Étoiles de la Scam 2026 : le documentaire d’auteur confirme sa vitalité

Présenté dès l'ouverture du Sunny Side of the Doc à La Rochelle, le palmarès 2026 des Étoiles de la Scam met à l'honneur trente documentaires qui témoignent de la diversité et de la vitalité du documentaire d'auteur.
Présidé par l’autrice et réalisatrice Laëtitia Moreau, le jury des Étoiles de la Scam 2026 a distingué 30 documentaires parmi près de 400 œuvres candidates. ( À droite de la réalisatrice, Hervé Rony, directeur général et Anja Unger, présidente de la Scam). © DR

Publié le 23/06/2026

Présidé par l’autrice et réalisatrice Laëtitia Moreau, le jury des Étoiles de la Scam 2026 a distingué 30 documentaires parmi près de 400 œuvres candidates. ( À droite de la réalisatrice, Hervé Rony, directeur général et Anja Unger, présidente de la Scam). © DR

 

Au Sunny Side of the Doc, les Étoiles de la Scam 2026 rappellent la force du documentaire de création…

 

Dans un contexte de fragilisation des financements et de débats autour de l’avenir de l’audiovisuel public, cette sélection rappelle plus que jamais le rôle essentiel des diffuseurs publics dans l’émergence des œuvres les plus singulières…

 

Pour cette édition 2026, le jury présidé par Laëtitia Moreau, entourée de Loup Bureau, Marie-Christine Gambart, Alexis Pazoumian et Camille Ponsin, a retenu trente œuvres parmi près de 400 documentaires en compétition.

 

À travers des films tels que Inside Gaza d’Hélène Lam Trong, Green Line : Beyrouth, enfer rouge, jours noirs de Sylvie Ballyot, Faire corps de Gianluca Matarrese ou encore Le Sang et la boue de Jean-Gabriel Leynaud, le palmarès confirme la capacité du documentaire d’auteur à explorer les grands bouleversements géopolitiques, sociaux et intimes qui traversent notre époque.

 

Dans un environnement audiovisuel où les logiques d’audience et de rentabilité occupent une place croissante, cette sélection démontre que les œuvres exigeantes, portées par un regard singulier, ont toujours une place dans le paysage audiovisuel.

 

 

 

France Télévisions et Arte, piliers du documentaire de création

 

 

Cette année encore, les diffuseurs publics occupent toujours les premiers rangs.  Les chiffres publiés par la Scam sont éloquents : les chaînes nationales publiques représentent l’essentiel des diffuseurs associés aux œuvres distinguées. Arte compte trois films étoilés, France 2 en totalise cinq, tandis que plusieurs productions ont également bénéficié du soutien des antennes régionales de France Télévisions.

 

La Scam ne manque d’ailleurs pas de rappeler ce constat dans son étude du palmarès :« Sans service public, pas de documentaires ! »

 

Une affirmation qui résonne particulièrement alors que les débats sur l’avenir de l’audiovisuel public se multiplient depuis plusieurs mois.

 

 

Le numérique s’installe durablement dans le paysage documentaire

 

 

Autre évolution notable : la progression des premières exploitations délinéarisées.

 

Cette année, dix films primés ont connu une première diffusion sur des plateformes telles qu’Arte.tv, Tënk, France.tv, UniversCiné ou Auvio, contre seulement quatre lors de l’édition précédente.

 

Cette évolution illustre une bascule progressive des modes de consommation du documentaire. Les plateformes, qui ne constituent plus uniquement des espaces de rattrapage, deviennent de véritables fenêtres de lancement pour des œuvres de création.

Pour les producteurs comme pour les auteurs, cette mutation ouvre de nouvelles perspectives de visibilité tout en permettant à certains projets plus atypiques de trouver leur public en dehors des grilles de programmation traditionnelles.

 

 

 

Les documentaires cinéma font leur entrée

 

 

Cette édition 2026 marque également une évolution importante du règlement.

 

Désormais, les documentaires exploités en salles peuvent concourir dès leur sortie en cinéma. Deux œuvres figurent déjà dans ce premier palmarès élargi : Il a suffi d’une nuit d’Emanuelle Bidou et Le Sang et la boue de Jean-Gabriel Leynaud.

 

Longtemps considérés comme deux univers distincts, le cinéma et la télévision partagent désormais des modèles de production, des diffuseurs et des parcours de diffusion communs.

 

Pour la Scam, cette évolution permet donc de mieux refléter la réalité contemporaine de la création documentaire, où les frontières entre écrans deviennent de plus en plus poreuses.

 

 

 

Une parité qui s’installe dans la durée

 

 

Si la question de la présence des femmes demeure un enjeu majeur du secteur audiovisuel, les Étoiles de la Scam, en tant qu’observatoire, confirment une tendance déjà observée ces dernières années.

 

Les femmes représentent 46 % des auteurs et autrices récompensés, contre 43 % l’an passé. Surtout, la parité est atteinte parmi les réalisations distinguées, avec quinze films réalisés par des femmes et quinze par des hommes…

 

Cette évolution témoigne d’une dynamique désormais installée au sein du documentaire de création, souvent plus avancé que d’autres secteurs audiovisuels en matière de diversité des regards et des parcours.

 

 

 

Une création qui continue de se réinventer

 

 

Le palmarès met également en lumière une vitalité du renouvellement générationnel. Huit premiers films figurent parmi les œuvres récompensées et neuf documentaires ont bénéficié de la bourse Brouillon d’un rêve de la Scam, confirmant l’importance des dispositifs d’accompagnement à l’écriture.

 

Dans un paysage audiovisuel soumis à de fortes contraintes économiques, les Étoiles 2026 rappellent ainsi que le documentaire d’auteur demeure un espace privilégié d’expérimentation, de transmission et de regard sur le monde.

 

Les trente films étoilés rencontreront leur public lors du festival Vrai de Vrai, organisé les 27, 28 et 29 novembre prochains au mk2 Bibliothèque à Paris.

 

 

Découvrez dès maintenant le Palmarès des Etoiles de la Scam !

 

Découvrez l’autre grande actualité du Sunny Side 2026-J1  :  Marché international du documentaire : Strasbourg succède à La Rochelle en 2027

 

 

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