Ecrans

Test du Philips 65 PFL9708 – La course est lancée !

Foi de MediaKwest. Vous allez voir ce que vous allez voir. D'un côté, il y a les studios et les fournisseurs de contenus qui s'ébrouent autour du 4K, de l'autre, le monde de l'électronique qui voit en l'Ultra HD et la « 4K » des mannes célestes capables de faire (re)décoller des marchés souvent à la peine. L'effervescence règne de Séoul à Tokyo en passant par Taïwan, Hong-Kong ou encore l'Europe, où Philips/TP Vision a développé depuis des mois son premier téléviseur Ultra HD, dans lequel il fonde évidemment des espoirs empressés. Nous avons eu l'opportunité de l'avoir sous les yeux pendant des semaines.
426eebb550cd46ce73cc8dcc4d1699c9.jpg

 

Le salon de l’IFA 2013 de Berlin, qui se tient du 5 au 11 septembre, est à marquer d’une pierre blanche. On peut même lui ériger une stèle sur laquelle on pourra lire « Ici a débuté le début de la pandémie Ultra HD/4K propagée par toute l’industrie de l’électronique ». Première chose qui fera bondir – ou pas – les personnes qui lisent ces mots sur MediaKwest : la ligne de démarcation entre certains
matériels du secteur pro et du segment grand public semble voler en éclats. Plus que jamais, les marques présentes sur place ont joué de la concomitance la plus assumée entre les produits dits professionnels (monitors, caméras 4K, etc.) et les modèles plus particulièrement destinés au « grand public » (TV UItra HD notamment). Bref, en deux mots comme en mille, ce grand public est adulte, concerné, et parfaitement au fait de ce qui se trame, et ce, grâce à Internet, à la communication des marques et des Studios, et aux magazines en ligne. La réelle surprise vient plutôt du nombre d’acteurs qui se jettent dollars et âme dans la bataille de l’Ultra HD, dont on sait, ne nous voilons pas la face, que ce n’est que le début d’une aventure qui ne peut que réussir, tôt ou tard, car il  s’agit d’une évolution logique (contrairement à la 3D…). À dire vrai, si une marque ne présentait pas un modèle Ultra HD, bien  fignolé des boulons ou en version prototype présentable, elle faisait figure de Has Been notoire parée pour un lancé de tomates bien juteuses. De Haier à Samsung en passant par LG, Sony, Toshiba, Sharp, Philips/TP Vision, Seiki Digital, Panasonic… tous les cadors de la profession exhibaient leurs bestioles devant les yeux ébahis de visiteurs qui n’en croyaient pas leurs rétines. Parmi ces marques, une d’entre elles reste particulière dans le coeur des pays situés à l’est de la France : Philips / (récemment TP Vision). Le géant a profité du salon de l’IFA 2013 de Berlin pour présenter au monde son 65 pouces Ultra HD, répondant au nom de code 65PFL9708. Ce modèle débarque concrètement après des mois de rumeurs quant à sa date de lancement, reculée afin de coïncider avec celle du salon berlinois.

À noter que si le rachat de Philips (vidéo) par le chinois TP Vision est effectif, ce sont les mêmes techniciens et ingénieurs historiques qui ont travaillé sur le premier téléviseur Ultra HD / 4K libellé Philips. Les coudées ont été laissées franches. Nous avons pu le constater lors de nos nombreuses visites en Allemagne lors de la conception
de ce produit, qui a vécu une longue et prudente gestation.

Les traditionnelles recettes de Philips, pulsées en Ultra HD

Démesure étant, le fabricant lance directement un modèle d’une diagonale de 65 pouces, laissant ses confrères s’éparpiller avec des 55, 65 et 84 pouces. Ce 65 pouces maison se veut, évidemment, le fer de lance de l’entité, sa figure de proue et son symbole de performances adaptées à la mouvance de l’Ultra HD / 4K. Le mot « premium » apparait sur tous les documents du fabricant, de la dalle 3840 x 2160 en passant par l’électronique,
le rétroéclairage, l’ouverture sur les médias, la mise en réseau, ou même son fameux procédé Ambilight (barres LED qui affichent une colorimétrie adaptée à la nature du signal diffusé par la dalle). Bref, on sent que Philips a allongé les euros, et compte bien le faire savoir. Allons-y point par point, façon télégraphique.

– Le design de la bête : sobriété et classe totale du monolithe. La dalle est insérée dans un design à bords relativement fins, et l’ensemble est assis sur un pied en aluminium chromé superbe. Le produit peut évidemment se retrouver arrimé à un mur grâce à une fixation universelle VESA (option).

– La dalle utilisée : même en jouant aux Sherlock Holmes de service, Philips n’a pas désiré communiquer sur la provenance de la dalle installée. Il s’agit d’un modèle 3840 x 2160 pixels capable de travailler en 100 Hz/Ultra HD, ce dont tous les téléviseurs ne peuvent pas se vanter. En effet, certaines marques asiatiques lancent des écrans libellés 4K peu onéreux qui sont incapables d’assurer une telle cadence. À notre connaissance, et à l’heure de ces mots, les grands fabricants insistent sur le fait que les dalles Ultra HD / LCD utilisées ne dépassent cependant pas le balayage 100 Hz en 3840 x 2160.

– La dalle LCD travaille sous l’égide de la technologie VA (Vertical Alignment), c’est-à-dire un alignement vertical des molécules, très utilisé sur les monitors LCD. Lorsqu’il n’y a pas de tension, les molécules sont alignées perpendiculairement à la cellule, et bloquent la lumière. Dès qu’on les motive via une joyeuse impulsion électrique, elles se placent à l’horizontal et laissent passer le flux lumineux. L’avantage premier est la rapidité du mouvement. L’avantage second est un ratio de contraste naturellement élevé. L’inconvénient reste un angle de vision qui peut connaître des coups de mou selon la position du spectateur. À noter que la dalle développe une luminosité de 450 candelas/m2.

– Le rétroéclairage : vase de Soissons du LCD, le rétroéclairage joue un rôle majeur dans la qualité de l’image perçue. Tant sur ses monitors que sur ses TV, Philips a toujours soigné ce point, favorisant la technique Edge LED (diodes placées en périphérie) avec local dimming (plaques lumineuses indépendantes). Désormais, voici voilà le micro dimming plus, c’est-à-dire, en clair et sans décodeur, des segments lumineux indépendants qui assurent ainsi un rétroéclairage qui sait respecter les zones claires et sombres, sans qu’elles ne se marchent sur les pixels. Histoire d’amuser les foules, le fabricant annonce un ratio de contraste dynamique porté à 500.000 / 1. Ça nous change déjà des annonces souvent farfelues à 10 millions/1…(no comment).

– Le traitement de la vidéo : il est crucial et sa qualité se doit d’être sans faille. Lors de nos sessions de travail avec les ingénieurs de Philips / TP Vision (et autres marques), ces derniers n’ont pas hésité à clamer que la qualité de l’up-scale des sources non Ultra HD / 4K était la « chose » la plus importante qui soit pour un diffuseur Ultra HD / 4K. De fait, les équipes de Philips s’y sont attelées point par point : limitation du crénelage sur les diagonales (aliasing), accroissement du piqué lors de l’up-scale afin que l’on n’ait pas la sensation d’un
remplissage des pixels de la dalle sans effet sur l’image, travail sur le judder et les effets de halo autour des contours, et sous-balayage en 900 Hz afin d’assurer une fluidité probante. À noter que le processeur utilisé par Philips est capable de traiter 4 milliards d’infos en instantané. De plus, le circuit est également capable de  peaufiner une source Ultra HD / 4K native en matière de colorimétrie, contraste, fluidité affichée et réduction de bruit vidéo résiduel. Le menu à l’écran croule littéralement sous les options, qui n’ont rien de « grand public ». En guise d’info complémentaire, il vous faut savoir que ce 65 pouces est compatible 3D en passif. Elle sera donc affichée en Full HD par la dalle Ultra HD / 4K.

– Interaction, mise en réseau : autre point fort de la bestiole, son ouverture d’esprit et sa télécommande double-face font mouche, dont une face offrant un clavier Qwerty fort à 46 touches (navigation Internet). Le téléviseur intègre le WiFi en 2×2, le protocole DLNA, le WiDi (Intel) et le WiFi Direct autorisant Miracast. Un smartphone (iOS ou / et Android) pourra prendre le pouvoir via une App, et assurer également le va-et-vient d’infos via Miracast (affichage des infos du smartphone sur TV, tablette qui peut devenir second écran de la TV en utilisant son second tuner), etc. Les options sont multiples car Philips fait partie de la Smart TV Alliance. De plus, ce 65 pouces est un as de la Social TV (affichage des tweets pendant un programme TV, Skype, Facebook…).

 

Sur le terrain : des images surprenantes avec les sources Ultra HD /4K

Le 65PFL9708 a été testé avec une foultitude de sources, dont des mires, des photos en 3840 x 2160, des extraits de films en 3840 x 2160 fournis par Philips, des sources Full HD, des Blu-ray en 3D, etc. Nous avons en effet pu passer quelques jours en compagnie de ce produit, qui fut officiellement dévoilé lors du salon européen de l’IFA de Berlin.

Pour débuter, nous avons affaire à une dalle fortement réfléchissante, un véritable miroir. Cela peut s’avérer gênant lors de certaines configurations en contre-jour. Secundo, l’angle de vision se situe dans la bonne moyenne, mais n’est pas exceptionnel (dalle VA), tout en étant fort respectable. Pas de clouding sur le modèle testé, mais vous savez qu’il s’agit d’un phénomène aléatoire, au gré de la production des dalles LCD. Justement, sur ce point, tout Ultra HD / 4K que soit ce modèle, il n’en reste pas moins un écran « LCD », avec les qualités et les défauts inhérents à cette technique d’imagerie. MediaKwest se plaît évidemment à rêver à des OLED-TV en Ultra HD/4K, de l’étoffe de celles présentées par Panasonic et Sony lors des divers salons mondiaux (CES de Las Vegas, etc.). D’après nos infos, ce n’est pas pour demain… Désolé.

Concernant la qualité ressentie de l’image du Philips, il est important de distinguer deux cas de figure : soit on balance du 3840 x 2160 natif, soit on lui infuse des signaux SD et Full HD.

Dans le cas de la diffusion de signaux Ultra HD / 4K natifs (photos, vidéo, films via disque dur externe), ce 65 pouces s’en tire bien plus que haut la main en délivrant une image que l’on peut se méprendre à trouver « en relief » tant le circuit vidéo est à même d’en retranscrire les nuances d’arrière-plans (surtout avec les photos). Tous nos tests sur le terrain ont en effet fait ressortir cette profondeur de champ accrue, amplifiée par un traitement de la vidéo qui parvient à un juste équilibre entre piqué non exagéré et petit nettoyage de l’image (on sent rapidement que le cerveau du Philips / TP Vision ne reste jamais neutre). L’utilisateur n’aura pas
à se jeter sur les paramètres afin de peaufiner le résultat qui, avec une source à la hauteur, et des réglages quasi-neutres du cerveau électronique, sera affiché avec un ratio de contraste élevé. La colorimétrie est un des points forts de ce produit. Toutes nos mires ont fait montre d’une saturation élevée et d’une grande fidélité
chromatique.

Lors de nos essais avec des signaux SD et Full HD, nos résultats ont mis en exergue le bon boulot de Philips / TP Vision en matière d’up-scale (ce ne sont pas des débutants), mais bémol parfois. Densité totale dépassant les 8 millions de pixels étant, la dalle n’est pas la dernière à dénoncer les petites faiblesses d’une source, et de son up-scale. À dire vrai, quand nous diffusions des sources en Full HD, il n’était pas rare de constater quelques effets de crénelage des diagonales (aliasing), du moins si le spectateur gardait la même faible distance de recul prescrite pour les signaux Ultra HD / 4K. On sentait que l’électronique avait du boulot afin de « fabriquer » une
image 3840 x 2160 à partir d’un signal Full HD (ou SD / DVD par exemple), surtout lorsque l’on sait que Philips ne se contente pas de multiplier bêtement les pixels par 4, mais assure un gros travail de reconstruction de l’image (re-mapping). Cependant, avec certaines images issues de Blu-ray bien conçus (masters 4K de Lawrence
d’Arabie, Taxi Driver, District 9, etc.), les résultats dépassaient ceux que l’on peut obtenir sur une dalle Full HD native en termes de profondeur et de définition.

Selon MediaKwest, les résultats les plus discutables ont été obtenus avec les sources Full HD de type 3D, diffusées en passif, donc en Full HD sur la dalle Ultra HD / 4K. Le lignage assez insistant et les effets de crénelage sur les diagonales nous ont parus exagérés sur le modèle testé. Par contre, saluons une section audio qui en a dans les haut-parleurs, et cet incroyable contrôle du spectacle audio, vidéo et multimédia via un menu à l’écran gigantesque. Si ce modèle connaît quelques petits hoquets avec certaines sources qui ne sont pas en Ultra HD / 4K en natif, il n’en reste pas moins une démonstration de force de la part des équipes de Philips / TP
Vision.

 

Caractéristiques techniques

Téléviseur LCD, diagonale d’image 65 pouces
Définition : 3840 x 2160
Balayage de la dalle : 100 Hertz
Luminosité : 450 candelas au mètre carré
Type de rétroéclairage : micro dimming plus Philips (Edge avec segments indépendants)
Ratio de contraste dynamique : 500 000/1 compatible 3D (diffusion en passif), circuit de conversion 2D vers 3D.
Traitement de la vidéo : up scale des sources SD et FHD vers Ultra HD, travail sur la définition, la réduction de bruit, le contraste, le mouvement et les couleurs (sur tous types de sources).
Section audio : compatibilité avec Dolby Digital plus, DSP, 3D audio, subwoofer de 1 litre.
Fonctions : Smart TV, Miracast , mise en réseau DLNA, réseaux sociaux Twitter et Facebook, VOD, Wi-Fi Direct, possibilité de télécharger une application qui assure le pilotage du téléviseur via un smartphone Android ou iOS. La fonction Miracast peut donner accès à un second écran sur le smartphone ou la tablette via le second tuner du téléviseur.
Télécommande : double face, dont une face dotée de 46 touches QWERTY. Elle peut être utilisée en tant que pointeur.
Prix : 5500 € TTC

 


Articles connexes