Micro Salon 2026 © Denica Tacheva
Jacqueline Delaunay l’assume, le point de départ n’est pas la quête d’un “adossement” à tout prix. C’est l’anticipation. « Je me suis dit que je devais prévoir la suite d’ACC&LED. Et que je devais me donner du temps pour le faire. » Ce temps, elle le met au service d’un critère plus politique que financier, en d’autres termes, la compatibilité de culture. « Dans l’ADN, dans la façon de travailler, dans la façon de traiter les salariés, de traiter les clients, RVZ, c’était la plus proche de mes valeurs. » se confie-t-elle.
Le rachat, pour ACC&LED, se joue donc sur une promesse – continuer à faire ce que l’entreprise sait faire, tout en gagnant du champ. À condition que l’intégration ne casse pas la dynamique opérationnelle.
Comment ne pas diluer l’ADN ?
Dans les propos de Jacqueline Delaunay, “croissance” n’est pas le mot qui renvient en premier, c’est “maintien”, au sens noble. « L’idée pour RVZ, c’est déjà de maintenir l’activité d’ACC&LED telle qu’elle a toujours été. » En clair, il n’est pas question de rebranding précipité, ou de révolution d’organigramme annoncée comme une performance. L’enjeu est la continuité de service. Pour les clients, c’est la lisibilité. Pour les équipes, c’est la stabilité du cadre de travail.
Cette stratégie colle aussi à son diagnostic sur le marché. La présidente d’ACC&LED souligne : « Le marché est compliqué depuis déjà quelques mois et il a fallu fixer une priorité de survie active. Préserver l’ADN. Maintenir l’état de l’art. » Cela veut dire rester au niveau techniquement et ne pas lâcher l’exigence sur les matériels et les méthodes, même quand les budgets se resserrent. Autrement dit, le défi est de protéger les positions acquises pour encaisser une année qui, selon elle, restera dure.
Les synergies qui servent le plateau
La synergie n’intéresse personne quand elle reste un PowerPoint. Delaunay la ramène au concret, celui que comprennent immédiatement les productions et les chefs de projet. ACC&LED n’est pas caméra. RVZ l’est. « Nous, on ne fait pas de caméras, chez RVZ, ils en font. » Résultat, sur un dossier où la demande caméra arrive, le groupe peut répondre plus large sans renvoyer le client vers un troisième prestataire. « Quand ils nous ont demandé de la caméra, on peut proposer la solution avec RVZ. Et les clients sont assez satisfaits de cette possibilité. »
Le bénéfice est limpide. Un interlocuteur de moins, un périmètre plus cohérent, une offre qui couvre davantage de besoins, sans bricoler. C’est un avantage compétitif. Le client gagne en fluidité, le prestataire gagne en solidité.
Et l’échange va dans les deux sens. RVZ accède au parc d’ACC&LED. Là encore, il n’y a pas de promesse abstraite. Un parc, c’est une capacité de réponse, donc une capacité à prendre un projet et à ne pas laisser filer la demande chez un concurrent.
Pour 2026, Jacqueline Delaunay résume l’équilibre à tenir : « J’espère que toutes les nouvelles technologies qui arrivent travaillent dans l’esprit, dans le but de nos métiers, et pas contre nos métiers. » La traduction du terrain est de choisir les outils qui renforcent la création et la production, pas ceux qui fragilisent la valeur du travail.








