Trois questions à Emmanuel Linot, directeur des opérations et de la production SolidAnim (WebTV)

En septembre dernier, SolidAnim, spécialiste reconnu du motion tracking, signait un partenariat avec Ross Video afin d’orienter son offre vers l’univers du broadcast. Emmanuel Linot, directeur des opérations et de la production SolidAnim, l’un de ses trois fondateurs, nous en dit davantage. L’entretien s’est déroulé sur notre plateau Mediakwest-Satis 2015.
video

« Mediakwest : Pouvez-vous nous détailler votre offre faisant suite à votre accord avec Ross Video ?
Emmanuel Linot : Elle tient à un outil, SolidTrack, qui nous permet de « tracker » la caméra en temps réel et d’afficher des effets spéciaux ou des éléments virtuels à l’écran. C’est une technologie que l’on utilisait jusqu’à présent beaucoup pour le cinéma et en previz. Nous avons décidé de nous rapprocher de Ross Video afin d’adresser cet outil, cette technologie, au broadcast, pour des émissions « live », des événements sportifs…

 

MK : Vous restez également très impliqué dans l’univers du cinéma, vous avez un bureau à Los Angeles et, récemment, vous avez collaboré au long métrage « The Walk », titré en français « Rêver Plus Haut », il s’agit du dernier film de Robert Zemeckis, une belle référence pour votre société…

Emmanuel Linot : Oui, tout à fait, c’est vraiment le cas dans lequel SolidTrack est réellement intéressant. Robert Zemeckis avait besoin, pour ce film, de visualiser les tours du World Trade Center et faire des mouvements de caméras aériens avec sa caméra. SolidTrack lui a permis  d’afficher cette perspective et de cadrer l’acteur vraiment comme s’il était au-dessus des tours. Nous sommes très fiers d’avoir participé à ce projet. Nous avons également collaboré l’année dernière à d’autres films qui sortiront bientôt, à savoir Alice au pays des merveilles, le deuxième volet et Gods of Egypt.

 

MK: Et qu’est-ce qui fait qu’une petite société française arrive à séduire les majors américaines ?

Emmanuel Linot : C’est vrai que nous sommes une petite société, une start-up, nous sommes une quinzaine de personnes aujourd’hui, je crois qu’on a une bonne technologie. Il est vrai que les Américains ont aussi d’autres systèmes, mais ils sont tout de même plus lourds en installation. Nous, nous avons beaucoup travaillé sur la souplesse de notre procédé. En fait, en cinq minutes, on peut être prêts à afficher les effets voulus. Voilà, c’est vraiment cela qui les a séduits. Nous avons fait des démonstrations, on a passé les différentes étapes pour pouvoir convaincre les personnes. Après cela, en fait, tout s’enchaîne. Quand on arrive à produire des effets sur un film, ça s’enchaîne. Maintenant nous espérons remporter le même succès à la télévision que nous avons eu au cinéma. C’est notre objectif. »