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Showmax Cinéma devient Delair Studios et séduit Hollywood

Après 15 ans de déploiement sur la France de son dispositif haute fidélité destiné aux salles de cinéma et aux studios de postproduction son, Showmax Cinéma, qui devient Delair Studios, renouvelle ses produits et part à la conquête du marché américain, espérant ainsi surfer sur le bond qualitatif des salles de cinéma.
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Quand on est à la tête d’une petite entreprise et qu’on invente un dispositif de restitution sonore pour le cinéma qui tranche avec la conception technique des salles existantes, il n’est pas facile de s’imposer vite et à grande échelle. Il faut être patient. C’est l’expérience que Pierre Vincent – le fondateur de Showmax Cinéma devenu depuis peu Delair Studios – fait depuis près de quinze ans.

Ainsi, bon an mal an, Delair Studios croît en s’appuyant sur des clients fidèles comme le Club de l’Étoile, le groupe TSF, le studio Copra, mais aussi bon nombre de sound designers français qui voient dans son système acoustique, un dispositif qui sollicite moins d’amplification et donc génère moins de fatigue auditive lors du mixage d’un film de long métrage. De fait, Pierre Vincent et ses ingénieurs du son sont parvenus à convaincre au fil du temps des sound designers aussi célèbres que Jean Goudier, Eric Tisserand, Joël Rangon ou Hervé Buirette de réaliser leurs mixages à l’aide de son système d’enceintes cinéma.

Le dispositif acoustique Delair Studios repose sur un concept qui consiste à utiliser un écran de projection « non-perlé » entrant en phase sonore avec les haut-parleurs centraux d’une salle de cinéma. Ce procédé, s’il nécessite la fabrication d’un écran spécifique, permet de restituer les médiums et bas-médium d’un film avec une meilleure fidélité que les dispositifs classiques qui utilisent des « écrans perlés », et ne nécessite pas d’utiliser des filtres électroniques pour compenser les pertes sonores liées à la traversée de l’écran. Pour assurer une parfaite intelligibilité des sons les plus clairs (haut médium et aigu), les enceintes centrales en phase avec l’écran doivent être complétées par deux enceintes extrême-aigu placées sur les côtés de l’écran.

 

 

Le Club de l’Étoile, terrain d’expérimentation

L’innovation de Pierre Vincent trouve aujourd’hui une seconde jeunesse du fait de l’essor progressif des projecteurs cinéma équipés de lampes laser en lieu et place des ampoules au xénon. « En effet, souligne l’inventeur, la précision redoublée des images affichées par un projecteur laser supporte plus mal les imperfections générées par des écrans perlés. »

L’absence de perforations qui caractérise les écrans Delair Studios donne un meilleur résultat, visuellement parlant. Et, pour s’en rendre compte, il suffit de visionner quelques images sur l’écran du Club de l’Étoile à Paris qui sert de « show room » à la technologie Delair Studios.

Cette salle de cinéma, destinée aux avant-premières en semaine et de salle ouverte au public le week-end, vient de s’équiper d’un nouveau projecteur laser Christie CP-4325 doté d’une nouvelle optique UHC (ultra haut contraste). Ce nouveau bloc optique permet d’atteindre des niveaux de contraste de 6 000 pour 1. Avec un tel appareil, compatible RGB, il est possible de respecter à 90 % le nouvel espace couleur Rec 2020, la profondeur de couleurs, standardisée la plus pointue à ce jour.

 

En parallèle de cette montée en puissance de la qualité d’image, le Club de l’Étoile a donc renouvelé son système audio qui datait de 2005, en adoptant la nouvelle gamme d’enceintes Delair Studios. La salle dispose désormais de 14 enceintes surround de nouvelle génération, à la fois peu profondes et de qualité audiophile. Elles intègrent les mêmes haut-parleurs que ceux utilisés sur les enceintes Atohm GT1-HD, GT2-HD et GT3-HD, dont la qualité a été plusieurs fois récompensée par des « Diapasons d’or ».

Cette qualité permet d’avoir une courbe de réponse en fréquences homogène de 80 à 22 000 Hz. Reliées à un processeur Dolby CP850, ces enceintes surround distillent un son multicanal 7.1 pleine bande passante. Ces canaux discrets ont l’avantage de permettre une répartition équilibrée de l’énergie sonore entre la partie balcon et corbeille du Club de l’Étoile, dont l’acoustique est bien particulière. Les réglages sont d’autant plus aisés que les nouvelles enceintes surround de Delair Studios ont un facteur de dispersion horizontale important et ne génèrent aucun trou dans l’espace sonore d’une salle de cinéma.

 

 

Delair Studios à la conquête des majors

Aujourd’hui, voyant que les salles de cinéma et les studios de mixage sont en plein bond qualitatif partout sur la planète, Pierre a mis en place des moyens humains et techniques en vue de convaincre massivement la filière d’adopter sa technologie.

Voulant notamment convaincre les studios de postproduction haut de gamme outre-Atlantique, il a commencé par changer de nom. « Delair Studios est un patronyme peu utilisé aux États-Unis et qui n’introduit plus de confusion autour de la marque avec de nombreux acteurs du cinéma américain utilisant le nom Showmax », commente-t-il.

 

De même, à la mi-février 2019 Delair Studios a décidé de présenter son dispositif et sa nouvelle gamme d’enceintes lors du fameux événement annuel de la HPA (Hollywood Professional Association) qui réunit durant cinq jours à Palm Spring l’essentiel des représentants techniques des majors hollywoodiens. Séduits, les quelque 300 professionnels du cinéma présents à la démonstration de Delair Studios lui ont même décerné le prix de la meilleure innovation de l’année 2019.

Tout auréolé de cette distinction et de la perspective d’équiper des studios de la côte ouest américaine, Delair Studios fera également la démonstration des possibilités de ses nouvelles enceintes face aux professionnels du cinéma français.

 

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.118/119. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.


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