Prix Scam 2018 : coup de projecteur pour les auteurs

Télévision, radio, journalisme, littérature, art numérique, photo, œuvres institutionnelles… les prix de la Scam récompensent dans leur diversité les plus belles écritures. Chaque année, des œuvres remarquables sont distinguées par des jurys d’auteurs et d’autrices. Cette mise en lumière encourage les plus jeunes et rend hommage aux auteurs et autrices confirmées.
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Publié le 28/06/2018

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Parmi eux, trois artistes sont récompensés pour l’ensemble de leur carrière :

Le Prix Charles Brabant pour l’ensemble de l’œuvre audiovisuelle remis au réalisateur Luc Moullet

«Qui n’a pas vu Luc Moullet danser à sa manière dans Ma première brasse(1981) n’a rien vu. Le cinéaste a tourné plus de quarante films, de tous les formats et selon tous les genres, dont dix longs-métrages. ‘’Il y a sans doute une espèce de folie en moi, ‘’reconnaît-il’’. Il s’agit d’une folie douce. Je ne sais pas lacer mes chaussures, tenir ma cuillère à table, je ne sais pas skier, ni conduire, ni danser, ni marcher au pas. Mais cette différence, qui passe pour de la folie, peut être également le fondement de la création artistique.’’» Antoine de Baecque.

Né en 1937, Luc Moullet débute comme critique aux Cahiers du cinéma. Auteur, cinéaste, acteur, producteur (de ses propres films mais aussi d’Eustache ou de Duras), qualifié par Godard de «Courteline revu par Brecht», sa filmographie se distingue par son éclectisme aussi savant que fou : comédie (Brigitte et Brigitte), aventure (Les Contrebandières), western (Une aventure de Billy le Kid), film érotique (Anatomie d’un rapport), journal intime (Ma première brasse, Les Minutes d’un faiseur de films), road movie (Parpaillon), film criminel (Au champ d’honneur), documentaire militant (Genèse d’un repas), géographique (Terre noire, La Terre de la folie), pédagogique (Barres, Essai d’ouverture)… 
Luc Moullet sera l’invité du FID Marseille pour une carte blanche le 12 juillet prochain. Et la Cinémathèque du documentaire lui consacrera une rétrospective les 9, 10 et 11 novembre à la Bpi au Centre Pompidou.

 

Le Prix pour l’ensemble de l’œuvre radiophonique décerné à François Angelier

François Angelier est né en 1958 à Angers. Marqué par son père bibliophile, il fait de brèves études de lettres et s’engage dans une expérience théâtrale avec Anne Delbée, sous le patronage de Claudel et Racine. Il fait ses débuts radiophoniques en 1981 sur France Culture, grâce à Olivier Germain-Thomas et Michel Cazenave, avec une émission consacrée à Lovecraft. En 1989, il intègre l’équipe de Jean Lebrun à Culture Matin. C’est avec ce programme, auquel il collaborera jusqu’en 1997, qu’il entre vraiment en radio. Il y pratiquera quotidiennement toutes formes d’activités, du reportage à la chronique, en passant par l’érudition et… le  mannequinat. Il écrit une fiction et produit plusieurs émissions, l’une d’entre elles étant consacrée au romancier Jean-René Huguenin. En 1992, il crée, avec Emmanuel Laurentin et Jean-Christophe Ogier, l’émission Mauvais genres (ex-Bande à part) sur France Culture, magazine d’actualité des cultures de genre (polar, SF, BD, érotisme), qu’il reprendra en 1997 et dont il assure l’animation et la production depuis vingt ans. Collaborateur du Monde des livres, il est également l’auteur d’ouvrages consacrés à Claudel, à François de Sales et à Jules Verne. Il travaille actuellement à une biographie de Georges Bernanos.

 

Le Prix Christophe de Ponfilly pour l’ensemble de l’œuvre journalistique attribué à Florence Aubenas

«Quand j’ai commencé le reportage, c’est tout de suite devenu une drogue : je n’arrivais plus à rentrer chez moi». Engagée à Libération en 1986, Florence Aubenas y travaille pendant plus de vingt ans avant de rejoindre Le Nouvel Observateur, et aujourd’hui Le Monde, témoignant des événements dans les zones de conflit : l’Algérie, le Rwanda, le Kosovo, l’Irak, la Syrie… Refusant l’appellation « correspondante de guerre», elle travaille aussi sur ce qu’elle nomme « les dossiers du bas de la pile », ces petites histoires que rien ne prédestine à finir dans les colonnes d’un journal : les vacances en Camargue, le suicide d’un agriculteur vendéen (qui finalement ne se suicide pas) ou le premier jour de travail d’un apprenti dealer à Nanterre. Le 5 janvier 2005, lors d’un reportage sur les réfugiés de Falloujah, en Irak, elle est enlevée, avec son fixeur Hussein Hanoun al-Saadi. Ils seront libérés au bout de six mois. Pour son livre Le Quai de Ouistreham (prix Joseph Kessel 2010), elle s’est inscrite à Pôle emploi et a passé six mois aux côtés de femmes de ménage sur un ferry. Elle a également publié La Méprise, sur l’affaire d’Outreau et En France (prix de l’Académie française 2015), recueil de ses chroniques dans Le Monde.

 

Par ailleurs, le conseil d’administration de la Scam a souhaité donner au prix des Auteurs, créé en 2009, le nom de Jean-Marie Drot, réalisateur et écrivain, membre fondateur de la Scam et défenseur inlassable des arts, de la diversité culturelle et du droit d’auteur. Ce prix qui récompense celles et ceux qui, par leur engagement, œuvrent en faveur de la culture et des auteurs et autrices, est attribué à Jean-Noël Jeanneney

Né en 1942 à Grenoble, diplômé de l’IEP de Paris et agrégé d’histoire, Jean-Noël Jeanneney consacre une année à faire le tour du monde grâce à une bourse Singer-Polignac. Il en fera le récit dans Le Riz et le Rouge : cinq mois en Extrême-Orient (Le Seuil, 1969). À son retour, il enseigne l’histoire contemporaine à  l’université de Nanterre. Docteur ès lettres en 1975, avec une thèse sur François de Wendel en République : l’argent et le pouvoir (Le Seuil, 1976), il est nommé professeur des universités à Sciences Po en 1977. Il y a enseigné depuis lors l’histoire politique, l’histoire culturelle et l’histoire des médias. Il a exercé diverses responsabilités publiques, dont président de Radio France et de RFI, de la Mission du Bicentenaire de la Révolution et président, entre 2002 et 2007, de la BnF, où il a conduit en particulier un combat pour la création d’une bibliothèque numérique européenne. Il a appartenu à deux gouvernements de François Mitterrand (1991-1993). Aujourd’hui, il préside le conseil scientifique des Rendez-vous de l’Histoire de Blois, le jury du prix du Livre d’histoire du Sénat, le jury du prix François Mauriac de Malagar, ainsi que la Fondation du musée Clemenceau. Auteur de nombreux ouvrages historiques, de documentaires et de deux pièces de théâtre, il présente chaque samedi matin Concordance des temps sur France Culture. Jean-Noël Jeanneney est docteur honoris causa de l’Université libre de Bruxelles, chevalier de la Légion d’honneur et grand officier de l’ordre national du Mérite.

 

 

Les prix de la Scam, Société civile des auteurs multimedia, ont été remis aux vingt lauréats vendredi 22 juin à Paris. Retrouvez en ligne l’intégralité du palmarès et le dossier de presse.

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