase qui réunissait, dans un environnement commun, l’orchestration, le traitement vidéo, l’audio, le monitoring et la gestion du cycle de vie de fonctions provenant de onze partenaires. L’ensemble fonctionnait sur une infrastructure informatique standard et pouvait aussi être déployé dans le cloud.
MXL relie les fonctions logicielles sans remplacer ST 2110
La distinction entre MXL et SMPTE ST 2110 est essentielle. ST 2110 reste utilisé pour le transport des essences vidéo, audio et auxiliaires sur le réseau. MXL, ou Media eXchange Layer, se situe au niveau de l’échange entre les fonctions de production logicielles. Le projet open source, porté par l’UER et la Linux Foundation, vise à permettre aux applications de partager les médias et leurs métadonnées sans dépendre d’un fournisseur unique.
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Dans la démonstration Qvest, les flux ST 2110 non compressés, le contrôle, l’orchestration et la gestion empruntaient une même infrastructure réseau. MXL assurait la circulation entre les différentes fonctions conteneurisées. Cette superposition permettait d’associer des applications conçues par plusieurs éditeurs sans demander à chacune de reconstruire toute la chaîne d’entrée-sortie.
Le calcul, le réseau et l’orchestration forment le socle
Deux serveurs équipés de processeurs Intel Xeon et de cartes réseau Intel E800 fournissaient les ressources de calcul, avec prise en charge de ST 2110 et du RDMA. Le réseau reposait sur un commutateur Netgear M4350-40X4C doté de quarante ports 10 GbE et de liaisons montantes 100 GbE. Matrox ORIGIN apportait son framework média asynchrone et son opérateur Kubernetes natif pour planifier les tâches de traitement.
Skyline Communications coordonnait les ressources opérationnelles et techniques avec DataMiner xOps. La plateforme gérait la planification des événements, l’orchestration automatisée et le cycle de vie des fonctions média. Cette couche est déterminante dans une DMF : la disponibilité de ressources partagées n’a de valeur que si elles peuvent être affectées, supervisées puis libérées en fonction des productions.
Onze partenaires réunis autour des fonctions de production
Ross Video intégrait les contributions SRT au domaine MXL, tandis que Riedel démontrait des traitements répartis sur plusieurs nœuds grâce aux conteneurs et à la réplication MXL. Techex apportait avec tx darwin la conversion de standards, la commutation et la compression. Telestream Pulse reliait les flux ST 2110 à l’environnement MXL tout en fournissant des oscilloscopes de forme d’onde et des vectorscopes.
TAG Core assurait le multiviewing et le contrôle qualité sur les signaux MXL, ST 2110, compressés et OTT. Telos Alliance déployait les fonctions Minnetonka Audio UPMAX et ARC pour le son immersif 5.1 et 7.1.4 ainsi que la conformité de niveau sonore. Wavelet Beam complétait la chaîne avec le débruitage IRIS-VIDEO et des applications MXL de lecture, d’enregistrement et de visualisation 10 bits.
Des ressources partagées plutôt que réservées à un seul workflow
L’un des objectifs avancés par Qvest est de mieux utiliser les capacités de calcul. Dans une architecture traditionnelle, une partie des équipements reste attachée à un studio ou à une tâche même lorsqu’elle n’est pas sollicitée. La DMF cherche au contraire à affecter dynamiquement les fonctions et les ressources nécessaires à une production, puis à les rendre disponibles pour un autre usage.
Qvest se disait prêt à passer à l’étape d’une implémentation fonctionnelle chez ses clients.
Le dispositif Qvest de l’IBC 2026 en douze repères
V-Cropper automatise le passage de l’horizontal au vertical
La seconde démonstration répondait à un problème très courant : décliner rapidement une production horizontale pour les écrans mobiles et les réseaux sociaux. V-Cropper analyse la vidéo, suit les sujets pertinents et maintient l’action dans le cadre lors de la création d’un format vertical ou d’un autre ratio. Qvest cible ici en priorité le sport et le direct, où la valeur d’un extrait diminue rapidement après l’événement.
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Le système ne se contente pas d’appliquer un recadrage fixe au centre de l’image. Il identifie les athlètes, les joueurs, le ballon ou la zone d’action, puis déplace la fenêtre de recadrage en conséquence. Une interface d’annotation et d’ajustement permet d’adapter le comportement du suivi aux règles visuelles d’un sport ou d’un type de programme.
NVIDIA NIM et Brev structurent le déploiement
Développé par les équipes Applied AI et R&D Accelerator de Qvest, V-Cropper utilise les microservices NVIDIA NIM pour optimiser l’inférence et NVIDIA Brev pour réutiliser les configurations de déploiement. Son architecture conteneurisée autorise une exécution locale ou dans le cloud. Les médias peuvent ainsi rester dans l’infrastructure choisie par le diffuseur, sans passage obligatoire par un service d’IA mutualisé externe.
Un déploiement sur site peut répondre aux exigences de confidentialité, de latence ou de souveraineté ; le cloud apporte de son côté une capacité plus facilement extensible pour les pics de production.
Un blueprint ouvert plutôt qu’un produit figé
Qvest annonçait la mise à disposition de V-Cropper par l’intermédiaire de NVIDIA Build sous la forme d’une fondation open source. Le terme de blueprint est important : il s’agit d’une base technique que les organisations peuvent adapter à leurs disciplines sportives, à leurs règles de cadrage et à leur chaîne de publication, plutôt que d’un service universel immédiatement prêt pour tous les contenus.
Cette ouverture facilite l’intégration et la personnalisation, mais elle transfère aussi une partie du travail vers l’utilisateur ou l’intégrateur. Les performances devront être évaluées sur chaque type de mouvement, chaque réalisation et chaque format de sortie. La validation éditoriale reste également indispensable pour éviter qu’un recadrage techniquement correct ne fasse disparaître une information de jeu ou un élément de mise en scène.
De l’infrastructure au contenu, une même logique d’assemblage
À l’IBC, Qvest reliait finalement deux échelles. Au niveau de l’infrastructure, DMF et MXL cherchent à assembler des fonctions média provenant de plusieurs fournisseurs sur des ressources communes. Au niveau éditorial, V-Cropper fournit un module d’IA pouvant être intégré à une chaîne de production et de publication existante.
Cette continuité positionne Qvest moins comme l’éditeur d’une plateforme unique que comme l’architecte et l’intégrateur de briques spécialisées. Elle correspond à l’évolution des diffuseurs vers des chaînes où le matériel dédié, les microservices, les standards IP et les outils d’IA doivent cohabiter avec une orchestration commune.
Une architecture ouverte qui doit encore prouver sa fluidité opérationnelle
Cette démonstration DMF avait l’intérêt de confronter l’architecture de référence de l’UER à une chaîne multiconstructeur réellement opérationnelle. Dans ce cas, MXL ne remplace pas ST 2110 : il ajoute la couche d’échange nécessaire aux fonctions logicielles, tandis que l’orchestration affecte les ressources selon les besoins.