Off-Courts, « Le festival du court qui voit grand »

Pour sa seizième édition, Off-Courts a confirmé son succès en combinant les projections de la sélection internationale, la création avec le KinoLab, les master class, la WebTV et le marché du film.
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Depuis sa création en 2000, le festival Off-Courts, installé à Trouville-sur-Mer, a gagné en maturité tout en conservant sa dimension familiale. Pour cette édition 2015 qui s’est tenue du 4 au 12 septembre derniers, ce sont 150 films courts et deux premiers longs-métrages qui ont été présentés au public dans la salle de projection du Casino. À la soirée de palmarès, une dizaine de prix ont récompensé une sélection de qualité, essentiellement franco-québécoise, fruit d’un partenariat de longue date avec le Québec.

Le dynamisme de l’événement vient aussi du Village, un lieu éphémère ouvert en quasi-continu pendant huit jours. Installé en bordure de la Touques, le Village réunit la WebTV, le bar, la vidéo-projection, les ateliers de formation et le KinoLab avec les stations de montage et de mixage son. Le principe des Kinos, créé en 1999 par un collectif, dont le réalisateur canadien Christian Laurence, a largement essaimé au travers du monde.  À Trouville, fidèles à l’esprit Kino « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant », les professionnels se retrouvent pour filmer et monter sur place un court métrage en un laps de temps de 48 ou 72 heures.

« La montée en gamme de la qualité du Festival est une source de satisfaction, avec environ 200 participants venant de 16 pays différents, s’enthousiasme Samuel Prat, directeur d’Off-Courts. Le KinoLab est fructueux avec 72 films réalisés en dix jours, trois clips qui sont projetés à la remise des prix, ainsi qu’un projet spécial, 24 Mensonges par seconde de Bruno Bouchard ».

De fidèles partenaires

Cette effervescence créative est rendue possible grâce à l’implication des nombreux partenaires du festival parmi lesquels Sony, Adobe, HP et Atreïd pour les stations de montage, EV Corp, Vitec Videocom, Apaxxdesigns pour l’encadrement des ateliers de formation, Acc&Led qui fournit les éclairages Led, Tapages & Nocturnes, Freevox pour le son et Make Up Forever en postes de maquillage avec des maquilleuses et du matériel…

Fidèle parmi les fidèles, Sony Pro a mis à disposition du festival des écrans (48 pouces), deux vidéoprojecteurs et pour la captation des Kinos une quinzaine de caméras depuis l’action cam jusqu’à la PMW-F55. Pour la prise de son, Tapages & Nocturnes a prêté différents kits son, dont trois de type ENG comprenant entre autres un micro MKH416 et deux ensembles HF Sennheiser et trois de type opérateur avec en plus un enregistreur SD 744T, ainsi que deux kits recorder.

Un KinoLab bien fourni

Pour les ateliers de création, HP a mis à disposition une dizaine de stations de travail (série 7800 et all-in-one Z1) et Atreïd dix stations Mac Pro Full avec moniteurs 27 pouces haute résolution, équipées de licences Creative Cloud fournies par Adobe. « Ces machines de postproduction très performantes sont principalement utilisées en montage avec Adobe Premiere Pro CC. Deux Mac Mini assuraient les diffusions, épaulées par des logiciels Softron », commente Jean-Philippe Mariani d’Atreïd.

À la postproduction son, divers partenaires dont Adam Audio, Tapages & Nocturnes et, pour sa première édition, Freevox (ex SCV HI-TeCH) avec à disposition des musiciens, des enceintes Innodoo, des interfaces audio RME, des logiciels de mesure et d’analyse audio Pure Analyzer System (Flux), des micros Baby Bottle (Blue) et aussi des compositeurs (Ableton, Native Instruments…). « Off-Courts représente une opportunité pour nous de faire tester le matériel en flux tendu 24 heures sur 24 pendant dix jours, avec deux cabines de mixage et quatre musiciens. D’autant plus que nous souhaitons nous développer sur le marché de la vidéo, qui est moteur, avec des problématiques de stockage, de flux, de son, de réseau… », affirme Bertrand Allaume, chef de produit chez Freevox.

Une WebTV 24 heures sur 24

En quelques années, la Off-Courts TV s’est imposée comme un des piliers incontournables du Village. Elle émet en flux continu 24 heures sur 24, avec le soutien technique actif et bienveillant des experts d’EV Corp. Le prestataire technique est partenaire du festival depuis sept années, au départ uniquement pour la captation, ensuite aussi pour la WebTV depuis quatre ans. Les Tri-Caster 8000 de la régie autorisent une double réalisation, une pour le stream et une pour la diffusion sur site au Village, ainsi qu’une sauvegarde en H264 pour le replay sur Youtube. « C’est de la WebTV avec son côté rough, mais le matériel intègre un trackeur, des possibilités d’incrusts, de l’habillage, de la synthé, ce qui laisse libre cours aux idées créatives », confie Julien Suiro pour EV Corp.

De son côté Sony Pro met à disposition le matériel de captation, soit trois caméras tourelles BRC-H900 pilotées sur IP ainsi qu’une gamme de micros HF numériques broadcast (six Pro-audio DWX series et un AWS-750) appréciés pour mener des micro-trottoirs et renvoyer le flux sonore en direct vers la régie de la WebTV.

Une création stimulée par l’écosystème

« Les retombées pour nous, c’est de faire connaître nos produits, souligne Catherine Martin, ingénieur commercial Sony Pro. Chaque année, avec les Kinos les chefs opérateurs gagnent en puissance. Nous essayons de les faire monter en gamme en terme de produits, et ensuite de les faire intervenir dans les master class. »

Parmi ses protégés figurent deux talents reconnus du festival, Nicolas Boulenger et Yann Maritaud. Chef-op, ce dernier est depuis trois ans invité au festival en tant que consultant pour faire une master class; il participe aussi au KinoLab ainsi qu’à la WebTV et nous résume son expérience : « La F55 s’avère performante de nuit et peut être utilisée de manière spécifique pour certains plans, mais j’apprécie la FS7 pour les Kinos car c’est un compromis entre légèreté et ergonomie. Elle est vraiment très bien pensée pour un opérateur seul, bien que moins performante en basses lumières. »

Quant au réalisateur Nicolas Boulenger, lui-même Trouvillais et grand habitué du Festival, cette édition avait un goût spécial pour lui de par l’occasion offerte de présenter au public en avant-première la copie de travail de son premier long métrage La Femme de l’armateur. Tourné dans des conditions minimalistes avec un budget d’environ 20 000 euros, le film a bénéficié de matériels de qualité, en s’aidant du réseau tissé pendant le festival : Sony, Les Machineurs, Tapages & Nocturnes, Acc&Led… « Ainsi le chef-op Thomas Jacquet souhaitait une F55, en particulier cette caméra réagit bien pour certaines scènes de cturnenuit avec très peu de lumière, estime Nicolas Boulenger. Un autre avantage de la F55 est que nous avons tourné en 4K. Pas en Raw qui est trop lourd, mais en codec natif Avchd 12 bits, qui se travaille bien à l’étalonnage, sans faiblesses en basses ou hautes lumières. Le 4K se révèle bien utile pour obtenir de la définition dans des paysages extérieurs comme le port du Havre ».