Montage video : passage en revue de tous les types de raccords

Voici les principaux procédés de raccords conçus pour fluidifier un montage, le passage entre deux plans.
Effet « Bullet Time » créé par Dominique Vidal de la firme d’effets spéciaux française Buf et popularisé dans le film « Matrix » réalisé par les Wachowski en 1999. © DR

Si on s’approche de la transition effective entre deux plans, au niveau macroscopique de la séquence, des raccords ont été conçus pour fluidifier le montage d’un film. Le passage entre deux plans représente un choc visuel que l’on cherche ainsi à atténuer. Ces procédés peuvent également acquérir une beauté purement esthétique et donner une couleur forte à un film ou à une série via une systématisation de leur emploi.

 

Raccord dans le mouvement

En se servant d’un mouvement pour effectuer la transition entre deux plans, l’œil et le cerveau du spectateur étant concentrés sur celui-ci, la fluidité est optimale.

 

Raccord champ/contrechamp

Nous l’avons évoqué dans la description de la règle des 180 ° décrite dans notre article « Style, Esthétisme et « écoles » de montage ».*

 

Raccord de regard

Dans le premier plan, on voit le regard, le second dévoile la scène regardée. C’est une figure qui peut être développée pour « tricher » avec le spectateur et l’emmener immédiatement dans un autre lieu.

 

Raccord dans l’axe

On change de valeur de plan pour passer d’un plan au suivant. La règle souvent énoncée invite à espacer les deux valeurs de plans d’au moins une valeur intermédiaire (du gros plan au plan taille ou du plan poitrine au plan américain par exemple).

 

Règle des 30 °

Si on change d’axe entre deux plans, une autre règle invite à respecter un angle minimum de 30 ° entre les deux axes.

 

Raccord de direction ou entrée/sortie de champ

Lorsqu’un sujet sort du plan à gauche, il doit entrer dans le plan suivant par la droite et inversement. C’est un raccord très pratique qui autorise par nature des ellipses temporelles et spatiales.

 

Raccord de direction avec champ vide

Dans ce raccord, le personnage sort du champ du premier plan avant qu’on le retrouve dans le second plan. L’autre option consiste à démarrer le second plan avant l’entrée.

 

Jump-cut

C’est une coupe dans un même plan qui propose une avance dans le temps sous forme d’ellipse. On se trouve face à un effet de saute d’image, de plan sur plan. Le procédé permet de dynamiser le montage. Pour éviter d’apparaître comme une erreur de montage, il est habituellement répété plusieurs fois de suite.

 

Faux raccord

On est d’accord ! On parle ici d’un raccord habituellement considéré comme une erreur, construit en choisissant délibérément de casser les règles habituelles précédemment exposées. Eisenstein jouait déjà avec ces chocs visuels pour casser la continuité entre les plans et accentuer le conflit. Des cinéastes de la nouvelle vague, dont Jean-Luc Godard, en ont fait un usage remarqué, en plus de l’utilisation de jump-cuts.

 

Raccord de position, plastique ou d’analogie

On utilise des analogies dans le cadre de deux images : des analogies de formes, de couleurs, de position des éléments, pour raccorder deux plans qui peuvent être très éloignés.

 

Montage cubiste

Ici les plans sont enchaînés avec un recouvrement temporel ; le temps semblant pour un instant gelé. Eisenstein (encore lui !) a mis en place de tels raccords. L’effet bullet time, popularisé par Les Wachowski en 1999 dans Matrix, exploite un grand nombre d’appareils photos qui figent l’instant en permettant une évolution impressionnante du point de vue dans l’espace.

 

* à lire ici  https://moovee.tech/mv5_style-esthet…oles -de-montage/ ‎

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Moovee #5, p.72/79. Abonnez-vous à Moovee (6 numéros/an) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité