Projeter du live au cinéma et en streaming, c’est possible !

La diffusion en direct des programmes dans les salles (opéras, concerts,...) passait jusqu'ici exclusivement par le satellite. La société néerlandaise Gofilex a présenté, à l'occasion du dernier congrès des exploitants de Deauville, une solution permettant de transmettre ces contenus en passant par les réseaux terrestres à haut débit (DSL, fibre). Explications sur cette innovation qui pourrait changer la physionomie de la diffusion des contenus alternatifs.
concert.jpg

Publié le 07/11/2016

concert.jpg

 

Principes

Transmettre un programme à une salle de cinéma pour une diffusion en direct requiert un débit de données important et constant que seul le satellite peut garantir. Les réseaux terrestres à haut débit, qui bénéficient à un nombre toujours croissant d’usagers en France, offrent une bande passante suffisamment large pour acheminer des programmes de qualité cinéma en temps réel; mais comme ces réseaux sont collectifs, le débit varie en fonction du nombre d’utilisateurs en ligne à un instant donné.

Gofilex, une société néerlandaise spécialisée depuis 1938 dans la logistique du transport des copies vers les salles, a conçu une solution qui tient compte de ces variations de débit. Prévenons d’emblée que tous les cinémas ne pourront pas en bénéficier dans l’immédiat : il faut disposer d’une bande passante d’au moins 20 mégabits par seconde à l’entrée de l’établissement , ce qui est quand même le cas aujourd’hui de la grande majorité des cinémas implantés en zones urbaines.

Comment fonctionne la solution Gofilex ? Elle peut être utilisée de trois manières : dans le cas d’une diffusion en temps réel – c’est à dire d’un vrai direct -, la solution est conçue pour optimiser la qualité de la projection quand le débit baisse. La qualité des images peut être ponctuellement altérée (généralement sur de courtes durées et d’une manière telle qu’un public non professionnel ne perçoit pas la différence) mais la projection n’est jamais interrompue (une éventualité qui déclenchait des vagues de sueurs froides dans les cabines au début des projections en direct il y a quelques années).

Le deuxième mode d’utilisation garantit une qualité de projection optimale tout au long des séances. Il consiste à décaler la projection du direct de quelques minutes (du “vrai-faux” direct) de manière à laisser le temps à toutes les données numériques requises de parvenir au cinéma avant que les images correspondantes soient projetées sur l’écran. L’ensemble des images sont ainsi restituées en toute intégrité quel que soit le niveau d’encombrement de la ligne à haut débit.

Ce principe très utilisé pour diffuser les programmes en streaming sur internet s’appelle la bufferisation. Sur le web, il suffit d’un décalage de quelques secondes pour le rendre efficace. Dans le cas des programmes de cinémas, beaucoup plus volumineux (en octets) que les contenus diffusés sur internet, mieux vaut régler le système de réception Gofilex de manière à ce que la projection soit décalée de quelques minutes ou plus.

La solution Gofilex offre enfin la possibilité d’enregistrer l’intégralité du flux de données pour projeter le programme au moment où on le souhaite ou pour l’exploiter plusieurs fois. Si elle est utilisée exclusivement dans de ces conditions, la solution Gofilex peut convenir à des salles disposant d’un débit inférieur au seuil de 20 mégabits par seconde.

 

L’équipement nécessaire

La solution fournie par Gofilex se compose de trois éléments :

. un système de lecture des programmes (la Mediabox)

. un serveur (le FilmVault) qui gère la bufferisation et l’enregistrement des programmes

. un routeur qui assure la réception des paquets de données.

Le prix de ce matériel est sensiblement inférieur à celui d’un système professionnel de réception par satellite (préférable à un équipement grand public si on veut éviter tout risque d’interruption pendant les séances).

Gofilex met cet équipement à la disposition des salles, service qu’elle facture à chaque utilisation comme les autres prestations : supervision du système à distance, suivi des opérations de transmission et réalisation des tests avant chaque diffusion. Autre avantage par rapport au satellite (dont les transpondeurs ne peuvent pas être mobilisés sans réservation préalable), les exploitants peuvent programmer ces tests quand ils le souhaitent.

Gofilex a jusqu’à présent installé sa solution dans 1 300 cinémas implantés principalement dans des territoires du nord de l’Europe. C’est dans ces pays, précurseurs des réseaux haut débit, que la société a commencé à acheminer des programmes live vers les salles avec sa solution il y a environ trois ans. L’arrivée de Gofilex en France est un bon signe : les réseaux deviennent aussi performants au sud.

Articles connexes

Dossier : Formation audiovisuelle et IA…

2026, l’année charnière ? C’est une évidence : l’offre de formations IA explose avec le lancement de mastères spécialisés dès...
L’enseignement de l’IA vu par Midjourney… © DR

17 septembre 2026

Broadpeak fait passer la publicité TV à l’achat direct avec Click2Cart

Broadpeak lance Click2Cart, une évolution de sa solution de publicité interactive Click2. Le principe est simple à formuler, mais lourd...
Avec Click2Cart, Broadpeak veut faire passer la publicité TV à l’achat direct

17 septembre 2026

ST 2110 et virtualisation : BOB prépare la nouvelle génération de régies broadcast

Invité du Plateau SATIS TV Mediakwest, Cyril Mazouër, fondateur de BOB – La Boîte à Outils Broadcast, dresse un état...
Après le ST 2110, la virtualisation, BOB ouvre un nouveau chantier pour les régies broadcast

16 septembre 2026

À découvrir dans Mediakwest #68, des sujets sur l’hybridation broadcast, l’IA, l’ Eurovision, la Sony FX5…

Broadcast hybride, intelligence artificielle dans les workflows, nouvelles caméras cinéma, technologies du direct… Mediakwest #68 décrypte des transformations qui s’installent...
Broadcast, IA, Sony FX5, Eurovision… À découvrir dans Mediakwest #68 !

14 septembre 2026

Dernier numéro

Découvrez toutes les nouveautés

Dernières Vidéos

Après le ST 2110, la virtualisation, BOB ouvre un nouveau chantier pour les régies broadcast
Du documentaire animalier aux écrans immersifs : le pari technologique de Saint Thomas Productions
"V Studios Vendargues : France Télévisions étend son pôle de production à neuf plateaux", Laurence Schwob, directrice de l'innovation de France Télévisions
IA et creator economy : chez Webedia, les workflows changent et les créateurs « full IA » émergent

Mediakwest, est le premier magazine « multiscreen » destiné aux professionnels de l’audiovisuel, de la télévision, du broadcast, du cinéma, des nouveaux médias et de l’entertainment.

Accès rapide