Transmission de signal vidéo via IP: quels avantages et technologies ? par Thierry Michalak – TF1 (interview Web TV)

Dans le cadre de ses fonctions chez TF1, Thierry Michalak est en charge des opérations de transmission. Il supervise les opérations des cars SNG, le trafic des données satellites et IP ainsi que la logistique reportage d’attribution du matériel aux JRI. Dans son interview vidéo, le directeur technique de la production externe de TF1 présente l’impact de la technologie IP sur l’activité de captation de sa chaîne…
video

 

« L’IP change pas mal de choses même si le métier par lui même reste le même. C’est l’outil qui a changé : les liaisons IP ont apporté de la souplesse, une économie et la possibilité d’une voie de retour de la chaine sur le terrain. Aujourd’hui, on peut se permettre d’échanger des données, pas forcément de la vidéo ou de l’audio avec le collaborateur qui fait son sujet au bout du monde. Pour cela, on utilise des systèmes d’agrégation de flux. Pour faire de la transmission, on a opté pour 16 systèmes AVIWEST qui nous permettent de remonter tous les jours des sujets pour le JT mais nous avons aussi conservé des cars SNG plus traditionnels.

 

Et quelle garantie de circulation du signal avez-vous par rapport au système AVIWEST ?

Aujourd’hui, avec le système AVIWEST, comme pour les autres des systèmes d’agrégation de flux, par sécurité, nous utilisons plusieurs cartes SIM en nous appuyant sur le réseau 3G ou 4G, selon les facilités de l’endroit où l’on se trouve. Nous n’avons aucune garantie de stabilité du réseau car nous passons par le réseau grand public, le même abonnement que vous avez pour votre Smartphone. Nous rencontrons donc les mêmes soucis que l’utilisateur lambda : le débit fluctue et il est pas toujours au rendez vous… Pour parer aux coupure de débit, nous travaillons avec 8 cartes SIM et 3 opérateurs différents : là où un Orange sera peut être un peu défaillant sur la 4G un Bouygues Télécom sera meilleur et puis ailleurs ça sera autre chose. Quand cela est possible, nous nous agrégeons en parallèle à un flux wifi ou LAN d’une une box… Le but c’est d’amalgamer tous les flux a notre disposition pour arriver à améliorer la taille du débit. Nous avons aussi une différence d’approche par rapport au grand public qui utilise surtout un réseau descendant pour voir des vidéos sur son téléphone : nous ce qui nous intéresse c’est ce qu’on peut pousser sur le réseau ascendant, un réseau relativement peu utilisé aujourd’hui… Les seuls endroits où l’on rencontre des congestions sont les lieux où les collègues d’autres chaînes utilisent la même technologie. Mais les soucis sont assez rares avec la 4G, les débits sont suffisamment important pour limiter les rupture de réseau qu’on constatait régulièrement en 3G. »

 

Comment vous voyez l’avenir de l’écosystème des news ?

Je pense que les modes opérationnels vont se multiplier. Les téléphones permettront notamment de rapatrier des images, non pas pour supplanter les systèmes actuels mais en renfort, par exemple, un journaliste qui arrive sur le terrain avec un camion où le système de transmission n’est pas encore déployé, ou a un soucis de réseau, pourra avec son téléphone commencer à filmer quelque chose et le transmettre par lui même si l’actualité l’exige… La façon de travailler avec cette technologie va petit à petit grignoter nos systèmes traditionnels en apportant des services supplémentaires.

 

L’IP va apporter beaucoup aux gens qui sont sur le terrain et du coup faciliter la tâche à ceux qui sont, j’allai dire à la maison, à TF1.  Aujourd’hui, quand on est sur le terrain, on est un peu coupé de la société mère avec un lien IP monté avec TF1, les échanges sont bidirectionnels : je peux amener mon architecture d’information auprès du collaborateur qui profite d’une configuration de son espace de travail à l’identique de tout le monde, donc plus ergonomique : la recherche, le tri deviennent plus simple… »


Articles connexes


Le sport en mode wireless
 5 décembre 2019