« The Explorers », l’inventaire de la planète

Il y a un siècle, Albert Kahn confiait à une équipe de photographes et cinéastes la mission de parcourir le monde pour constituer les Archives de la planète. L’idée était qu’une meilleure connaissance des autres cultures encouragerait les relations pacifiques entre les peuples, mais aussi qu’il fallait conserver l’image de ces sociétés avant qu’elles n’entrent en mutation. Des séries saisissantes d’autochromes et de films 35 mm au nitrate, témoignages de cette époque, sont ainsi visibles à l’espace Albert-Kahn de Boulogne-Billancourt. *
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Au début de ce XXIe siècle, les enjeux sont différents. Il apparaît désormais que ce sont les espèces animales et végétales qui sont les plus menacées. Il s’agit donc aujourd’hui de mieux connaître notre planète pour mieux la protéger.

C’est l’ambition d’Olivier Chiabodo, médecin devenu cinéaste, de dresser un inventaire du patrimoine matériel et immatériel de la Terre comme il aurait fait un check-up humain, et qui souligne l’analogie de composition – 70 % d’eau et 30 % de solide – entre ces deux sujets. De cette belle idée est né The Explorers, en association avec Jean-Pierre Morel, qui renoue avec les grandes expéditions pour créer des documentaires sur diverses thématiques liées à des lieux emblématiques et aux peuples qui les habitent.

La première destination a été la Polynésie, aussi vaste que l’Europe, véritable Éden environnemental, préservé grâce à son éloignement. Vint ensuite le Grand Nord arctique, fascinant mais tragiquement voué à disparaître, et plus récemment le Honduras, épicentre des continents américains et forêt tropicale dans laquelle une cité antique, la Ciudad blanca, vient d’être découverte. Suivront la Namibie, l’Indonésie, l’Australie… autant de lieux dont la seule évocation fait déjà rêver.

Une équipe d’explorateurs-techniciens passionnés les accompagne de manière récurrente dans leurs voyages pour partager des aventures humaines, mais aussi techniques et logistiques, car faire vivre et travailler une équipe pendant plusieurs semaines dans des environnements difficiles et isolés est un vrai défi.

Une attention particulière est portée sur la grande qualité des images, ce qui engendre des moyens humains et matériels conséquents. Le choix du 4K Raw comme format de captation s’est naturellement imposé pour garantir une certaine pérennité aux images et permettre une diffusion multisupports : salles de cinéma, 52 mn pour les chaînes de télévisions et modules plus courts destinés au web.

Du fait de la qualité des capteurs Sony et du codec Raw de ses caméras, ce sont les F55 et F65 couplées à des enregistreurs Raw qui ont été choisies, montées avec des zooms Angénieux ou le fameux 50-1000 mm de Canon. Ces caméras se sont avérées plus stables et mieux accessoirisées que les concurrentes, donc bien adaptées à ces conditions de tournage. Des caissons sous-marins Gates ont été utilisés pour les images aquatiques, et un Shotover K1 monté sur hélicoptère pour les images aériennes, les cineflex ne pouvant accueillir de caméras aussi volumineuses.

Les rushes étant d’un poids conséquent, à raison d’1 To par heure, il faut des disques durs de grande capacité et d’une grande vitesse de rotation. Sur place, ce sont des Lacie 48 To en Thunderbolt 2, bientôt remplacés par des 96 To en Thunderbolt 3, qui assurent le travail d’ingest des médias, ensuite secondés par des LTO d’archivage une fois de retour au bureau.

La sécurisation des médias est donc essentiellement faite pendant l’expédition, mais le montage est exécuté à Paris. Côté postproduction, Olivier a été soutenu par Adobe pour la mise en place d’un workflow autour des applications du Creative Cloud, qui gèrent ces médias de manière efficace avec des proxys, puis une conformation 4K pour monter ces heures d’images avec fluidité.

Les teasers de ces magnifiques carnets d’aventures sont visibles sur les plates-formes digitales habituelles, et les films seront distribués par séries de dix épisodes à partir de l’automne sur les télévisions européennes, américaines et asiatiques. De quoi offrir du rêve, de l’aventure et de l’émotion, mais aussi permettre à tous de mieux connaître notre planète pour avoir envie de la préserver.

 

Il y a quelques mois, sur le Plateau Web TV Satis/Mediakwest, nous avions rencontré Julien Philippe, assistant de production, et Forest Finbow, chef opérateur de The Explorers Network… Pour partager leur retour d’expérience, regardez  The Explorers Network : ils vous disent tout sur le 4K Raw (Web TV).

 

* Cet article est paru, pour la première fois, dans Mediakwest #17. Abonnez-vous à Mediakwest (5 nos/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour recevoir, dès leur sortie, nos articles dans leur totalité.