Quatre questions à Frédéric Dumeny, directeur Europe du Sud d’Ooyala

Fondée il y a une dizaine d’années par trois anciens ingénieurs de Google, Ooyala opère dans le secteur de la publication, l'analytique et la monétisation vidéo. Sa suite intégrée de technologies et de services apporte une réponse efficace aux problématiques de la vidéo et de sa monétisation sur internet. Grâce à une récente acquisition de l'entreprise londonienne Videoplaza, la filiale de Telstra gère l'une des plates-formes de distribution de publicités vidéo les plus étendues au monde et une solution programmatique SSP diffusant des publicités auprès d'utilisateurs sur tous les supports. Autant de raisons pour lesquelles nous avons tenu, lors du précédent Satis, à rencontrer Frédéric Dumeny, directeur Europe du Sud d’Ooyala…
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Comment accompagnez vous vos clients aujourd’hui ?

«  Le sujet de la monétisation est central. Dès que l’on travaille avec des médias existants ou des pure players du web, voire des sociétés qui se créent, la première question qui se pose est : « Quelle est la viabilité de mon modèle économique ? ».

Dans l’industrie des medias, le business model publicitaire reste aujourd’hui le plus répandu parce qu’historiquement les chaînes de TV fonctionnent sur ce schéma : je crée de l’audience, je la finalise et, derrière, je la monétise. Dans cette logique et pour répondre a cette attente toujours très présente nous avons racheté il y a un an Videoplaza. Cette société est le leader en Europe de l’ad-serving video, et, désormais, plus de la moitié des télés en Europe sont nos clientes sur ce segment. Nous les accompagnons pour que les publicités qu’elles vendent soient diffusées correctement à l’audience la plus adaptée, sur tous types de canaux. Leur ciblage s’opère via des DMP (Data Management Platform) et nous leur proposons d’optimiser gestion de leurs espaces publicitaires via des dispositifs de RTB (real time bidding) ou de programmatique (Programmatic buying )…

Tout cela est évidemment réservé à des éditeurs qui ont une audience forte, parce que le business model de la publicité fonctionne s’il y a une audience importante. Il faut avoir plusieurs millions de vidéos vues par mois pour pouvoir en tirer des revenus susceptible de financer , au minimum, la création des vidéos elles-mêmes. Et, donc pour que ce modèle soit viable, il faut du volume.

 

 

Il existe cependant d’autres options pour les éditeurs de contenus ?

«  Oui, nous avons aussi beaucoup de clients qui fonctionnent avec des systèmes de paiement à l’acte, par abonnement. Si quelqu’un veut construire un netflix, nous sommes capables de l’accompagner en construisant une plate-forme en quelques semaines. Nous proposons des modules d’abonnement, de gestion des abonnés, de recommandations de contenus…

Nous pensons que les modèles mixtes, ceux où on amène l’utilisateur au fur et a mesure vers un modèle d’abonnement, via des modèles freemium avec une partie gratuite au début ou une partie du contenu gratuit en permanence et une autre partie accessible en paywall, représentent la meilleure des alternative. L’histoire de la vidéo sur internet va dans ce sens…

 

 

Quel est le profil des chaînes TV ou éditeurs de contenus qui s’adressent à vous ?

Nous travaillons en France avec des chaînes très généralistes. Sur les aspects de monétisation, nos clients sont des groupes comme Canal + ou M6. Nous travaillons avec quasiment toutes les filiales du groupe RTL en Europe, sur leurs télévisions ; avec BFM TV aussi qui est un client fidèle et connu pour être assez disruptif dans sa façon de créer des contenus. En fait, en Europe, nous travaillons avec la moitié des chaînes de télé !

Nous comptons aussi de nombreux clients dans le domaine du sport, notamment Sky Sports et des clubs de foot en Angleterre. Ces clubs ont d’ailleurs des modèles très novateurs qui ne sont pas basés sur de la publicité : ils ont déjà tellement de sponsors que solliciter de nouveau des marques pour de l’insertion publicitaire est un peu compliqué. Ils optent donc pour des modèles avec de l’abonnement. Certains contenus sont réservés aux gens qui s’identifient, afin de créer de la donnée ensuite valorisée auprès des sponsors d’autres contenus sont simplement payants. Ces systèmes mixtes sont très souples. Ils s’adaptent à la fois en fonction de l’actualité et en fonction du comportement de chaque utilisateur. Ce type de système payant convient très bien aux marchés de niche parce le contenu hyper spécialisé adresse une audience qui a un besoin ou un intérêt très précis.

 

 

Quels sont les projets d’Ooyala dans les mois à venir ?

 » Dans les mois à venir, nous aurons une grosse activité autour du « live ». La vidéo sur internet reposait jusqu’à présent essentiellement des formats courts ou des rediffusion de séries… Le « live » va revenir parce que les défis technologiques sont désormais moins lourds qu’avant et les équations économiques ont désormais du sens.

L’autre sujet qui fera l’objet de toute notre attention sera la gestion des contenus vidéo et des datas associées… Comment, quand un contenu est en phase de pré-production, y intégrer certaines variables et certaines informations qui seront conservées tout au long de la chaîne ? L’idée est, à terme, de pouvoir proposer des équipements de workflow vidéo pour l’internet du niveau de ce qui existe pour la télé broadcast…C’est un gros sujet en tâche de fond. Sur ce point, le paysage de la vidéo sur IP devrait beaucoup bouger en 2016, en particulier en Europe … »

 

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