La Vibox, sésame de la production live à petit budget

Dans un contexte de resserrement budgétaire, la solution mise au point par Simplylive Limited, basée à Hong Kong, a de quoi séduire les acteurs du sport en direct. Ceux qui en parlent le mieux sont sans doute ses premiers utilisateurs. « La Vibox est à la production live ce que l’iPhone et l’iPad ont été à la téléphonie mobile et aux tablettes. C’est une nouvelle interface très conviviale », s’enthousiasme ainsi Gilles Sallé, président d’AMP Visual TV, sur le stand de la société. Laquelle a joué le rôle de prestataire pilote.
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Publié le 19/06/2018

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Toujours est-il qu’à peine sortie de l’œuf (lire le dernier paragraphe de cet article : Expansion, un acteur jeune et déjà reconnu), Simplylive Ltd, son constructeur, introduit une rupture par son approche du marché. « La technologie IT évoluant grandement et permettant des choses qui n’étaient pas possibles voici encore deux ans, nous avons regardé comment nous pouvions créer un produit regroupant les fonctions de mélange vidéo, audio, ralentis, highlights, habillage graphique et archivage/import de fichiers. Nous avons adapté l’interface, qui peut se décliner sur plusieurs écrans, aux besoins des utilisateurs, au lieu de définir un moyen technique qui fait plein de choses, mais qui est la plupart du temps surdimensionné pour la production du sport live », détaille Luc Doneux, de retour cette année au Sportel dans son nouveau costume de directeur général, après en avoir longtemps été l’un des plus fidèles participants pour le compte d’EVS où il était en charge des grands événements sportifs.

 

Pour sa part, AMP Visual TV en a acquis dix exemplaires, à un prix unitaire oscillant de 35 000 à 80 000 euros selon la configuration. Neuf équipent à demeure des véhicules : sept de la nouvelle gamme I-Car (2.0) déployés depuis l’été sur tout le territoire et deux de la gamme IXI Prod dotés chacun d’un double écran pour la partie réalisation et la partie ralentis. Le dernier, bientôt en version 4K, peut être utilisé si besoin en fly case pour des spectacles vivants. « Très prochainement, une version laptop, encore plus légère, sera mise sur le marché », annonce Luc Doneux. Le prestataire utilise ainsi régulièrement la Vibox sur la Ligue 2 de foot pour beIN Sports, le basket pour SFR, le rugby pour la chaîne L’Équipe ou encore le National et certains matchs de Coupe de la Ligue pour Canal +.

 

Pour ces derniers, « le cahier des charges nous imposait d’avoir deux caméras. Un “bicam” en production classique, c’est à peu près le même prix qu’une production simplifiée à six ou sept caméras s’appuyant sur la Vibox. Sauf que, de nos jours, regarder un match filmé par deux caméras est insupportable », intervient, en marge du Sportel, François-Charles Bideaux, directeur de production du pôle sport de Canal +, lauréat du tout nouveau prix du second écran pour son application sur la Formule 1, décerné dans le cadre des Podiums d’Or. Ce que confirme Gilles Sallé : « La Vibox permet à des chaînes d’exposer des événements sportifs dans des standards de qualité qui ne seraient pas envisageables dans un schéma économique traditionnel. »

 

Jusqu’à douze caméras

La solution se recommande par sa flexibilité « car elle permet de moduler le nombre d’interfaces en fonction de la complexité éditoriale de la production », insiste Luc Doneux. Du coup, le nombre d’opérateurs – de un à quatre, selon les cas – est à géométrie variable. « Une production à quatre caméras peut mobiliser autant de cadreurs et deux opérateurs en régie. Une autre à six caméras demandera dix à douze personnes », détaille le responsable.

Avant la fin de l’année, la solution permettra de piloter jusqu’à douze caméras, contre six ou sept à l’heure du Sportel. Ces flux peuvent rentrer sous différents formats (SDI, NDI, RTMP en H264 ou H265, TS over UDP en H264 ou H265). La machine supporte le 720p, le 1080i et 1080p, ainsi que l’UHD.

Par ailleurs, elle peut jouer des clips et séquences ou des éléments graphiques fixes ou animés importés dans différents formats (DnxHD, Mpeg4, XDCam…).

L’affichage des sources s’effectue sous forme de vignettes. « L’application a été pensée pour des productions à distance. Du coup, on utilise de la multi-résolution à l’intérieur de la machine afin d’optimiser les ressources et les contraintes pour ce type de production », explique Luc Doneux.

Le programme final est enregistré en version propre et en version habillée. Une Vibox 8 peut supporter six caméras en entrée et enregistrer huit flux, en comptant le clean et le dirty. De plus, la machine est capable de streamer les huit flux simultanément pour une diffusion sur Internet.

Hormis le sport en direct, la Vibox est destinée à d’autres utilisations, comme le soutien à des programmes de formation aux métiers du broadcast, proposés notamment dans le cadre d’académies du type de celle créée par Host Broadcast Services (HBS), l’opérateur hôte des Coupes du Monde de la FIFA, laquelle accueille des étudiants et des professionnels de pays émergents, notamment africains. « C’est l’outil idéal pour la formation des réalisateurs, car il permet de faire abstraction de la technique et de ne travailler que sur l’éditorial », conclut Luc Doneux.

 

Expansion : un acteur jeune et déjà reconnu

Avec Hong Kong comme porte d’entrée sur le monde et des bureaux en Chine, aux États-Unis et en Belgique, Simplylive Ltd s’est fait une place dans le milieu des constructeurs, ciblant la production live en l’espace des quelques mois qui ont suivi sa création en septembre 2016.

Ses produits sont déjà commercialisés dans plus de vingt pays. Avec un début d’implantation au sein des chaînes de télévision (BBC, Fox Sports…) et chez les prestataires/intégrateurs parmi les plus connus, comme NEP en Europe et aux États- Unis, Gearhouse Broadcast aux États-Unis et en Australie, Presteigne au Royaume-Uni, BSI au Canada ou encore AMP Visual TV en France.

 

Hormis la Vibox et ses déclinaisons annoncées (Vibox 16 et Vibox 8 4K), Simplylive a lancé d’autres produits, comme les MMR-110 et MMR-410. Ces derniers se définissent comme des couteaux suisses digitaux permettant l’enregistrement sur clé USB, disque interne, disque réseau et FTP, ainsi que le streaming simultané d’un à quatre flux vidéo au format H264. Par ailleurs, la société a développé un back end unique et différents applicatifs métier (Vibox, Ref&Box, Vibox slomo, Xport…) peuvent travailler en parallèle sur celui-ci. C’est le cas également du BMR-8, un software permettant l’enregistrement en haute résolution + en H264 ou H265 de huit flux sur disque interne, disque amovible ou stockage réseau (captation), le streaming de huit flux en H264 et H265, ainsi que l’enregistrement/streaming en 4K.

« Notre solution de ralenti, exclusivement orientée software, va également beaucoup évoluer au cours des prochains mois afin d’offrir la meilleure qualité de slow motion sur le marché pour des productions à petits budgets », complète Luc Doneux. D’autre part, d’ici à 2019, sur un terrain connexe, celui de l’intelligence artificielle, la jeune société veut poursuivre sa martingale gagnante à l’export avec un projet encore confidentiel qui, promet le responsable, « va révolutionner la production live ».

 

 

* Article paru pour la première fois dans Mediakwest #25, p. 80-81. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

 

** Retrouvez également notre article  Sportel 2017, Aspera conjugue le sport à tous les modes. (publication programmée le 20.06.2018)

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